jeudi, février 12, 2026
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Parallelo le film : Victor Galuchot, le ski et l’amitié d’abord

Ce n’est pas seulement l’histoire de deux skieurs. C’est celle de deux gamins de quatorze ans devenus quadragénaires, qui ont grandi dans les pentes comme d’autres grandissent dans les salles de classe. Entre-temps, il y a eu le succès de la série Bon Appétit, qui a tenu Victor Galuchot loin de la haute montagne et de son ami Pierre Guyot. Quand les deux se retrouvent, l’idée du film est presque évidente. Elle flotte dans l’air, comme un vieux projet qu’on a écrit dans un carnet : raconter ces deux vies de skieur qui n’ont jamais cessé d’évoluer.

La première de Parallelo a eu lieu à Grenoble pendant les Rencontres Ciné Montagne, où nous avons rencontré Victor Galuchot pour évoquer les coulisses du film.

Parallelo, le film, s’ouvre aussi sur une secousse. Un matin de tournage blafard, à moitié dans le brouillard, dans un endroit pourtant jugé sans risque.

Et pourtant, une plaque à vent se dérobe sous leurs pieds. C’est l’avalanche : Victor se retrouve couché sur le dos, la neige qui l’avale, la corde qui le tire vers le bas. L’incident dure deux secondes, mais laisse une empreinte durable.

Il n’y a pas de morale appuyée, pas de phrase grandiloquente. Juste une prise de conscience familière à tous ceux qui connaissent la montagne : l’expérience ne vaccine contre rien ; être dehors, c’est prendre un risque assumé.

La présence de deux enfants chez Victor n’y change rien : il skiait prudemment avant, il skie prudemment après. Mais il porte désormais en lui une nuance supplémentaire dans son rapport au doute, à la neige qu’il croit safe et qui ne l’est pas toujours.

La pièce maîtresse du film se joue sur l’un des plus beaux belvédères du massif du Mont Blanc, souvent ignoré : le mont Maudit. Ascension millimétrée, acclimatation faite, neige parfaite : tout est là pour s’offrir une descente versant nord comme on en vit rarement dans une carrière de skieur.

Victor raconte ce moment rare où toutes les planètes s’alignent : les premiers rayons qui incendient les aiguilles du Diable, la poudre légère posée sur une couche dense et stable, l’impression, en haut, d’avoir mis la main sur quelque chose de pur, des virages immenses, comme le plaisir ressenti. Le mont Maudit version freeride, comme vous ne l’avez jamais vu, par deux skieurs de talent.

Au pied de la face, Victor Galuchot avoue avoir eu une larme. Pas de fatigue. De beauté. C’est une joie sans fard, en cela Parallelo est un film différent de son précédent opus, Les étoiles de la Terre.

Guyot l’inoxydable

Difficile de parler de Parallelo sans évoquer la figure joyeuse de Pierre Guyot. Longtemps, Pierre a skié comme on respire : vite, fort, sans tout à fait regarder où il allait, remarque Victor Galuchot. Ses descentes à l’instinct – quelque part entre l’audace et la pure témérité – donnent au film une énergie singulière.

Aujourd’hui, son niveau technique dépasse le raisonnable : envoyer un backflip to rail dans un park puis être capable de rider du 45° à fond n’est pas exactement commun. Et pourtant, Pierre Guyot garde son humilité désarmante.

Le cœur de Parallelo, finalement, n’est ni dans la pente raide, ni dans les sauts, ni même dans les images splendides. Il est dans ce lien tissé à force de neige, d’échecs, de réussites et de discussions sur les sommets.

Ce qui touche, c’est la trajectoire d’une amitié qui n’a jamais cessé d’exister. Dans la dernière séquence, Victor glisse presque innocemment l’idée de skier encore ensemble à soixante balais. Au Palais des Sports de Grenoble, pendant les Rencontres Ciné Montagne, on a senti que ce n’était pas une phrase pour la caméra. C’était une évidence.

À Grenoble, le public ne s’y est pas trompé : Parallelo parle à toutes celles et ceux qui fréquentent la montagne d’abord pour les copains. C’est un film de ski, oui, mais c’est surtout un film sur le temps, la durée, sur les liens, sur la manière dont la montagne façonne les gens qui la traversent. Un film qui dit qu’à deux, depuis vingt ans, skier parallèle, c’est aussi avancer dans la vie côte à côte.

Les skis de Victor Galuchot

Dans ses pentes raides comme dans ses sessions rando de tous les jours, Victor Galuchot utilise les skis Elan Ripstick 102. Soutenu par la marque slovène depuis plusieurs saisons, Victor a choisi le fameux Ripstick, le modèle freeride de la gamme, sans faire de concession, des skis montés avec des fixations à inserts. Celles et ceux qui veulent plus de légèreté opteront pour le Ripstick Tour 104, ou le modèle à tout faire, l’Elan Ripstick Tour 94, un bijou ultra polyvalent, un ski testé par la rédaction.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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