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Mathéo Jacquemoud : L’exploit d’une traversée des Alpes en 20 jours à ski et à vélo

Un exploit monumental : l’Intégrale des Alpes en 20 jours

Vingt jours. C’est le temps qu’il a fallu à Mathéo Jacquemoud pour relier Vienne à Nice en traversant l’intégralité de l’arc alpin. Un exploit monumental, baptisé l’Intégrale des Alpes, réalisé sans aucune assistance motorisée, uniquement à la force de ses jambes, sur des skis ou sur un vélo. En posant le pied sur une plage de la Côte d’Azur le 26 mars dernier, le guide de haute montagne a non seulement bouclé un projet hors norme, mais il a aussi repoussé les frontières de ce que l’on pensait possible en alpinisme moderne.

Un défi aux dimensions titanesques

Pour bien saisir la portée de cette performance, il faut se pencher sur les chiffres. Ils donnent le vertige et témoignent de l’engagement total de l’athlète.

  • Distance totale : 2 200 kilomètres
  • Dénivelé positif cumulé : 86 000 mètres, soit l’équivalent de près de dix ascensions de l’Everest depuis le niveau de la mer.
  • Répartition : 1 474 km à vélo pour relier les massifs et 715 km à skis pour les traverser.
  • Durée : 20 jours, du 7 au 26 mars 2026.

Ce projet est l’aboutissement d’une logistique millimétrée et d’une condition physique exceptionnelle. Chaque jour, Mathéo a enchaîné jusqu’à 16 heures d’effort, ne s’accordant qu’une moyenne de 6 heures et 10 minutes de sommeil par nuit.

Un voyage en six actes à travers les Alpes

Loin d’être une ligne droite, cette traversée des Alpes s’est décomposée en six grands raids à ski, connectés entre eux par de longues liaisons à vélo. Un enchaînement qui a mené Mathéo et ses compagnons de cordée à travers quatre pays : l’Autriche, l’Italie, la Suisse et la France.

Des sommets autrichiens aux Dolomites

Le périple a débuté à Vienne pour un premier acte en direction du Grossglockner, point culminant de l’Autriche. La deuxième étape l’a ensuite plongé au cœur des paysages spectaculaires des Dolomites italiennes, avec des ascensions comme le Piz Palü, avant de faire face à des conditions météorologiques dégradées qui ont testé sa capacité d’adaptation.

La traversée de la Suisse et l’ascension du Mont Blanc

Après avoir rallié la Suisse, la météo capricieuse a contraint Mathéo à modifier ses plans, rejoignant Zermatt à vélo. C’est lors du quatrième acte que le projet a atteint l’un de ses points culminants : l’ascension du Mont Blanc. Partant de Suisse, passant par Chamonix, il a gravi le toit de l’Europe dans des conditions hivernales extrêmes, un défi majeur au milieu d’un tel raid.

L’Italie et les Écrins avant la Méditerranée

Le voyage s’est poursuivi en Italie avec l’ascension du Grand Paradis (4 061 m). Gravir un tel sommet en hiver, après plus de dix jours d’efforts continus, est une performance en soi. La suite l’a mené en France, à travers la Vanoise, puis vers le massif des Écrins pour gravir le Dôme des Écrins (4 064 m), avant d’entamer l’ultime étape à travers le Queyras et le Mercantour pour finalement atteindre Nice.

Une gestion de l’effort et un mental d’acier

La plus grande difficulté d’une telle odyssée ne réside pas seulement dans l’effort physique, mais aussi dans la contrainte de temps. Il a fallu composer avec la météo, la fatigue et les imprévus, jour après jour. Pourtant, à son arrivée, Mathéo Jacquemoud semblait étonnamment frais.

« Je n’ai jamais été dans le rouge », a-t-il confié au Dauphiné Libéré. Il ajoute : « Je ne suis pas très fatigué, juste une bonne fatigue. J’ai encore de la marge, je pourrais continuer encore plusieurs jours. » Ces mots témoignent d’une connaissance de soi et d’une endurance en montagne hors du commun.

Une aventure humaine et matérielle

Si Mathéo a réalisé plusieurs sections en solitaire, cette Intégrale des Alpes fut avant tout une aventure partagée. Il a été accompagné sur différentes portions par des amis et figures de la montagne comme Vivian Bruchez, le fondeur Clément Parisse, Paul Lenoir, Pierre Idris, Mathieu Maynadier ou encore Elise Poncet. Leur soutien a été crucial pour maintenir le moral et assurer la sécurité.

Cet exploit sportif a également été rendu possible grâce à un matériel performant et fiable. Soutenu par son partenaire Simond, Mathéo a utilisé des équipements spécifiquement co-développés pour ce type de défi, alliant légèreté et robustesse, des critères essentiels lorsque chaque gramme compte.

En bouclant ce périple gargantuesque, Mathéo Jacquemoud ne fait pas que signer une performance historique. Il inspire toute une génération de passionnés de montagne et prouve que les limites sont faites pour être repoussées. Comme il le conclut lui-même, l’esprit déjà tourné vers l’avenir : « aujourd’hui, je sais encore mieux de quoi je suis capable… et j’ai déjà plein d’idées en tête pour la suite ». Le monde de l’alpinisme attend déjà avec impatience.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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