JO 2026 : Alexis Monney, la force tranquille à l’assaut de la mythique Stelvio
Quand un athlète se présente au départ d’une épreuve olympique, l’inconnu est souvent son principal adversaire. Pour Alexis Monney, la situation est bien différente. Samedi, en s’élançant sur la piste de la descente des JO 2026, le skieur de Châtel-Saint-Denis retrouvera une vieille connaissance : la redoutable Stelvio de Bormio. Une piste qu’il a déjà domptée, et sur laquelle il compte bien briller à nouveau.
Un terrain connu au cœur de l’événement planétaire
L’un des plus grands défis des Jeux Olympiques réside dans la capacité à s’adapter à un environnement nouveau et à une pression immense. Pourtant, Alexis Monney aborde ce rendez-vous avec une sérénité déconcertante. La raison ? Il y a treize mois, il remportait ici même une épreuve de Coupe du monde. Ce souvenir est une ancre psychologique puissante.
«Je me sens bien. Je suis content d’être au départ et j’apprécie beaucoup cette piste», confiait-il à quelques heures de la course. Cette aisance est un atout majeur. Le Fribourgeois sait lire les courbes de la Stelvio, anticiper ses pièges et exploiter ses sections rapides. Il évolue en terrain conquis, un avantage rare à ce niveau de compétition.
La Stelvio, une alliée technique pour le Suisse
Des conditions de neige favorables
Même si une piste n’est jamais exactement la même d’une année sur l’autre, les conditions actuelles semblent jouer en faveur du Suisse. «La neige se rapproche de plus en plus de ce que j’aime. La piste commence à taper un peu, il y a plus de glace qu’au premier entraînement», explique-t-il. Cette surface dure et exigeante correspond parfaitement à sa technique précise et puissante.
Là où d’autres subissent les vibrations et luttent pour maintenir le contact ski-neige, Monney semble glisser avec une facilité déconcertante. «Je ne sais pas pourquoi, mais ça a l’air de moins taper sous les skis chez moi que chez les autres», analyse-t-il avec un sourire. C’est cette capacité à faire corps avec la piste qui pourrait faire la différence.
Le défi de la luminosité
Un paramètre change cependant radicalement entre la Coupe du monde de décembre et les Jeux de février : la lumière. Le soleil, plus haut dans le ciel, redessine les ombres et modifie la perception du relief. «Là, il y a du soleil partout, avec seulement quelques virages dans l’ombre. En décembre, c’était quasiment tout sombre. Quand on entre dans ces zones, c’est un choc, on ne voit rien.» Une bonne reconnaissance et une capacité d’adaptation visuelle seront donc cruciales pour négocier ces transitions brutales.
Gérer la pression olympique avec flegme
Après un mois de janvier « assez intense » et marqué par la maladie, Alexis Monney a su recharger les batteries pour arriver en pleine forme à l’échéance olympique. Sa stratégie pour déjouer la pression est simple : aborder l’événement comme une course habituelle. «Les Mondiaux, je les ai pris comme une Coupe du monde normale et je veux faire pareil ici. Ça s’y prête bien. Je connais la piste, l’environnement, il n’y a rien de nouveau.»
Ce flegme, presque légendaire, est sa plus grande force. En se concentrant sur les aspects techniques et son propre ski, il parvient à mettre de côté l’ampleur de l’enjeu pour se focaliser sur la performance pure.
La ferveur de tout un village
Cette confiance est portée par un soutien populaire exceptionnel. À Châtel-Saint-Denis, son village natal, l’exploit sportif a viré à l’événement historique. Près de 300 personnes se sont rassemblées devant un écran géant pour vibrer au rythme de sa descente. Une ferveur qui a porté ses fruits lors de l’épreuve individuelle. Parti avec le dossard 6, Monney a pris la tête provisoire de la course, ne s’inclinant que pour cinq petits centièmes face à son compatriote Marco Odermatt, tandis que l’or revenait finalement à Franjo von Allmen, comme le rapporte Blick.ch. Une performance qui a fait la fierté de toute une communauté.
Le combiné, entre espoir et frustration
L’aventure olympique ne s’est pas arrêtée là. Aligné sur le combiné alpin par équipes, une épreuve inédite, Monney a une nouvelle fois démontré sa maîtrise de la vitesse. Associé au slalomeur Daniel Yule, il a réalisé une manche de descente phénoménale, signant le deuxième meilleur temps et plaçant l’équipe suisse à une excellente deuxième place provisoire. Cependant, la contre-performance de son coéquipier en slalom a malheureusement relégué la Suisse à la 12e place finale, laissant un goût d’inachevé, un fait souligné par Le Dauphiné.
Malgré cette déception, la performance d’Alexis Monney reste gravée. Il a prouvé qu’il faisait partie des tout meilleurs descendeurs du monde, capable de rivaliser avec les plus grands sur les pistes les plus exigeantes. Son parcours aux JO 2026 est une promesse pour l’avenir, celle d’un champion qui, porté par son talent et la ferveur populaire, n’a pas fini de faire vibrer les amateurs de ski alpin.
