mardi, mars 31, 2026
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Vienne-Nice en 20 jours : Mathéo Jacquemoud repousse les limites en ski et à vélo

Un exploit monumental : l’intégrale des Alpes en 20 jours

Imaginez relier Vienne à Nice en traversant l’intégralité de l’arc alpin. Maintenant, imaginez le faire en seulement 20 jours, sans aucune assistance motorisée, en alternant entre le ski de randonnée et le vélo. C’est le défi hors-norme que vient de réaliser Mathéo Jacquemoud, guide de haute montagne et ancien champion du monde de ski-alpinisme. Parti de la capitale autrichienne le 7 mars, il a touché le sable de la Promenade des Anglais le 26 mars, redéfinissant au passage les contours de l’aventure alpine moderne.

Ce projet, bien plus qu’un simple record, est un véritable voyage au cœur des massifs les plus emblématiques d’Europe. Une performance qui allie endurance extrême, technicité et une profonde connaissance du milieu montagnard.

Des chiffres qui donnent le vertige

Pour bien saisir l’ampleur de la performance, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En moins de trois semaines, Mathéo a parcouru :

  • 2 200 kilomètres de distance totale.
  • 86 000 mètres de dénivelé positif, soit l’équivalent de plus de neuf ascensions de l’Everest depuis le niveau de la mer.
  • 715 km à ski pour 60 000 m de dénivelé.
  • 1 474 km à vélo pour près de 26 000 m de dénivelé.

Ces statistiques se traduisent par un effort quasi continu, avec une moyenne de 11 heures d’activité par jour. Le repos, quant à lui, était compté, avec seulement 6h10 de sommeil en moyenne par nuit. Un rythme effréné qui témoigne d’une préparation physique et mentale exceptionnelle.

Plus qu’un record, une quête esthétique

Un itinéraire en six actes

Loin de chercher la ligne la plus directe, Mathéo Jacquemoud visait avant tout la beauté du tracé. Son périple s’est décomposé en six grands chapitres, six traversées de massifs reliées entre elles par de longues étapes à vélo.

Le voyage a débuté en Autriche, de Vienne au Grossglockner, avant de plonger dans le cœur des Dolomites en Italie. Il a ensuite rallié la Suisse de St Moritz à Zermatt, avant d’attaquer un morceau de bravoure : le massif du Mont-Blanc et l’ascension du Grand Paradis (4 061 m) en conditions hivernales. Le parcours s’est poursuivi par le massif des Écrins pour rejoindre Briançon, avant l’ultime étape à travers le Queyras pour finalement atteindre la mer Méditerranée à Nice.

La force du collectif

Si Mathéo a réalisé de nombreuses sections en solitaire, cette aventure est aussi une histoire de partage. Tout au long du parcours, il a été rejoint par des amis, des grands noms de la montagne comme Vivian Bruchez, Clement Parisse, Mathieu Maynadier ou encore Elise Poncet. Des compagnons de cordée qui ont partagé des moments forts, apportant un soutien moral et logistique essentiel dans les moments clés. Cette dimension humaine souligne que même dans les exploits les plus personnels, l’esprit d’équipe reste une valeur fondamentale en montagne.

L’homme derrière la performance

Réussir un tel défi n’est pas à la portée de n’importe qui. À 35 ans, Mathéo Jacquemoud n’est pas un inconnu dans le milieu. Ancien membre de l’équipe de France de ski-alpinisme, plusieurs fois champion du monde et double vainqueur de la mythique Pierra Menta, il a mis fin à sa carrière de compétiteur en 2025. Mais l’athlète n’a rien perdu de sa superbe.

Aujourd’hui guide de haute montagne et formateur à l’ENSA, il a mis à profit ce qu’il appelle « l’entraînement de toute une vie ». Sa capacité à endurer des efforts longs, à gérer la fatigue et surtout à prendre les bonnes décisions dans un environnement exigeant et changeant a été la clé de sa réussite. Il l’avait confié avant son départ : « Je sens que je peux encaisser toutes ces journées sans altérer ma capacité à prendre les bonnes décisions. »

Jamais dans le rouge, et déjà tourné vers l’avenir

À son arrivée à Nice, malgré l’accumulation de fatigue, Mathéo Jacquemoud affichait une fraîcheur déconcertante. « Je n’ai jamais été dans le rouge », a-t-il déclaré, prouvant sa maîtrise totale de l’effort. Loin d’être rassasié, cet exploit semble lui avoir ouvert de nouveaux horizons.

Il concluait avec une phrase qui en dit long sur sa soif d’aventure : « aujourd’hui, je sais encore mieux de quoi je suis capable… et j’ai déjà plein d’idées en tête pour la suite ». Une chose est sûre, nous n’avons pas fini d’entendre parler des projets de Mathéo Jacquemoud, qui continue d’écrire les plus belles pages de l’alpinisme moderne.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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