Ski Alpin : La descente de Crans-Montana vire au cauchemar et s’arrête net
Ce qui devait être une fête du ski alpin sur la piste du Mont Lachaux s’est transformé en une véritable déroute. La descente dames de la Coupe du Monde à Crans-Montana a été annulée ce vendredi 30 janvier 2026, après une série de chutes spectaculaires et une météo devenue impraticable. La légende américaine Lindsey Vonn figure parmi les victimes, ravivant les inquiétudes à quelques jours des Jeux Olympiques.
La tension était palpable dès les premiers instants de la course. Dans une station encore endeuillée par une tragédie survenue au Nouvel An, le cœur n’était pas à la fête. Mais personne n’imaginait que le sport lui-même basculerait dans une telle angoisse. En l’espace de six départs seulement, la piste suisse a montré son visage le plus redoutable, poussant les organisateurs à prendre la seule décision qui s’imposait : tout arrêter.
Chronique d’une course maudite
Le scénario de cette descente a rapidement tourné au film catastrophe. Sur les six premières athlètes à s’élancer, trois ont lourdement chuté, semant la peur dans l’aire d’arrivée et parmi les spectateurs.
Des chutes en cascade
L’Autrichienne Nina Ortlieb, première à s’élancer, a donné le ton de manière involontaire en terminant sa course dans les filets de sécurité. Une première alerte qui a entraîné une longue interruption. À la reprise, le drame a continué. La Norvégienne Marte Monsen a subi une chute encore plus violente, détruisant les filets et nécessitant une évacuation par hélicoptère. Bien que sonnée, elle était heureusement consciente.
Mais le point culminant de cette série noire fut la chute de Lindsey Vonn. La star américaine, dossard numéro 6, s’est fait piéger à haute vitesse dans la compression du “Trou du Renard”, un passage technique redouté. Sa chute a glacé le sang de l’assistance. Restée un long moment au sol, elle a finalement pu se relever et redescendre sur ses skis, mais la douleur au genou gauche était visible.
La sécurité en question : une annulation inévitable
Face à ce bilan alarmant, la direction de course n’a eu d’autre choix que de stopper les frais. La décision, prise peu avant 11 heures, a été motivée par une combinaison de facteurs rendant la poursuite de l’épreuve impossible.
Une piste devenue trop dangereuse
Les multiples accidents ont mis en lumière la dangerosité de la piste dans ces conditions. Comme le rapporte Le Dauphiné Libéré, les interruptions successives et l’état de la neige ont rendu le tracé impraticable. La sécurité des athlètes, priorité absolue, ne pouvait plus être garantie.
Une météo exécrable
Pour ne rien arranger, le ciel s’en est mêlé. D’épaisses chutes de neige se sont abattues sur la station valaisanne aux alentours de 10h54, réduisant la visibilité à quasi néant. Skier à plus de 100 km/h dans de telles conditions relevait de l’inconscience. L’annulation était donc la seule issue raisonnable. Aucun point ne sera distribué, aucune gagnante ne sera désignée.
Lindsey Vonn : un rêve olympique en suspens
Toute l’attention se porte désormais sur Lindsey Vonn. À 41 ans, la championne olympique 2010 joue gros en cette fin de saison, avec les Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 (6-22 février) en ligne de mire. Cette blessure au genou gauche, survenue si près de l’échéance, est un coup terrible.
Hospitalisée pour des examens approfondis, l’Américaine a rapidement tenu à rassurer ses fans sur Instagram, avec un message combatif : “Mon rêve olympique n’est pas terminé”. Son entraîneur, le double champion olympique Aksel Lund Svindal, a confirmé qu’elle souffrait mais que les premiers tests étaient normaux. Les prochaines heures seront décisives pour connaître la nature exacte de sa blessure et ses chances de participer à ses derniers Jeux. Le site Sports.fr qualifie même la journée de “cauchemar” pour la championne.
Une ambiance pesante sur Crans-Montana
Cet événement sportif chaotique se déroule dans un contexte particulièrement lourd. La station est en deuil suite à une catastrophe ayant fait 40 morts et 116 blessés le soir du Nouvel An. Un “malaise” palpable, comme le souligne Le Monde, entourait le maintien de l’épreuve.
En signe de respect, les festivités habituelles ont été annulées, les athlètes portent des rubans noirs et un moment de recueillement est prévu dimanche, au son des cloches de la station. Cette journée noire sur les pistes ne fait qu’ajouter à la tristesse ambiante.
Le programme du week-end est maintenu mais modifié. Un super-G dames est prévu samedi, tandis que les hommes disputeront leur descente dimanche. Mais l’esprit de la compétition a été profondément marqué par les événements de ce vendredi. Une journée qui rappelle que dans les sports outdoor, la performance ne peut jamais se faire au détriment de la sécurité et que la montagne a toujours le dernier mot.
