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Pro Climbing League : Révolution en Escalade ? 5 Leçons de la Première Édition

Un vent de fraîcheur sur l’escalade de compétition

Et si l’escalade de compétition devenait un show aussi intense qu’un match de tennis ? C’est le pari audacieux de la Pro Climbing League (PCL), un nouveau circuit privé soutenu par Red Bull, qui a tenu sa première édition explosive à Londres le 28 février. L’objectif affiché par ses fondateurs, Danaan Markey et Charlie Boscoe, est simple : rendre l’escalade plus spectaculaire et plus lisible pour le grand public. Fini les calculs complexes, place aux duels directs et à l’émotion pure. Alors, promesse tenue ? Entre moments de grâce et quelques ajustements nécessaires, voici ce qu’il faut retenir de ce lancement très attendu.

Ce que nous avons adoré : un spectacle total

1. Un scénario à couper le souffle

Le point fort de cette PCL, c’est sans conteste sa capacité à créer du drame sportif. Le format de duel en face-à-face sur des blocs miroirs a offert des moments inoubliables. On pense d’abord au quart de finale électrique entre Toby Roberts et le Français Mejdi Schalck, où la victoire s’est jouée à quelques centièmes de seconde, rappelant l’intensité d’une course de vitesse.

Mais le clou du spectacle fut la finale masculine. Alors que l’Américain Colin Duffy semblait avoir la victoire en poche, le Britannique Max Milne, poussé par son public, a réalisé un essai mémorable. Dépassant le chronomètre mais ayant commencé son mouvement à temps, il a trouvé une méthode alternative pour s’imposer sur le gong, les mains en sang mais le sourire aux lèvres. Un pur moment de sport comme on les aime.

Chez les femmes, la Française Oriane Bertone a créé la surprise en battant la reine incontestée de la discipline, Janja Garnbret. Plus rapide et plus efficace, elle a expédié le bloc final en seulement 19 secondes, profitant d’une rare erreur de la Slovène. Une victoire nette qui prouve que dans ce format, tout est possible.

2. Une production visuelle impeccable

La PCL a placé la barre très haut en matière de réalisation. Avec ses murs noirs symétriques, ses blocs photogéniques et une mise en scène soignée, l’événement a été pensé comme un véritable show télévisé. La production, assurée par Red Bull TV, a su capter l’intensité des duels grâce à une gestion intelligente des caméras, offrant des plans serrés sur les prises cruciales et une vision claire de la progression des deux athlètes. C’est simple : le format est extrêmement visuel et agréable à suivre, que l’on soit sur place ou derrière son écran. Les organisateurs des compétitions plus traditionnelles pourraient bien s’en inspirer.

3. Un système de points enfin logique en bloc

L’une des innovations les plus intelligentes de la PCL est son système de score. En cas de non-réussite du bloc, la victoire revient à celui qui a atteint la prise la plus haute. Cela peut paraître évident, mais c’est une petite révolution par rapport au système de ‘zone’ des Coupes du Monde, souvent frustrant. Ce comptage ‘à la prise’ valorise chaque mouvement et garantit que le grimpeur le plus performant l’emporte. La victoire de Max Milne en finale, qui n’a pas atteint le sommet mais est allé plus haut que son adversaire, en est la parfaite illustration. Ce système ouvre aussi de nouvelles portes aux ouvreurs, qui peuvent concevoir des blocs plus complexes et homogènes.

Ce qui nous a moins convaincus : les défis à relever

4. Une ouverture à deux vitesses

Si les hommes ont eu droit à des blocs exigeants et spectaculaires, on ne peut pas en dire autant pour les femmes. La plupart de leurs blocs, notamment en demi-finale et finale, se sont avérés trop faciles. Résultat : la compétition s’est transformée en une course de vitesse plutôt qu’en un véritable test d’escalade. C’est dommage, car le format permettrait justement de confronter les meilleures grimpeuses du monde à des défis à leur mesure. Voir Janja Garnbret perdre sur une simple erreur de vitesse est moins captivant que de la voir se battre dans un mouvement extrême. L’ouverture reste le nerf de la guerre, et la PCL devra trouver un meilleur équilibre pour sa prochaine édition.

5. Un rythme parfois haché

Le format de la PCL implique de changer les blocs à chaque tour. Si l’efficacité des équipes techniques est à saluer, ces changements constants créent inévitablement des temps morts. Entre le démontage, le montage, la lecture des blocs par les athlètes et les interviews de remplissage, le rythme de la compétition peut parfois retomber. Pour un événement qui se veut électrique, ces pauses peuvent frustrer le spectateur. De plus, le temps de grimpe effectif pour certains athlètes est très court. L’Allemande Lucia Dörffel, par exemple, n’a eu que deux minutes sur les tapis en quarts de finale. Trouver un moyen de fluidifier les transitions sera un enjeu majeur pour l’avenir.

Conclusion : un potentiel immense à confirmer

Alors, la Pro Climbing League est-elle l’avenir de l’escalade de compétition ? Il est trop tôt pour le dire, mais cette première édition a posé des bases extrêmement solides. Avec son format dynamique, une production de haute volée et des moments de sport mémorables, la PCL a prouvé qu’une autre voie était possible. Malgré des défauts de jeunesse, notamment sur l’ouverture féminine et la gestion du rythme, l’événement a tenu sa promesse de grand spectacle. Si les organisateurs parviennent à corriger le tir, la PCL pourrait bien devenir un rendez-vous incontournable du calendrier, capable de séduire à la fois les puristes et un public plus large.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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