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Simon Lorenzi au sommet : il enchaîne son cinquième 9A bloc avec « Shaolin »

Simon Lorenzi vient de marquer l’histoire de l’escalade de bloc. Le 27 décembre 2025, le grimpeur belge a réalisé l’ascension de Shaolin, son cinquième bloc coté 9A, à Red Rocks aux États-Unis. Une performance qui le place au sommet de sa discipline, mais qui raconte aussi une histoire de sérénité retrouvée et de l’importance du collectif.

Un exploit qui le propulse au sommet mondial

Le monde de l’escalade a les yeux rivés sur Simon Lorenzi. En réussissant Shaolin, il rejoint un cercle extrêmement fermé. Seul l’Écossais Will Bosi avait, jusqu’à présent, réussi à enchaîner cinq blocs de cette difficulté extrême. Le 9A est considéré comme le niveau le plus élevé en bloc, un mélange de puissance, de technique et de détermination que seule une poignée d’athlètes au monde peut maîtriser.

Cette nouvelle réussite vient compléter un tableau de chasse déjà impressionnant :

  • Soudain Seul (2021, Fontainebleau)
  • Burden of Dreams (2022, Finlande)
  • Alphane (2023, Suisse)
  • Return of the Sleepwalker (printemps 2025, Red Rocks)

Avec Shaolin, Simon Lorenzi ne fait pas qu’ajouter une ligne à son palmarès. Il confirme son statut d’icône, choisissant des blocs mythiques qui font rêver les grimpeurs du monde entier.

Shaolin : un monstre de puissance et de précision

Ouvert par l’Américain Sean Bailey en 2024, Shaolin est un véritable défi physique. Le bloc se décompose en plusieurs sections redoutables : un départ évalué à 8B, suivi de deux mouvements dynamiques très aléatoires, dont un équivaut à lui seul à un autre 8B. Pour finir, une dernière section exigeante attend les grimpeurs avant de pouvoir crier victoire. Simon Lorenzi signe ici la quatrième ascension de ce passage de référence.

La sérénité, clé de la réussite

Ce qui frappe dans cette nouvelle performance, c’est le contraste avec sa précédente victoire américaine sur Return of the Sleepwalker. Il y a un an, Simon luttait seul, dormant dans sa voiture, poussant son corps et son mental dans leurs derniers retranchements. Une bataille longue et éprouvante.

L’importance d’être bien entouré

Cette fois, le contexte était radicalement différent. Accompagné des grimpeurs français Mejdi Schalck et Jules Marchaland, le Belge a pu aborder ce défi dans un tout autre état d’esprit. Fini le « dirt bag » solitaire, place au confort d’un Airbnb et au soutien des amis.

Ce changement a eu un impact direct sur sa performance, comme il l’explique : « Mentalement, j’étais dans des dispositions beaucoup plus sereines pour très bien gérer mon processus. […] Quand t’as tout le confort et que tu peux recharger les batteries mentales chaque soir en rentrant au chaud, bah en fait t’es beaucoup plus lucide. Ça a fait une grosse différence. »

Cette tranquillité d’esprit lui a permis de vivre une progression fluide et maîtrisée. « Tout s’est déroulé de manière super fluide. C’est la première fois qu’un 9A fonctionne comme ça pour moi », confie-t-il. Une preuve que dans le sport de très haut niveau, le bien-être mental est aussi crucial que la forme physique.

La beauté du mouvement comme moteur

Si la performance et le classement ont une importance, la motivation première de Simon Lorenzi reste ailleurs. Ce qui le pousse à s’investir corps et âme dans un projet, c’est avant tout la qualité des mouvements.

« Ce qui prime le plus pour moi c’est la beauté des mouvements et des prises. Il faut surtout qu’il soit beau à grimper », précise-t-il. Pour lui, le plaisir gestuel l’emporte sur l’esthétique pure d’une ligne rocheuse. C’est cette quête d’harmonie entre le corps et le rocher qui le guide vers les blocs les plus durs du monde.

Une petite polémique vite éteinte

Quelques voix se sont élevées sur le fait que le grimpeur aurait tenté le bloc après des jours de pluie. Une critique que Simon Lorenzi balaie avec calme et logique. Il explique que le vent et le froid qui ont suivi les averses ont rendu le rocher « ultra sec ». Il ajoute avec bon sens : « Croire que je vais enchaîner un 9A bloc dans des conditions humides, c’est absurde… a priori ça marche pas trop. »

Quels prochains défis pour Simon Lorenzi ?

Après cet exploit, le grimpeur ne compte pas s’arrêter là. Il profite actuellement de la fin de son séjour aux États-Unis pour grimper plus relax à Bishop, mais son esprit est déjà tourné vers de futurs projets ambitieux.

Dans son viseur, on trouve notamment :

  • La sortie droite d’Alphane, qui pourrait atteindre la cotation de 9A+.
  • Solitary Daze, un projet en Suisse qui avoisinerait également le 9A.

Une chose est sûre, Simon Lorenzi n’a pas fini de nous faire rêver. En alliant une force physique phénoménale à une approche mentale apaisée, il continue de repousser les limites de son sport, tout en nous rappelant que les plus grandes victoires sont souvent celles que l’on partage.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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