jeudi, mars 5, 2026
AccueilAlpinisme"Tracer sa ligne" : Mathéo Jacquemoud à l'assaut de l'arc alpin en...

« Tracer sa ligne » : Mathéo Jacquemoud à l’assaut de l’arc alpin en ski-alpinisme

Un projet à la démesure de l’athlète : « Tracer sa ligne »

Imaginez une ligne pure, tendue à travers le massif le plus emblématique d’Europe. C’est ce que Mathéo Jacquemoud, figure incontournable du ski-alpinisme mondial, s’apprête à réaliser. Son projet, baptisé « Tracer sa ligne », est aussi simple dans son énoncé qu’il est colossal dans sa réalisation : relier Vienne à Nice en traversant l’intégralité de l’arc alpin.

L’objectif est clair : boucler ce périple en moins d’un mois, au fil de 28 étapes soigneusement planifiées. Mais il ne s’agit pas seulement de traverser. Le défi inclut l’ascension des plus hauts sommets des quatre pays croisés : l’Autriche, l’Italie, la Suisse et la France. Une véritable odyssée moderne qui teste les limites de l’endurance humaine.

Un défi hybride : ski et vélo

Pour couvrir une telle distance et une telle variété de terrains, Mathéo Jacquemoud alternera entre deux modes de déplacement. Le ski de randonnée sera son allié pour les massifs enneigés et les ascensions techniques, là où son expertise est inégalée. Le vélo servira de transition entre les vallées, permettant de lier les différentes sections de cette traversée monumentale. Cette combinaison exige une polyvalence et une capacité d’adaptation exceptionnelles, transformant chaque journée en un nouveau défi logistique et physique.

Mathéo Jacquemoud : L’ADN de la performance

À 35 ans, Mathéo Jacquemoud n’est pas un inconnu. Son nom résonne avec force dans le monde de la montagne. Bien qu’il ait récemment mis un terme à sa carrière de compétiteur, son passé d’athlète de très haut niveau constitue le socle de cette nouvelle aventure. Il ne part pas de zéro ; il s’appuie sur ce qu’il appelle « l’entraînement de toute une vie ».

Un palmarès qui parle de lui-même

Le parcours de Mathéo en compétition est tout simplement impressionnant. Avec cinq titres de champion du monde en ski-alpinisme et deux victoires sur la mythique Pierra Menta, il a prouvé à maintes reprises sa domination sur la discipline. Comme le souligne son portrait de champion, ses points forts dans les montées techniques lui ont permis de se hisser au sommet. Cette puissance et cette endurance, forgées au fil des ans, sont aujourd’hui ses meilleurs atouts pour encaisser les milliers de mètres de dénivelé qui l’attendent.

Plus qu’un athlète, un homme de montagne

Mais réduire Mathéo Jacquemoud à son palmarès serait une erreur. Il est avant tout un passionné, un homme qui vit pour et par la montagne. En tant que guide de haute montagne et formateur à l’ENSA, il possède une connaissance intime du milieu et une conscience aiguë des risques. Cette double casquette est fondamentale. Si l’athlète fournit le moteur, le guide assure la sécurité et la prise de décision. Il le dit lui-même, il sent qu’il peut « encaisser toutes ces journées sans altérer [sa] capacité à prendre les bonnes décisions ».

Au-delà de la compétition : une quête de sens

Pourquoi se lancer dans un tel projet après avoir atteint les sommets de la compétition ? Pour Mathéo, cette traversée de l’arc alpin est une suite logique, une manière de redéfinir la performance en dehors du cadre des courses. Il ne s’agit plus de franchir une ligne d’arrivée avant les autres, mais de vivre une expérience totale, de se confronter à soi-même et à l’immensité des Alpes.

Repousser les limites, encore et toujours

Cette soif de défis n’est pas nouvelle. Ses exploits passés, comme la traversée des Aiguilles Rouges à ski (55 km et 7500 m de D+ en 14h), témoignent de son besoin constant d’explorer et de repousser ses propres frontières. Ce nouveau projet hors norme s’inscrit parfaitement dans cette démarche : combiner vitesse, endurance et exploration des plus belles lignes que les Alpes ont à offrir.

La lucidité, clé de la réussite

Ce qui frappe dans l’approche de Mathéo, c’est sa sérénité. Il se sent prêt, physiquement et mentalement. Son expérience de guide lui a appris la patience, l’humilité face aux éléments et l’importance de la lucidité. Dans un effort aussi long, la fatigue peut altérer le jugement. C’est là que son vécu en haute montagne fera toute la différence, lui permettant de gérer son effort sur la durée et de naviguer en sécurité dans des environnements parfois hostiles.

Une fenêtre parfaite pour un exploit historique

Le départ est imminent, prévu avant le 10 mars. Le choix de cette période n’est pas anodin. Les journées rallongent, la neige est encore abondante en altitude, et une fenêtre de beau temps semble se dessiner. Toutes les conditions semblent réunies pour que ce rêve devienne réalité. En se lançant dans cette aventure, Mathéo Jacquemoud s’inscrit dans la lignée des grands alpinistes qui, avant lui, ont été séduits par la traversée intégrale de l’arc alpin. Il y apporte sa touche personnelle, un style rapide et léger, hérité de ses années de compétition et inspiré par des figures comme Kilian Jornet.

Conclusion : Le début d’une nouvelle aventure

Le projet « Tracer sa ligne » est bien plus qu’une simple performance sportive. C’est l’expression d’une passion dévorante pour la montagne, le chapitre d’une vie dédiée à l’exploration verticale. En reliant Vienne à Nice par les cimes, Mathéo Jacquemoud ne cherche pas seulement à accomplir un exploit, il cherche à vivre une aventure intérieure profonde, à tracer une ligne qui aura du sens pour lui. Tous les regards des passionnés d’outdoor sont désormais tournés vers les Alpes, dans l’attente du départ de cette incroyable odyssée.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
RELATED ARTICLES

Most Popular