Bien connaître la météo avant d’entreprendre une sortie montagne est primordial. Alors, quelles sont les données à prendre compte ? Vers quelles plateformes s’orienter ? Les experts nous éclairent.
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« Pour moi le site de Météo France reste la référence », assène Christophe Grange, guide de haute montagne à la Réunion. Sur cette île au climat capricieux, la lecture des phénomènes météorologiques n’est pas toujours aisée. Mais, du haut de la crête des Trois Salazes desquelles on aperçoit les trois cirques de l’île, ce professionnel peut encore se gausser d’avoir vu juste : pas un nuage ne viendra perturber notre traversée aujourd’hui. Jordi Mons, aspirant guide catalan exerçant entre les Alpes et les Pyrénées, ses terrains de jeux favoris, va plutôt glaner ces informations vitales du côté de Windy, Meteoblue ou encore Mountain Forecast. « Mais si je suis en Suisse, j’opterai pour Meteoswiss. En Espagne, en revanche, je n’utiliserai que la météo nationale », poursuit-il. Alors laquelle de ces nombreuses sources choisir lorsque nous préparons notre sortie ? « Le mieux reste encore de croiser les météos pour avoir une information la plus juste possible et, surtout, de bien comprendre une chose : en montagne la météo évolue très rapidement, qu’on soit à pied, en ski de rando ou encore en raquette, résume Serge Taboulot, ex-directeur du centre météorologique de Grenoble et président de l’Institut des risques majeurs. Alors bien se préparer peut faire la différence entre une sortie inoubliable et une situation dangereuse dans laquelle on aurait préféré ne pas se fourrer. »
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Comprendre les prévisions
Mais pour bien se renseigner, le mieux reste de comprendre comment ces précieuses prévisions sont réalisées. Il est 6h, et Symon Welfringer commence sa journée au centre de météorologie de Grenoble de Météo France. Ingénieur en météorologie, cet alpiniste professionnel et guide de haute montagne cumule les casquettes de prévisionniste et de nivologue. « Dès que j’arrive au bureau, j’analyse toutes les cartes me donnant des indicateurs comme l’humidité, le vent, les précipitations et les températures. Afin d’imaginer ensuite quelles seront les évolutions et de rédiger un bulletin départemental », résume-t-il. Puis vers 11h, le jeune professionnel endossera sa casquette de nivologue. « C’est la partie de ma profession dans laquelle je vais analyser quelles conséquences l’évolution de la météo aura sur le manteau neigeux. » S’ensuit alors, jour après jour, une conférence réunissant l’ensemble de ses homologues des Pyrénées, des Alpes du Sud, du Nord et de Corse, partageant l’un après l’autre leurs estimations et déterminant enfin, un chiffrage du risque d’avalanche que l’on retrouve dans le BERA. « Cette veille a lieu de 6h à 18h, 7 jours sur 7. Mais pour être les plus efficaces possibles nous travaillons avec des professionnels de la montagne directement sur le terrain, complète Marie Wawrzykowski, chargée de communication de Météo France. Nous les formons à nous envoyer les informations sous forme de codage et ils deviennent nos yeux sur le terrain. »
