Clément Noël face au doute à Kitzbühel : « Je ne suis pas à mon meilleur niveau »
Le slalom de Kitzbühel, épreuve mythique du circuit de la Coupe du monde de ski alpin, a laissé un goût amer à l’équipe de France. Malgré des signes encourageants, Clément Noël, leader des Bleus, termine à une frustrante 8e place. Entre analyse lucide de sa performance et projection vers les prochains grands rendez-vous, le champion olympique se livre sans détour. Une journée compliquée pour le clan tricolore, qui voit s’approcher à grands pas l’échéance des Jeux Olympiques.
Kitzbühel : un podium qui échappe aux Bleus
La tension était palpable ce 25 janvier 2026 sur la redoutable piste de la Ganslern. Sous les acclamations de son public, l’Autrichien Manuel Feller a survolé la course, s’imposant avec une maîtrise impressionnante. Il devance le Suisse Loïc Meillard et l’Allemand Linus Strasser, laissant les autres compétiteurs loin derrière.
Côté français, les espoirs reposaient en grande partie sur les épaules de Clément Noël. Vainqueur ici même en 2019, le Vosgien avait à cœur de briller. Malheureusement, la magie n’a pas totalement opéré cette fois-ci.
La course de Clément Noël : un bilan en demi-teinte
Septième à l’issue d’une première manche solide mais manquant d’engagement, Clément Noël n’a pas réussi à inverser la tendance sur le second tracé. Malgré une volonté évidente de hausser le ton, quelques erreurs techniques l’ont empêché de libérer pleinement son ski. Il termine finalement au 8e rang, à 82 centièmes du vainqueur.
Ce résultat, bien qu’honorable, n’est pas à la hauteur des ambitions du champion olympique en titre. Il confirme une période de forme en retrait pour les slalomeurs français, après des performances déjà mitigées à Adelboden et Wengen.
Les réactions des skieurs français : entre déception et combativité
Au-delà des résultats bruts, ce sont les analyses des athlètes qui éclairent la situation de l’équipe de France. Chacun repart de Kitzbühel avec ses propres défis à relever.
Clément Noël : « Aujourd’hui, je n’ai pas mes meilleures armes »
Lucide et honnête, Clément Noël n’a pas cherché d’excuses au micro. Il reconnaît traverser une passe compliquée, où la confiance et l’intensité lui font défaut pour rivaliser avec les tout meilleurs.
« Il y a peut-être un peu plus de bonnes choses que sur les deux derniers slaloms. […] En deuxième [manche], j’avais justement cette intensité qui est revenue, je pense que je ne suis pas trop mal parti. Je fais quelques erreurs qui me coûtent cher. […] Aujourd’hui, je n’ai pas mes meilleures armes, je ne suis pas à mon meilleur niveau, j’en suis conscient, mais je vais tout faire pour retrouver cette confiance-là et pouvoir m’engager pleinement sur deux manches sans erreur. On va essayer dès mercredi soir à Schladming. » (Le Dauphiné Libéré)
Cette déclaration montre un athlète conscient de ses lacunes actuelles mais résolument tourné vers l’avenir, avec la volonté de trouver les clés pour rebondir.
Paco Rassat, la promesse d’un rebond
Pour Paco Rassat, la journée est également source de frustration. 9e de la première manche, il pouvait espérer un excellent résultat. Malheureusement, des fautes sur le second parcours le relèguent à la 14e place.
« C’est une journée mitigée. Le bilan, c’est qu’il y a du bon ski mais je commets aussi des erreurs qui ne me permettent pas de jouer devant aujourd’hui. […] Le ski est toujours là et il n’est pas parti en deux semaines donc il reste encore une belle cartouche à jouer mercredi soir et je compte bien la jouer à fond. » (Sport365)
Comme son leader, Rassat se projette déjà sur la suite, déterminé à concrétiser son potentiel.
Victor Muffat-Jeandet, l’incertitude olympique
La déception est encore plus profonde pour Victor Muffat-Jeandet. 18e de la course, le skieur expérimenté est surtout préoccupé par sa sélection pour les Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Affaibli physiquement, il vit mal l’incertitude liée à la réduction des quotas pour l’équipe de France.
« Ce qui est frustrant, c’est d’être dans le flou. […] C’est sûr que je ne sais pas du tout si je vais courir aux Jeux Olympiques, bien que je sois 13e mondial actuellement en slalom. […] Si je ne vais pas aux JO, pour moi ça voudra dire que les Jeux perdent énormément de leur prestige sportif. […] Je pense avoir mérité ma place parmi les meilleurs slalomeurs français, mais malheureusement, le règlement va en décider autrement. » (Vosges Télévision)
Une situation difficile qui ajoute une pression supplémentaire sur les épaules de l’athlète.
Prochain rendez-vous : Schladming, le test ultime avant les Jeux
L’heure n’est pas à la lamentation pour les Bleus. Dès mercredi, ils ont l’occasion de se racheter lors du prestigieux slalom nocturne de Schladming, en Autriche. Cette course sera la dernière répétition générale avant le grand rendez-vous des JO de Milan-Cortina (6-22 février 2026).
Pour Clément Noël, ce sera l’opportunité de retrouver l’intensité qui lui manque. Pour ses coéquipiers, l’enjeu sera de réaliser une performance de premier plan pour marquer les esprits et, pour certains, valider leur ticket pour les Jeux. Une soirée qui s’annonce donc cruciale pour l’avenir du slalom français.
