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COP30 et Montagnes : L’appel de Greenpeace contre la résignation face au changement climatique

COP30 et Montagnes : L’appel de Greenpeace contre la résignation face au changement climatique

Le bruit des crampons sur un glacier millénaire, la sensation de glisse sur une neige fraîchement tombée, le panorama à couper le souffle depuis un sommet durement atteint… Ces expériences, au cœur de notre passion pour la montagne et les sports outdoor, sont aujourd’hui menacées. Alors que la COP30 s’ouvre à Belém, au Brésil, aux portes de l’Amazonie, un cri d’alarme et de mobilisation est lancé. Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, martèle un message essentiel : face à l’urgence climatique, il n’est « pas question de se résigner ». Un appel qui résonne particulièrement fort pour nous, amoureux des cimes, témoins en première ligne d’une nature qui change.

Urgence climatique : Le seuil de 1,5°C bientôt dépassé

Rappelez-vous l’Accord de Paris en 2015. Les nations du monde s’étaient fixé un objectif ambitieux : limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Aujourd’hui, le constat des scientifiques, notamment ceux du GIEC, est sans appel. Il est désormais « presque inévitable » de dépasser ce seuil critique.

Cette nouvelle peut sembler décourageante. Elle pourrait pousser au fatalisme, à l’idée que le combat est déjà perdu. C’est précisément contre cette idée que Jean-François Julliard s’insurge. Pour lui, baisser les bras est la pire des décisions.

Chaque dixième de degré : un combat vital pour nos montagnes

L’argument central du directeur de Greenpeace France est simple et puissant : « Chaque dixième de degrés compte ». Il explique qu’il faut « continuer de se battre pour ne pas dépasser les 1,7°C, 1,8°C ou les 2°C, car cela fait une différence en termes de dommages et du nombre de victimes qui peuvent être touchées par les catastrophes climatiques ».

Pour nous, pratiquants de sports de montagne, cette différence est tout sauf abstraite.

  • Un glacier qui recule plus ou moins vite, c’est un itinéraire d’alpinisme qui disparaît ou devient trop dangereux.
  • Une limite pluie-neige qui remonte de 100 ou 200 mètres, c’est la survie ou la disparition de stations de ski de basse et moyenne altitude.
  • Un dégel du permafrost plus ou moins prononcé, c’est un risque accru d’éboulements rocheux qui menacent les sentiers de randonnée et les refuges.

Le combat pour chaque fraction de degré est donc un combat pour la préservation de nos paysages, de nos passions et de notre sécurité en montagne.

De la parole aux actes : les exigences concrètes pour la COP30

Les sommets climatiques se suivent et, trop souvent, se ressemblent : de grandes déclarations, mais des actions qui peinent à suivre. Pour Jean-François Julliard, la COP30 doit être celle de « l’action et de la mise en œuvre ». Il est temps que les dirigeants mondiaux soient « à la hauteur des enjeux du moment ». Cela passe par des engagements forts et surtout, des plans clairs.

1. Planifier la sortie des énergies fossiles

La principale source du problème est connue : notre dépendance au pétrole, au gaz et au charbon. Greenpeace France réclame un engagement vers « une sortie des énergies fossiles planifiée ». Concrètement, cela signifie que les États doivent présenter un calendrier précis. « On attend qu’ils nous disent à quel moment, avec quel calendrier, à quelles échéances, on va pouvoir commencer à se débarrasser de notre consommation de pétrole de gaz et de charbon », détaille le directeur de Greenpeace France.

2. Stopper la déforestation, ici et maintenant

Le lieu de la COP30, Belém, est hautement symbolique. La ville est une porte d’entrée sur la forêt amazonienne. Sa destruction a des conséquences dramatiques sur la biodiversité et le climat mondial. Un « plan pour stopper la déforestation » est donc une autre exigence capitale. Protéger ces forêts est essentiel pour absorber le carbone et réguler les grands équilibres climatiques qui déterminent s’il neigera sur nos massifs l’hiver prochain.

3. Écouter et protéger les peuples autochtones

Dans ce combat pour la nature, certains peuples sont en première ligne. Jean-François Julliard le souligne avec force : « Les communautés locales, les peuples autochtones, portent les solutions ». Ils sont « les plus concernés et les plus à même de protéger leur territoire. » Leur savoir ancestral est une source d’inspiration et une part de la solution. Les protéger est un enjeu de justice climatique et d’efficacité. Pour en savoir plus, consultez les ressources de Greenpeace France.

Financement de la transition écologique : qui doit payer ?

Agir a un coût, et le financement est un point de blocage majeur. Pour le directeur de Greenpeace France, la solution est évidente : il faut aller chercher l’argent là où il se trouve. Il demande que « la France et les autres pays les plus développés » apportent « un soutien financier massif » aux pays en développement, plus vulnérables aux impacts du changement climatique.

Comment financer ce soutien ? « L’argent, il y en a, du côté des bénéfices générés par les industries les plus polluantes et notamment l’industrie des énergies fossiles », pointe-t-il. La proposition est claire : mettre en place « une taxe qui doit permettre de faire payer les principaux responsables ». Une logique du « pollueur-payeur » pour financer la transition écologique mondiale.

Conclusion : La montagne nous appelle à l’action

Le message de Jean-François Julliard à l’aube de la COP30 est un appel à la lucidité et au courage. Non, tout n’est pas perdu. Pour la communauté des passionnés de montagne, cet appel a une résonance particulière. Nous sommes les sentinelles d’un monde qui change.

Continuer à profiter de nos montagnes demain dépend des décisions courageuses prises aujourd’hui. La résignation est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. L’heure est à l’engagement pour que notre planète reste un lieu de vie et d’émerveillement. Le combat pour le climat est aussi un combat pour la montagne.

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