Skier dans les Balkans : Le Récit d’un Voyage Épique et Doux en Albanie
L’hiver approche, et avec lui, ce rêve familier de poudreuse et de sommets immaculés. Mais comment étancher sa soif d’aventure et de dépaysement quand l’urgence climatique pèse sur nos consciences ? Pour Léo Brechignac, jeune guide de haute montagne, la réponse ne se trouvait pas au bout d’un vol long-courrier, mais au terme d’un périple de 40 heures en train et en ferry. Voici le récit d’un voyage à ski éco-responsable dans les Alpes albanaises, une aventure où la lenteur devient une force.
L’Éloge de la Lenteur : Repenser le Voyage à Ski
Pour Léo, fraîchement diplômé et fondateur de AlpiSchool, l’idée était claire : organiser un grand voyage à ski de deux semaines, mais sans une seule seconde passée dans un avion. Cette contrainte, loin d’être un frein, est devenue le pilier d’une nouvelle façon de voyager.
Partir sans avion implique de voir le temps différemment. Il faut l’accepter, l’intégrer. Le groupe, partageant les mêmes convictions, a donc bloqué une large fenêtre de temps pour rentabiliser le transport et s’imprégner pleinement de l’expérience. L’objectif n’était pas seulement d’atteindre une destination, mais de vivre le trajet comme une partie intégrante de l’aventure.
Quand le Plan B Mène à l’Inattendu
Initialement, le cap était mis sur le Maroc et les sommets de l’Atlas. Un projet mûrement réfléchi, ficelé, mais qui s’est heurté à un obstacle de taille : l’absence de neige. Fin janvier, le constat est sans appel, il faut tout revoir.
C’est en scrutant les cartes d’enneigement du continent que l’évidence apparaît. Une destination méconnue semble crouler sous la neige : l’Albanie. Quelques recherches suffisent à convaincre Léo et son groupe. L’idée de skier dans les Balkans, dans ces montagnes mystérieuses que l’on nomme les “montagnes maudites”, séduit tout le monde. Le plan B devient une nouvelle promesse d’aventure.
L’Odyssée de 40 Heures vers la Poudreuse
Le défi logistique est de taille : comment rejoindre la vallée de Valbona, au cœur des Alpes albanaises, depuis Chamonix ? La solution est un itinéraire en plusieurs étapes, un véritable voyage dans le voyage.
De Milan à Bari : Les Imprévus du Voyage
Le périple commence par un bus pour Milan, où une grève des transports publics force le groupe à traverser la ville à pied, chargés de tout leur matériel. Loin d’être un problème, cet imprévu devient une anecdote fondatrice. Comme le raconte Léo dans le premier épisode de son récit pour Montagnes Magazine, “ce sont les galères qui font la saveur du voyage !”.
Le trajet se poursuit en train de nuit vers Rome, puis vers Bari, à la pointe sud de l’Italie. Ces escales forcées se transforment en opportunités de découvertes culturelles, du Colisée au lever du soleil à la vieille ville historique de Bari. Le voyage prend déjà une autre dimension.
La Traversée vers une Nouvelle Culture
La dernière étape est une nuit en ferry pour rejoindre Durrës, en Albanie. Au réveil, le dépaysement est total. Après 40 heures de trajet, le groupe se sent déjà loin, déconnecté. L’architecture, les minarets, l’ambiance : tout est nouveau. Le voyage à ski en Albanie a commencé bien avant la première trace.
Premières Traces en Terre Inconnue
Une fois la voiture de location récupérée, le groupe met le cap au nord, vers la frontière avec le Monténégro. Après des heures de route sans apercevoir de neige, le doute s’installe. Puis, enfin, les premières plaques apparaissent, avant de laisser place à un manteau blanc continu. Le pari est gagné : ils pourront chausser les skis directement depuis leur guesthouse.
L’accueil des Albanais est d’une chaleur remarquable, heureux de voir des visiteurs en cette saison creuse. Les premières descentes offrent une neige bien meilleure que prévu. Une poudreuse qui a une saveur particulière, celle de l’effort et de l’attente.
Confort et Solitude dans les Montagnes Maudites
Contrairement aux clichés, l’hébergement est moderne et confortable. La région, touristique en été, offre des infrastructures de qualité. Mais en hiver, le silence est roi. Le groupe est seul. Pas un autre skieur, pas une seule trace. Un luxe inestimable pour les amateurs de grands espaces.
Naviguer dans un Terrain de Jeu Exigeant
Skier dans les Alpes albanaises est une expérience brute. Sans cartes topographiques précises ni bulletin d’avalanche, Léo doit naviguer à l’instinct et à la lecture du terrain. Il décrit le paysage comme un “gruyère géologique”, un labyrinthe de canyons, de bosses et de couloirs qui demande une concentration de tous les instants.
Ces montagnes, culminant à 2 694 m avec le Maja Jezercë, n’ont rien à envier à leurs cousines des Alpes occidentales. Elles offrent des faces raides, des couloirs engagés et une beauté sauvage à couper le souffle. Le tout dans une quiétude absolue, seulement troublée par le passage lointain de deux avions de ligne.
La récompense est à la hauteur de l’engagement : une neige poudreuse, froide et légère, qui attendait patiemment en face nord. Une sensation décuplée par la conscience du chemin parcouru pour l’atteindre.
Cette première partie du voyage est une réussite totale, une preuve qu’il est possible de vivre une aventure de ski de randonnée dépaysante et performante tout en optant pour une mobilité douce. La suite de leurs aventures est à découvrir dans un second épisode.
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Inspiré par cette aventure ? Pour un projet similaire, vous pouvez contacter Léo Brechignac via son site AlpiSchool.
