Vous aimez la sensation de glisse unique du snowboard mais rêvez de vous affranchir des remontées mécaniques pour explorer des pentes vierges ? Si la randonnée vous attire mais que vous ne voulez pas abandonner votre planche, alors le splitboard est la réponse que vous attendiez. C’est une véritable révolution qui combine le meilleur des deux mondes : l’efficacité du ski de randonnée à la montée et le plaisir pur du snowboard à la descente.
Le splitboard : la liberté au bout des pieds
Imaginez un snowboard qui se sépare en deux pour se transformer en une paire de skis. C’est le concept génial du splitboard. Cette innovation permet aux snowboardeurs d’adopter les techniques de la randonnée pour gravir les montagnes, avant de réassembler leur planche au sommet pour profiter d’une descente en poudreuse, loin de la foule.
Cette pratique, popularisée par des légendes du freeride comme Jeremy Jones et Travis Rice, ouvre un terrain de jeu infini. Elle transforme la montagne en une toile blanche, accessible grâce à votre propre effort. Fini le temps où il fallait porter sa planche sur le dos en s’épuisant en raquettes ; le splitboard offre une approche bien plus naturelle et efficace de la montagne.
Comment fonctionne cette planche magique ?
Le passage du mode “montée” au mode “descente” est au cœur de la pratique. Bien que cela puisse sembler complexe, le système est ingénieux et devient rapidement une seconde nature après quelques manipulations.
Phase 1 : La montée en mode ski
Pour commencer l’ascension, il suffit de déverrouiller quelques clips et crochets pour séparer la planche en deux “skis” [1, 2]. Sous chaque ski, on vient coller une “peau de phoque”. Il s’agit d’une bande de tissu synthétique qui adhère à la neige dans un sens (pour ne pas reculer) et glisse dans l’autre (pour avancer).
Les fixations, spécialement conçues pour le splitboard, pivotent pour libérer le talon, permettant un mouvement de marche fluide et naturel, très similaire à celui du ski de fond ou du ski de randonnée [5]. Cette méthode est beaucoup moins fatigante et bien plus performante que la marche, surtout dans les dévers ou la neige profonde.
Phase 2 : La descente en mode snowboard
Une fois le sommet atteint, la transformation inverse s’opère :
- On retire les peaux de phoque pour les ranger dans le sac.
- On réassemble les deux parties de la planche.
- On verrouille le tout solidement avec les clips situés aux extrémités (spatule et talon).
- On fait pivoter les fixations pour les remettre en position “snowboard”.
En quelques minutes, vous vous retrouvez avec un snowboard rigide et performant, prêt à dévaler les pentes que vous venez de gravir.
L’équipement indispensable du “spliboardeur”
S’aventurer en hors-piste demande un équipement spécifique pour garantir à la fois performance et sécurité.
- Le splitboard et ses fixations : L’élément central. Il existe différents modèles adaptés à chaque style de ride (freeride, freestyle backcountry, etc.).
- Les peaux de phoque : Taillées sur mesure pour votre planche, elles sont cruciales pour l’adhérence à la montée.
- Les bâtons télescopiques : Indispensables pour l’équilibre et la propulsion à la montée, ils se replient et se rangent facilement dans le sac pour la descente.
- Les couteaux : Sorte de crampons qui se fixent sous les fixations, ils offrent une accroche supplémentaire sur neige dure ou verglacée [8].
La sécurité : le trio gagnant en hors-piste
La liberté du hors-piste s’accompagne d’une responsabilité : celle de connaître et de respecter la montagne. Évoluer sur des terrains non sécurisés implique un risque d’avalanche. Pour y faire face, un équipement de sécurité est obligatoire et doit être maîtrisé.
Le trio indispensable est :
1. DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche) : Un appareil électronique que l’on porte sur soi et qui permet de localiser une personne ensevelie (et d’être localisé).
2. Pelle : Une pelle à neige robuste (en métal) pour dégager rapidement la neige en cas d’avalanche.
3. Sonde : Une longue tige pliable pour sonder la neige et localiser précisément une victime.
Ce matériel ne sert à rien si l’on ne sait pas s’en servir. Il est donc primordial de se former régulièrement à son utilisation. À cela s’ajoutent une trousse de premiers secours, une couverture de survie, une lampe frontale et de quoi s’hydrater et se nourrir.
Comment s’habiller pour une sortie splitboard ?
La gestion de la température corporelle est l’un des plus grands défis. On a tendance à avoir très chaud à la montée et froid au sommet ou à la descente. La solution réside dans le système des trois couches.
- Couche de base : Un sous-vêtement technique (laine mérinos ou synthétique) dont le rôle est d’évacuer la transpiration pour vous garder au sec.
- Couche intermédiaire : Une polaire ou une doudoune légère qui apporte de la chaleur et continue de transférer l’humidité vers l’extérieur.
- Couche extérieure : Une veste imperméable et coupe-vent (type Gore-Tex) qui vous protège des intempéries.
L’astuce est de commencer la montée en ayant un peu froid. Vous vous réchaufferez très vite après quelques minutes d’effort. La couche intermédiaire chaude reste souvent dans le sac à la montée et on l’enfile au sommet, juste avant la descente.
Le splitboard est bien plus qu’un simple équipement, c’est une invitation à redécouvrir la montagne. Il demande un effort, une préparation et un grand respect pour l’environnement, mais la récompense est à la hauteur : la satisfaction de tracer sa propre ligne dans un décor sauvage et silencieux.
