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JO 2026 : L’Or Échappe à la Suisse en Géant, Naissance d’un « Monstre » d’Exigences

JO 2026 : L’Or Échappe à la Suisse en Géant, Naissance d’un “Monstre” d’Exigences

Un double podium, deux drapeaux suisses qui s’agitent, et pourtant, une pointe de déception. C’est le paradoxe incroyable vécu par l’équipe de Suisse de ski alpin à l’issue du slalom géant des Jeux Olympiques de Bormio 2026. En plaçant deux de ses athlètes sur le podium, la Suisse a confirmé son statut de superpuissance du ski mondial. Mais en laissant filer l’or au profit d’un Brésilien historique, elle a aussi goûté à l’immense pression qu’engendre sa propre excellence. Une performance qui soulève une question : la Suisse a-t-elle créé un monstre d’attentes qu’elle seule est condamnée à nourrir ?

Un Brésilien Sème le Doute sur la Stelvio

La journée du 15 février 2026 restera dans les annales des sports d’hiver. Sur la mythique piste de la Stelvio à Bormio, ce n’est pas un favori suisse qui a dompté le tracé, mais un skieur au talent fou, Lucas Pinheiro Braathen. Parti avec le dossard n°1, le Brésilien d’origine norvégienne a livré une première manche stratosphérique, profitant de conditions de neige chaude pour creuser un écart abyssal sur ses concurrents.

Intouchable, il a relégué ses premiers poursuivants à plus d’une demi-seconde. Une performance qui lui a permis de gérer la seconde manche pour s’offrir un titre olympique historique. C’est la toute première fois que le Brésil et l’Amérique du Sud remportent une médaille aux Jeux Olympiques d’hiver. Comme le rapporte Eurosport, “Lucas Pinheiro Braathen remporte le slalom géant avec plus d’une demi-seconde d’avance sur Marco Odermatt.” Une véritable démonstration de force qui a laissé le reste du monde, et surtout le clan suisse, sans voix.

La Réaction Suisse : Entre Satisfaction et Perplexité

Derrière l’intouchable Brésilien, la Suisse réalise pourtant un tir groupé exceptionnel. Marco Odermatt prend la médaille d’argent et Loïc Meillard celle de bronze. Thomas Tumler, quatrième, complète ce qui s’apparente à une démonstration collective. Mais au pays de l’excellence en ski alpin, les réactions sont nuancées.

Odermatt, un Bilan en Argent Massif

Pour le leader de l’équipe, Marco Odermatt, cette médaille d’argent vient conclure des Jeux Olympiques exceptionnels. Malgré la déception de passer à côté du titre en géant, sa discipline de prédilection, le Nidwaldien préférait voir le verre à moitié plein.

« Je suis très heureux. Et puis, d’une certaine façon, c’est fait maintenant… Les Jeux olympiques sont terminés, je suis très heureux avec mes trois médailles et une autre quatrième place. J’ai été là à chaque course, j’ai pu montrer mon niveau. Pas toujours à 100% mais à 99% et c’est un exploit incroyable. Aujourd’hui, c’est sûr qu’on fête ça. »

Une déclaration pleine de sagesse qui témoigne de la maturité d’un champion hors norme, conscient de la difficulté de briller au plus haut niveau.

Meillard, le Bronze du Bonheur

Pour Loïc Meillard, cette médaille de bronze a une saveur toute particulière. C’est sa première breloque olympique en slalom géant, une récompense qui vient valider son immense talent dans la discipline. Partager ce podium avec son compatriote était également un moment spécial.

« J’ai poussé, j’ai fait ce que j’ai pu, je n’ai eu aucun regret. C’est ce que je vais garder. C’est ma première breloque en géant aux JO et c’est grand. […] Avec Marco, on avait plaisanté sur le podium du combiné. On s’était dit que ce serait pas trop mal de faire pareil ce samedi… Être ici à nouveau et partager ce moment une fois de plus avec lui, c’est fou. »

L’Incompréhension face à l’Écart

Ce qui a le plus marqué les esprits suisses, c’est l’écart creusé par Braathen en première manche. Un véritable coup de massue qui a laissé les athlètes perplexes, comme en témoigne Thomas Tumler, passé tout près du podium.

« Franchement, je ne sais pas trop comment expliquer un tel écart. On était tous un peu sous le choc. J’en discutais avec Marco et Loïc et on était tous assez perplexes. »

Cette incompréhension face à la performance du Brésilien illustre parfaitement le sentiment général : la Suisse n’a pas perdu l’or, c’est Braathen qui est allé le chercher de manière magistrale.

La Création d’un “Monstre” : Quand Gagner ne Suffit Plus

Cette situation est unique dans le ski alpin masculin. En dominant outrageusement le circuit mondial depuis plusieurs saisons, l’équipe suisse a placé la barre si haut que tout autre résultat qu’une médaille d’or en slalom géant, la discipline reine, peut sembler incomplet.

C’est un phénomène que l’on observe dans d’autres sports où une nation écrase la concurrence. On pense aux Français en biathlon, aux Néerlandais en patinage de vitesse ou encore aux Canadiens en hockey sur glace. À force de gagner, ces équipes ont créé un “monstre” d’attentes.

Pour n’importe quelle autre nation, une médaille d’argent et de bronze serait célébrée comme un triomphe national. Pour la Suisse, c’est une performance solide, mais qui laisse un goût d’inachevé. C’est la rançon du succès : l’excellence devient la norme, et la victoire, une obligation.

Et Maintenant ? Le Slalom pour Finir en Beauté

Les Jeux ne sont pas encore terminés. Ce lundi 16 février, à 10h, les skieurs ont un dernier rendez-vous sur la Stelvio pour l’épreuve du slalom. Une dernière chance pour les Suisses de décrocher cet or qui leur a échappé en géant. Tous les espoirs reposeront notamment sur Loïc Meillard et Tanguy Nef.

Nul doute que le “monstre” des attentes sera encore bien présent au départ. Mais c’est aussi ce qui fait la force de cette équipe : une soif de victoire insatiable, même lorsque l’armoire à trophées est déjà pleine à craquer. La marque des plus grands.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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