Ils l’ont fait. Après avoir fait frissonner le public des festivals de cinéma de montagne, le film retraçant l’expédition himalayenne de Charles Dubouloz et Symon Welfringer est enfin disponible pour tous. Accrochez-vous : pendant 40 minutes, vous allez vivre de l’intérieur une ascension mémorable sur le Hungchi, un sommet népalais sauvage de 7 029 mètres. Une aventure pleine de rebondissements, de sueur et de frayeurs, qui a laissé les deux alpinistes français « complètement cramés ».
Un changement de plan devenu un exploit
Au départ, l’objectif des deux athlètes était un autre géant : le Gyachung Kang, culminant à 7 952 mètres. Mais la montagne, comme souvent, impose ses propres règles. Une météo capricieuse, un temps compté et une infection bronchique tenace chez Symon Welfringer ont forcé le duo à revoir ses ambitions. Loin de se laisser abattre, ils ont jeté leur dévolu sur un sommet voisin, le Hungchi.
Moins connu mais tout aussi redoutable, ce sommet rarement visité présentait un défi de taille : sa face ouest de 1 700 mètres, encore vierge de toute ascension. Pour des alpinistes de leur trempe, une paroi intacte est une invitation irrésistible. C’est ainsi qu’un plan B s’est transformé en une opportunité d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’alpinisme.
L’ouverture du « Cavalier sans tête »
Le 17 mai 2024, à 5 heures du matin, Charles et Symon s’élancent depuis leur camp de base avancé. Ils se lancent dans ce qui deviendra une voie nouvelle, qu’ils baptiseront « Le Cavalier sans tête ». L’ascension est exigeante, technique, et la haute altitude pèse sur les organismes. Le site spécialisé Altitude News souligne l’ampleur de la performance : « Nouvelle voie en face ouest du Hungchhi… 1700m en 3 jours style alpin. »
Face aux difficultés, les deux hommes sont contraints d’installer un bivouac précaire à 6 580 mètres pour passer la nuit. L’effort est intense, mais la détermination est sans faille. Le lendemain, 18 mai, est un jour spécial. Poussant leurs limites, ils atteignent enfin le sommet à 13h30. Une victoire incroyable, qui coïncide avec l’anniversaire de Charles Dubouloz. Comme le rapporte MKSport, c’est une « arrivée au sommet le 18 mai à 13h30… première ascension en style alpin du Hungchi. »
Une descente sous haute tension
Atteindre le sommet n’est que la moitié du chemin en alpinisme. Et le Hungchi allait le leur rappeler de la plus brutale des manières. Peu après avoir savouré leur succès, une violente tempête s’abat sur eux. Le vent et la neige les piègent près du sommet, les forçant à un second bivouac improvisé, à près de 7 000 mètres d’altitude.
La descente devient alors une question de survie. Aveuglés par le mauvais temps, ils doivent trouver un chemin de retour par l’autre versant de la montagne, la face est, une route qu’ils ne connaissent absolument pas. S’ensuit une longue série de rappels engagés dans l’inconnu. Après trois jours d’une intensité extrême, ils parviennent enfin à regagner leur camp de base, sains et saufs, mais totalement épuisés.
Un film pour revivre l’aventure
Cette expédition hors du commun a été immortalisée dans un film de 40 minutes, désormais disponible gratuitement sur YouTube. Le documentaire retrace chaque étape de cette incroyable aventure humaine et sportive. Il nous plonge au cœur de l’action et des émotions des deux alpinistes.
Le film permet de comprendre la complexité d’une telle entreprise. Comme le détaille la marque Vuarnet en présentant les moments clés, on y voit tout : l’approche, les moments de doute, l’escalade technique, l’euphorie du sommet, puis la tension extrême durant la tempête et la descente. C’est un témoignage puissant sur l’engagement, la résilience et l’amitié qui lie une cordée.
Cette ascension est plus qu’un simple exploit ; c’est une démonstration de ce qu’est le style alpin pur : grimper léger, vite, et sans assistance (ni oxygène, ni cordes fixes préalablement installées). Le média Lacrux ne s’y trompe pas, qualifiant l’aventure de « nouveau tour impressionnant à travers la face ouest sauvage… première ascension en style alpin. »
En ouvrant « Le Cavalier sans tête », Charles Dubouloz et Symon Welfringer ne se sont pas contentés de gravir un sommet. Ils ont montré leur capacité d’adaptation, leur force mentale et leur immense talent. Leur film est une invitation à partager, le temps d’une vidéo, le souffle court, le froid glacial et la joie pure de l’alpinisme de très haut niveau.
