Soulagement pour la planète grimpe : l’escalade continue à Oliana
La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe en décembre 2025 : un décret semblait bannir l’escalade de l’une des falaises les plus emblématiques du monde, Oliana, en Catalogne. Après des semaines d’incertitude et une mobilisation massive de la communauté, les autorités ont finalement clarifié la situation. Le verdict ? L’escalade n’est pas interdite. Un immense soulagement, même si l’avenir du site nécessite encore une vigilance partagée.
Retour sur un imbroglio qui a tenu en haleine tous les passionnés de verticalité, où se sont mêlés patrimoine mondial, performance sportive et dialogue institutionnel.
Le décret de la discorde : une interdiction tombée du ciel
Tout commence le 18 décembre 2025. Le Département de la Culture catalan publie un décret instaurant une zone de protection de 36 hectares autour du Roc del Rumbau. L’objectif affiché est de préserver des peintures rupestres classées au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.
Le texte, entré en vigueur dès le lendemain, est sans équivoque : « Les activités sportives impliquant l’escalade, le camping et l’allumage de feux sont interdites dans la zone archéologique ». La nouvelle, rapidement relayée par des médias spécialisés comme PlanetMountain, a provoqué une onde de choc. Et pour cause, cette décision mettait en péril plus d’une centaine de voies, dont certaines parmi les plus célèbres de la planète, comme la mythique « La Dura Dura » (9b+), libérée par Chris Sharma et Adam Ondra.
Une décision unilatérale et mal comprise
Ce qui a le plus surpris et inquiété la communauté, c’est le manque total de concertation. La décision a été prise sans consulter ni les grimpeurs, ni même la municipalité de Peramola, le village voisin, qui avait pourtant bénéficié de fonds européens pour développer le tourisme lié à l’escalade. Cette méthode a créé un sentiment d’injustice, d’autant qu’aucun incident ou dégradation des peintures lié à la pratique de l’escalade n’a jamais été rapporté.
La mobilisation exemplaire de la communauté de l’escalade
Face à cette menace, la réaction ne s’est pas fait attendre. Des figures emblématiques du sport se sont immédiatement mobilisées pour défendre l’accès à ce site légendaire. En première ligne, on retrouve l’Américain Chris Sharma, qui a largement contribué au développement d’Oliana, mais aussi des grimpeurs et ouvreurs de renom comme Patxi Usobiaga, Nicolas Durand et Victor Fernandez.
Leur objectif : ouvrir le dialogue avec les autorités pour trouver une solution raisonnable. Comme le soulignait à l’époque PlanetGrimpe, il s’agissait de défendre bien plus qu’un simple rocher, mais un véritable pan de l’histoire et de la culture de l’escalade moderne.
La réunion de la clarification : un dialogue enfin ouvert
Le point culminant de cette mobilisation a eu lieu le vendredi 23 janvier 2026. Une réunion décisive s’est tenue à la mairie de Peramola, rassemblant toutes les parties prenantes :
- Les représentants des grimpeurs (Sharma, Usobiaga, Durand, Fernandez).
- Les élus locaux.
- Des représentants de la fédération Climb Catalunya.
- Des membres du Département de la Culture catalan.
À l’issue des discussions, le message officiel, confirmé par des médias comme Climbing.com, fut un véritable soulagement : il n’y a aucune interdiction générale de l’escalade à Oliana. Les autorités ont reconnu qu’aucun impact négatif de la pratique sur les peintures n’avait été prouvé et que la cohabitation entre le sport et la préservation du patrimoine était tout à fait possible.
Quel avenir pour l’escalade à Oliana ?
Si la menace d’une interdiction totale est écartée, le dossier n’est pas complètement clos. La situation reste juridiquement complexe en raison des vices de procédure du décret initial. Des recours sont d’ailleurs possibles.
Vers des ajustements ciblés ?
Le dialogue désormais ouvert devrait permettre de trouver des solutions pérennes. Il est important de rappeler que des mesures de protection existent déjà depuis 2014, comme un grillage entourant la zone des peintures. Cependant, des ajustements futurs pourraient concerner une poignée de voies situées à proximité immédiate des vestiges archéologiques, notamment dans la partie gauche de la falaise. Des lignes aussi connues que « Mind Control » pourraient être concernées.
L’enjeu est de taille : trouver un équilibre durable pour que ce temple de la haute performance sportive reste accessible, tout en garantissant la protection d’un patrimoine culturel fragile et précieux. La communauté des grimpeurs a prouvé sa maturité et son attachement au site. Les autorités, de leur côté, ont montré une ouverture à la discussion. L’histoire d’Oliana est donc loin d’être terminée, et elle s’écrit désormais, espérons-le, sous le signe de la collaboration. Pour l’instant, une chose est sûre : les grimpeurs peuvent continuer à rêver devant les lignes infinies de la falaise catalane.
