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RATP Vertical Series : L’escalade s’invite dans le métro avec Fanny Gibert

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RATP Vertical Series : L’escalade transforme le métro parisien avec Fanny Gibert

Imaginez la scène : au milieu du flux incessant des voyageurs de la gare d’Auber à Paris, des athlètes de haut niveau défient la gravité sur un mur d’escalade lumineux. C’est la réalité audacieuse des RATP Vertical Series, un événement qui transforme un lieu de passage en une arène sportive. Au cœur de ce projet, Fanny Gibert, grimpeuse de l’équipe de France et ingénieure à la RATP, nous dévoile les coulisses d’une initiative qui vise à bousculer notre quotidien.

L’escalade, autrefois confinée aux montagnes et aux salles spécialisées, conquiert aujourd’hui les espaces les plus inattendus. Cette nouvelle compétition en plein cœur du réseau souterrain parisien en est la preuve la plus spectaculaire. Pour comprendre la genèse et les ambitions de ce projet hors-norme, nous avons échangé avec celle qui en est l’une des chevilles ouvrières.

Un mur d’escalade dans le métro : la genèse d’un projet audacieux

L’idée d’installer une structure d’escalade dans le métro parisien n’est pas nouvelle. Elle germe en réalité depuis plusieurs années dans les couloirs de la RATP, portée par l’envie de créer un événement sportif unique.

Une idée qui a fait son chemin

Fanny Gibert, salariée de la RATP depuis 2020, se souvient des premières discussions. « Dès mon arrivée, j’ai eu une discussion avec Nicolas Martin, qui est en charge de l’accompagnement des sportifs. Il m’a tout de suite parlé de mettre un mur d’escalade dans le métro », confie-t-elle.

Si une première tentative avait eu lieu il y a deux ans dans une station extérieure, l’ambition était plus grande : créer un véritable événement, avec une compétition, au cœur même du réseau. Le défi était de taille.

Des contraintes techniques et sécuritaires majeures

Installer une structure de plusieurs centaines de kilos dans une station de métro n’est pas une mince affaire. Les normes de sécurité, notamment incendie, et les contraintes structurelles sont extrêmement strictes. « Ils ont retourné le problème dans tous les sens », explique Fanny.

La solution est venue de la Kilterboard, un mur d’escalade connecté et inclinable. Cet outil moderne offrait une double opportunité :

  • L’initiation : Avec une faible inclinaison, le mur devient accessible au grand public pour des sessions de découverte.
  • La compétition : En augmentant la pente, il se transforme en un redoutable terrain de jeu pour les athlètes professionnels.

Fanny Gibert : l’athlète-ingénieure, un atout pour le projet

Avec sa double casquette, Fanny Gibert était la passerelle idéale pour ce projet. En tant que grimpeuse de classe mondiale et ingénieure mécanique à la RATP, son implication a été précieuse.

Son rôle n’était pas celui d’organisatrice principale, mais plutôt de consultante experte. Elle a apporté son regard d’athlète sur des points cruciaux comme le format de la compétition ou les besoins des grimpeurs en matière d’échauffement. Elle a également mis la RATP en relation avec des acteurs clés du milieu, comme le club d’escalade Le 8 assure.

« Monter un événement, c’est toujours un peu spécial. Un peu comme quand on s’entraîne en escalade, on se prépare en amont en visant le jour J. J’aime bien ce côté-là », raconte-t-elle. Pour elle, c’était aussi une manière de remercier l’entreprise qui la soutient dans sa carrière sportive. « La RATP a été un soutien depuis le début, donc j’avais envie de leur rendre la pareille dans ce projet. »

Plus qu’un sport : la vision de la RATP pour « élargir l’horizon des voyageurs »

Au-delà de l’exploit logistique et de l’événement sportif, la RATP poursuit un objectif plus large. Comme le résume parfaitement Fanny Gibert, « L’idée, c’est d’élargir l’horizon des voyageurs. »

L’entreprise souhaite mettre le sport en avant, inciter le public à l’activité physique et lui faire découvrir de nouvelles disciplines. La RATP est engagée auprès de plusieurs sports, comme le rugby ou le breakdance, et l’escalade s’inscrit parfaitement dans cette dynamique. Il s’agit de transformer un simple lieu de transit en un espace de vie, de découverte et d’émotion.

L’escalade dans le métro : une surprise qui casse la routine

L’effet sur les voyageurs ne s’est pas fait attendre. Fanny Gibert a pu le constater elle-même. « Il y en a qui passent et qui hallucinent, qui se demandent ce que c’est. »

Aux heures de pointe, le contraste est saisissant : d’un côté, le flot pressé des usagers ; de l’autre, des grimpeurs en pleine action. Cette curiosité a rapidement laissé place à l’échange. Les gens s’arrêtent, interpellent les sportifs, posent des questions. C’est un dialogue inattendu qui se crée, une parenthèse sportive qui vient casser la routine du « métro-boulot-dodo ».

RATP Vertical Series : une compétition d’escalade de haut niveau

L’événement n’est pas qu’une simple animation. Il culmine avec une compétition de bloc par équipes mixtes, réunissant certains des meilleurs grimpeurs et grimpeuses de France.

Un plateau relevé et un format par équipes

En partenariat avec la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME), qui fournit les juges et co-définit le règlement, la compétition promet un grand spectacle. Parmi les têtes d’affiche, on retrouve des membres de l’équipe de France comme « Manon Hily – Younes Auber Masmoudi, Fanny Gibert – Léo Avezou, Lucile Saurel – Antoine Girard, Clotilde Pfister – Victor Guillermin ».

Le format en duo mixte, très populaire, ajoute une dimension stratégique. Fanny Gibert y voit des avantages et des inconvénients. Le positif ? « On partage le stress, les émotions de si on réussit ou si on rate… C’est vraiment très cool. » Le défi ? La gestion du temps à deux, qui peut parfois être frustrante.

Un « prize money » attractif pour la professionnalisation du sport

Avec 6 000 euros de « prize money », la RATP frappe un grand coup. « Ce sont les meilleurs prize money qui peuvent se faire au niveau national », confirme Fanny. Cette dotation témoigne de l’ambition de l’événement et de la volonté de la RATP de valoriser les athlètes, contribuant au développement de l’escalade de compétition.

Fanny Gibert : entre ingénierie RATP et escalade de haut niveau

Cette implication dans les RATP Vertical Series met en lumière le parcours unique de Fanny Gibert, qui mène de front une carrière d’ingénieure et une carrière de sportive de haut niveau.

Grâce à un Contrat d’Insertion Professionnelle (CIP), elle travaille à mi-temps pour le bureau d’études de la RATP, sur la maintenance des châssis de train. Le reste de son temps est consacré à l’entraînement. « C’est une sécurité financière de ne pas dépendre uniquement de mes sponsors escalade et des résultats. C’est assez confortable et c’est génial qu’ils me permettent ça », apprécie-t-elle.

Malgré une carrière déjà bien remplie, sa motivation reste intacte. Son objectif est clair : regagner sa place sur le circuit international avec, en ligne de mire, un rêve ultime. « Gagner une Coupe du monde. Je ne l’ai pas encore fait, ça me fait vraiment rêver. »

En conclusion, les RATP Vertical Series sont bien plus qu’une simple compétition d’escalade. C’est une démonstration audacieuse que le sport peut s’intégrer partout, même dans les lieux les plus fonctionnels de notre quotidien. En sortant la grimpe de ses cadres habituels, cet événement réenchante l’espace urbain et, comme le dit si bien Fanny Gibert, il élargit nos horizons.

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