Plonger dans l’univers du snowboard de pente raide, c’est découvrir un monde où la performance pure cède la place à l’engagement, à la confiance et à une lecture intime de la montagne. Le film « À l’ombre du Diable » incarne parfaitement cette philosophie, en nous emmenant sur les traces de Pica Herry, une figure emblématique de Chamonix.
Loin des images de poudreuse facile et des sauts spectaculaires, ce documentaire nous invite dans un univers bien plus exigeant et authentique. Il nous confronte à la réalité du snowboard alpinisme, une discipline où chaque virage est le fruit d’une longue ascension et d’une analyse minutieuse du terrain. Suivez-nous pour une immersion au cœur de cette aventure humaine et sportive.
Pica Herry : L’âme du snowboard alpinisme à Chamonix
Avant de parler du film, il est essentiel de comprendre qui est son protagoniste. De son vrai nom Julien Herry, Pica Herry n’est pas seulement un snowboarder d’exception. Il est avant tout un guide de haute montagne, membre de la prestigieuse Compagnie des Guides de Chamonix. Pour lui, la montagne n’est pas un terrain de jeu, mais un espace de vie qui se respecte et s’apprivoise.
Son approche du snowboard en pente raide est profondément marquée par son expérience d’alpiniste. Chaque descente est l’aboutissement d’un projet global, incluant l’étude des conditions, l’ascension et une gestion rigoureuse du risque. C’est cette vision complète qui le distingue et qui donne toute sa profondeur à ses projets.
Plus qu’un guide, un passeur
L’engagement de Pica Herry dépasse les frontières du massif du Mont-Blanc. Avec son association ZOM Connection, il œuvre au Pakistan pour rendre les sports de montagne accessibles aux jeunes locaux. En envoyant du matériel et en organisant des initiations, il partage sa passion et crée des ponts entre les cultures. Cette dimension humaine est une facette essentielle du personnage, qui voit dans la montagne un puissant vecteur de lien social.
« À l’ombre du Diable » : Une expédition au cœur du mythe
Réalisé par Alexis Vernis et présenté par Jones Snowboards, le film « À l’ombre du Diable » nous transporte dans un des secteurs les plus sauvages et intimidants du massif du Mont-Blanc : les Aiguilles du Diable. Ce nom seul suffit à évoquer l’engagement et l’austérité des lieux.
Accompagné de ses fidèles compagnons de cordée, Laurent Bibollet et le célèbre snowboarder Victor de Le Rue, Pica Herry se lance un défi de taille. L’objectif n’est pas de réaliser une première ou de battre un record, mais d’explorer des lignes extrêmes avec une approche basée sur l’intelligence collective et la sécurité. Comme le mentionne le magazine Alpine Mag, le film met en lumière une quête de pentes vierges où le risque est omniprésent.
Un trio fondé sur la confiance
Dans cet environnement vertical et hostile, la performance individuelle n’a pas sa place. La réussite du projet repose entièrement sur la confiance collective. Chaque membre de l’équipe doit pouvoir compter aveuglément sur les autres. Cette synergie est palpable à l’écran et constitue le véritable cœur du film.
- La lecture du terrain : Anticiper les pièges de la montagne, analyser la qualité de la neige, choisir l’itinéraire le plus sûr.
- La communication : Échanger en permanence pour prendre les bonnes décisions collectivement.
- L’engagement partagé : Savoir que chaque membre de l’équipe est aussi concentré et impliqué que soi-même.
Cette approche est une véritable leçon pour tous les passionnés de montagne. Elle nous rappelle que la plus grande performance est souvent de savoir renoncer et de toujours privilégier la sécurité du groupe.
Une réalisation qui sublime l’aventure
La caméra d’Alexis Vernis réussit à capturer l’intensité de l’expédition sans jamais tomber dans le sensationnalisme. Les images sont spectaculaires, mais elles servent toujours le propos du film : montrer la beauté brute de la haute montagne et la force du lien humain qui unit les trois protagonistes.
Le film s’inscrit dans la lignée d’autres projets mettant en scène Pica Herry, comme « Earn Your Turn », qui explore l’univers du splitboard, ou « Waking Dream » avec le skieur Sam Favret. Chacun de ces films, à sa manière, met en avant une pratique authentique de la montagne, loin des clichés. Le média Outside.fr décrit justement « À l’ombre du Diable » comme une exploration des lignes longtemps inaccessibles des Aiguilles du Diable.
L’héritage d’une vision
Au-delà de l’exploit sportif, « À l’ombre du Diable » est une invitation à repenser notre rapport à la montagne. Il nous interroge sur ce que nous y cherchons vraiment : la performance à tout prix ou une expérience profonde et partagée ?
Pica Herry, par son parcours et ses engagements, incarne une nouvelle génération d’alpinistes pour qui l’aventure est indissociable des valeurs humaines et du respect de l’environnement. Son attachement pour des régions comme le Pakistan, où il a fondé son association, en est la plus belle preuve. Il confiait d’ailleurs à Chamonix Sotheby’s International Realty que s’il devait un jour quitter Chamonix, c’est là-bas qu’il irait vivre.
En conclusion, « À l’ombre du Diable » est bien plus qu’un simple film de snowboard. C’est une ode à la haute montagne, une réflexion sur l’engagement et un magnifique témoignage sur l’importance de la confiance et de l’amitié. Une œuvre inspirante à voir absolument, que l’on soit pratiquant ou simple amoureux des sommets.
