Après Paris-Alger, Mehdi Debbraah marche vers le Cap Nord en plein hiver
Sac au dos et détermination en bandoulière, Mehdi Debbraah a déjà parcouru 1 300 kilomètres en 46 jours. Parti de Paris le 5 octobre 2025, ce marcheur infatigable de 30 ans vise le point le plus septentrional de l’Europe : le Cap Nord, en Norvège. Un périple de 5 000 kilomètres en solitaire, affrontant les rigueurs de l’hiver pour un double défi : repousser ses propres limites et venir en aide aux plus démunis.
Ce n’est pas une première pour ce Parisien du 19e arrondissement. Après avoir rallié Marseille, Venise ou encore Alger à pied, il s’attaque à son plus grand challenge. Un défi qui est autant une performance sportive d’endurance qu’une aventure humaine et solidaire, soutenue par l’équipementier Columbia.
Un défi personnel contre la déprime hivernale
L’idée de traverser l’Europe pour atteindre le cercle polaire arctique en plein hiver peut sembler folle. Pour Mehdi, c’est une réponse directe à une lutte personnelle. “J’ai du mal avec cette période-là de l’année, quand la nuit tombe tôt. Ça me déprime un petit peu”, confie-t-il. Plutôt que de subir l’obscurité et le froid, il a décidé de les affronter, de les traverser, pour en faire une force.
Ce voyage est une quête de lumière au cœur de l’hiver, un moyen de transformer une faiblesse en une incroyable démonstration de résilience. Chaque pas vers le nord est une victoire sur lui-même, une façon de prouver que les plus grands obstacles sont souvent ceux que l’on se crée.
Marcher pour ceux qui subissent le froid
Au-delà de la performance personnelle, ce périple a une puissante dimension humanitaire. Mehdi marche pour sensibiliser au sort des sans-abris, ceux pour qui l’hiver n’est pas un choix mais une épreuve quotidienne. En partenariat avec LIFE-ONG, il a lancé une cagnotte avec un objectif ambitieux : récolter 200 000 €.
Le mécanisme est simple et concret :
* Chaque palier de 20 000 € débloque une aide pour une grande ville française.
* Les fonds permettent de financer des repas chauds et de distribuer des kits d’hiver (vêtements chauds, abris).
“Je pars vers le Cap Nord pour sensibiliser les gens au quotidien de ceux qui dorment dehors, pas parce qu’ils le souhaitent, mais parce qu’ils sont coincés”, explique-t-il. Sa propre confrontation avec le froid devient un symbole, un moteur pour motiver les dons et apporter un peu de chaleur à ceux qui en ont le plus besoin.
De l’improvisation à l’athlète d’endurance
Le parcours de Mehdi Debbraah est celui d’un passionné qui s’est construit au fil des kilomètres. Tout a commencé en 2015, sur un coup de tête. Après un échec au bac, il décide de relier Paris à Marseille à pied, soit 750 km, sans aucune expérience. “J’étais parti avec un sac à dos énorme pensant que je pouvais ramener ma garde-robe”, s’amuse-t-il aujourd’hui.
Cette première aventure a été une révélation. Depuis, les défis se sont enchaînés, chacun avec une dimension solidaire. Le plus marquant reste son Paris-Alger, un voyage d’un an et deux mois en hommage à son père décédé. La cagnotte, initialement prévue pour financer un château d’eau à 10 000 €, a finalement atteint 86 000 €.
Aujourd’hui, Mehdi n’est plus l’amateur de ses débuts. Il se définit lui-même avec une fierté tranquille : “Moi, je me vois vraiment comme un marcheur. […] C’est souvent un peu péjoratif, malheureusement. Mais en soi, je sais que j’ai influencé des gens, mais à faire de la marche ! Et ça, j’en suis très fier.”
La force des rencontres et le poids de la solitude
Marcher 5 000 kilomètres, c’est aussi s’ouvrir aux autres. Mehdi raconte des rencontres bienveillantes, des portes qui s’ouvrent, des gens qui lui offrent un abri pour la nuit. Une affichette sur son sac, traduite dans la langue de chaque pays traversé, facilite le contact et suscite la curiosité.
Mais le voyage est aussi une profonde introspection, une confrontation avec la solitude. Une expérience qu’il a poussée à l’extrême lors d’une retraite de plusieurs mois, seul dans une montagne en Espagne. “Le plus dur, ce n’est pas de marcher sur la route et de porter son sac, mais de rester seul pendant trois mois. […] La solitude poussée à l’extrême, c’est un peu synonyme de mort”, analyse-t-il. Cette épreuve lui a appris la valeur inestimable de l’échange et du lien humain.
Comment suivre et soutenir cette aventure hors norme ?
L’arrivée de Mehdi au Cap Nord est prévue pour avril 2026. D’ici là, des milliers de kilomètres l’attendent, avec des conditions qui ne cesseront de se durcir.
Pour le suivre au quotidien, il partage son aventure sur les réseaux sociaux :
* Sur Instagram : des nouvelles quotidiennes en stories.
* Sur TikTok : des vidéos tous les deux jours.
* Sur YouTube : un résumé hebdomadaire de son périple.
Pour contribuer à son projet solidaire et aider les sans-abris à affronter l’hiver, rendez-vous sur la cagnotte officielle de son défi. Chaque don est un pas de plus avec lui sur la route.
