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Ronny Escobar libère le premier 9a+ du Chili : un exploit historique à Valle de los Cóndores

Un nouveau chapitre pour l’escalade en Amérique du Sud

L’histoire de l’escalade s’écrit souvent par des exploits qui repoussent les limites du possible. Récemment, un nouveau jalon vient d’être posé, non pas dans les Alpes ou en Espagne, mais au cœur de la Cordillère des Andes. Le grimpeur chilien Ronny Escobar vient de réaliser une performance monumentale en libérant ‘Camino al Exilio’, la toute première voie d’escalade cotée 9a+ au Chili.

Cet accomplissement exceptionnel a eu lieu sur les parois basaltiques de Valle de los Cóndores, un site déjà mythique pour les grimpeurs du monde entier. En réussissant cette voie, Ronny Escobar ne signe pas seulement sa plus belle performance, il propulse son pays sur le devant de la scène internationale de l’escalade de très haut niveau.

La fin d’un règne étranger

Jusqu’à présent, la voie la plus difficile du Chili était ‘Pasito a Pasito’, un 9a enchaîné en 2017 par le prodige allemand Alex Megos. Pendant des années, les performances les plus marquantes sur le sol chilien étaient souvent l’œuvre de grimpeurs étrangers de passage, comme Adam Ondra qui avait visité la région en 2018. Si ces visites ont contribué à la renommée des falaises locales, l’exploit de Ronny Escobar a une saveur particulière. C’est la consécration d’un talent local, un message fort pour toute une génération de grimpeurs sud-américains : les plus hauts niveaux sont désormais accessibles à domicile.

‘Camino al Exilio’ : une voie à la difficulté extrême

Proposer la cotation de 9a+ n’est jamais anodin. Ce niveau de difficulté est réservé à une poignée de grimpeurs dans le monde, exigeant une combinaison parfaite de force, de technique et de résistance mentale. Alors, qu’est-ce qui rend ‘Camino al Exilio’ si difficile ?

Un enchaînement sans repos

La particularité de cette voie réside dans sa section clé : un enchaînement de deux passages de bloc extrêmement durs sans le moindre repos entre les deux. Ronny Escobar a estimé la difficulté de ces sections à 8A+ et 7C+ en cotation de bloc. Pour les non-initiés, imaginez devoir réaliser deux séquences de mouvements physiques et complexes à la suite, alors que vos muscles sont déjà au bord de la rupture. C’est ce défi qui constitue le cœur de la voie et justifie sa cotation exceptionnelle.

Conscient de l’importance de sa proposition, Ronny Escobar a partagé ses réflexions : « Au début, je pensais que ce serait peut-être un 9a très difficile, certainement la voie la plus difficile que j’ai faite jusqu’à présent. » Cependant, après avoir échangé avec le grimpeur américain de classe mondiale Nathaniel Coleman, qui a lui-même essayé les mouvements, la proposition de 9a+ est apparue comme une évidence. « Il semble beaucoup plus raisonnable de proposer un 9a+, et bien sûr, ce n’est qu’une proposition. Mais je pense qu’il est temps de proposer quelque chose comme ça au Chili », a-t-il ajouté.

Valle de los Cóndores : l’écrin des performances chiliennes

Cet exploit n’aurait pu se dérouler n’importe où. Valle de los Cóndores est une zone d’escalade unique, située à 1800 mètres d’altitude dans la région du Maule. Avec plus de 600 voies réparties sur des parois de basalte spectaculaires, le site est considéré comme l’un des plus beaux et des plus exigeants d’Amérique du Sud.

Un terrain de jeu unique

La roche volcanique offre des profils variés, des célèbres orgues basaltiques du secteur ‘La Cárcel’ à l’impressionnant dévers à 50 degrés du secteur ‘Los Huasamácos del Sur’. C’est d’ailleurs dans ce dernier que se trouvent les voies les plus difficiles, y compris ‘Camino al Exilio’ et ‘La Sensación del Bloque’ (9a). La qualité de la roche et le potentiel de développement attirent des grimpeurs du monde entier, faisant de cette vallée un véritable laboratoire de la haute difficulté.

Une nouvelle ère pour l’escalade sud-américaine

La réussite de Ronny Escobar est bien plus qu’une simple ligne dans un palmarès. Elle symbolise la maturité de la communauté de l’escalade au Chili et en Amérique du Sud. Elle prouve que les athlètes locaux ont désormais le niveau pour non seulement répéter les voies les plus dures, mais aussi pour en ouvrir de nouvelles, définissant ainsi les standards de demain.

Cet exploit va sans aucun doute inspirer de nombreux jeunes grimpeurs à travers le continent et attirer encore plus l’attention sur le potentiel incroyable des falaises chiliennes. Le ‘Camino al Exilio’ (le chemin vers l’exil) est peut-être avant tout le chemin vers une reconnaissance mondiale bien méritée.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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