Kitzbühel : L’incroyable frayeur de Franjo von Allmen sur la Streif
Le souffle coupé, les yeux rivés sur l’écran, des milliers de spectateurs ont vu le vert s’allumer. Franjo von Allmen filait vers la gloire sur la mythique Streif de Kitzbühel. Et puis, en une fraction de seconde, tout a basculé. Le skieur suisse, auteur d’une performance magistrale, a frôlé la catastrophe, transformant un triomphe annoncé en une douzième place au goût amer. Récit d’une descente où le courage et le danger se sont côtoyés à plus de 130 km/h.
La Streif, un monstre de glace et de courage
Avant de parler de la course, il faut parler du lieu. Kitzbühel n’est pas une descente comme les autres. C’est la Streif, un nom qui inspire à la fois le respect et la crainte chez les meilleurs skieurs du monde. C’est une piste légendaire, un ruban de glace sculpté à flanc de montagne, réputé pour sa difficulté extrême et ses passages emblématiques.
De la vertigineuse pente de départ, la “Mausefalle” (le piège à souris), au saut final du “Hausbergkante”, chaque virage est un défi. Les athlètes y atteignent des vitesses folles, où la moindre erreur de carre peut avoir des conséquences dramatiques. C’est sur ce théâtre impitoyable que s’est joué le destin de Franjo von Allmen ce 24 janvier 2026.
Une performance presque parfaite
Dès qu’il a quitté le portillon de départ, le Suisse a montré qu’il était là pour gagner. Engagé, précis, incroyablement rapide, Franjo von Allmen a dompté la Streif avec une maîtrise impressionnante.
Des temps intermédiaires au vert
Secteur après secteur, le verdict du chronomètre était sans appel : du vert, encore du vert. Dans le jargon du ski alpin, cela signifie qu’il réalisait les meilleurs temps intermédiaires, devançant tous ses concurrents. Il ne skiait pas, il volait. Sa position aérodynamique, ses trajectoires tendues, tout indiquait qu’une performance majuscule était en train de se dessiner. Le public et les commentateurs retenaient leur souffle, anticipant une victoire éclatante.
L’erreur qui coûte cher
Alors qu’il abordait la dernière section du parcours, la plus exigeante physiquement, la fatigue a peut-être joué son rôle. Sur un mouvement de terrain, une compression violente, son ski extérieur s’est dérobé. Pendant un instant qui a paru une éternité, von Allmen s’est retrouvé en déséquilibre complet, luttant avec une énergie folle pour ne pas chuter à pleine vitesse.
Comme le montre la vidéo de sa course, son réflexe et sa puissance lui ont permis de rester sur ses skis, un exploit en soi. Mais cette grosse frayeur lui a fait perdre une vitesse précieuse et de précieuses secondes. La ligne d’arrivée franchie, le tableau d’affichage a révélé une 12e place finale, un résultat bien loin de ce que sa course laissait espérer.
Une saison sur le fil du rasoir
Cet incident à Kitzbühel n’est pas un événement isolé pour le skieur suisse cette saison. Il confirme son statut d’athlète au sommet de son art, mais qui n’hésite pas à prendre tous les risques. Récemment, il avait déjà connu une frayeur similaire lors du Super-G de Val Gardena, où il avait évité de peu une lourde chute.
Cette prise de risque est cependant ce qui fait sa force. Une semaine seulement après sa mésaventure sur la Streif, le 1er février 2026, il a prouvé sa force mentale en remportant la descente de Crans-Montana. C’était sa cinquième victoire en Coupe du monde, la quatrième dans la discipline reine, confirmant qu’il est l’un des hommes les plus rapides de la planète.
Le podium pour Franzoni, Odermatt assure
Pendant que von Allmen se remettait de ses émotions, la bataille pour la victoire a fait rage. C’est finalement l’Italien Giovanni Franzoni qui a créé la surprise en s’imposant, signant une victoire de prestige sur la piste la plus difficile du circuit.
Le podium est complété par le leader incontesté de la Coupe du monde, le Suisse Marco Odermatt, qui prend une solide deuxième place, et par le Français Maxence Muzaton, auteur d’une magnifique performance pour s’offrir la troisième marche. Un podium de très haut niveau qui, comme le rapportent les agences de presse, vient conclure une journée riche en émotions.
En définitive, la descente de Kitzbühel 2026 restera dans les mémoires non seulement pour la victoire de Franzoni, mais surtout pour la démonstration de force et la frayeur de Franjo von Allmen. Il n’a pas gagné la course, mais il a rappelé à tous que le ski alpin de haut niveau est un spectacle total, un mélange d’engagement, de talent et d’une audace qui frôle parfois l’inconscience.
