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Chris Sharma : le top 5 des voies de deep-water solo les plus extrêmes au monde

Chris Sharma révèle : le top 5 des voies de deep-water solo les plus extrêmes au monde

L’escalade au-dessus de l’eau, ou psicobloc, a un maître incontesté : Chris Sharma. Récemment, avec la sortie de la vidéo de son dernier exploit, « Vision Quest », la légende américaine a partagé sa liste personnelle des cinq voies de deep-water solo (DWS) les plus difficiles jamais gravies. Sans surprise, il les a toutes ouvertes lui-même sur les falaises de Majorque. Plongez avec nous à la découverte de ces lignes mythiques qui repoussent les limites de l’escalade.

Le psicobloc, un engagement total

Avant d’explorer ces chefs-d’œuvre, il est essentiel de comprendre ce qu’est le deep-water solo. Imaginez grimper des parois vertigineuses, parfois hautes de plus de 20 mètres, sans aucune corde pour vous retenir. Votre seule sécurité ? L’eau profonde qui vous attend en contrebas.

Cette discipline, aussi appelée psicobloc, exige bien plus que de la force physique. Elle demande un contrôle mental absolu, une gestion du stress et un engagement de tous les instants. Chaque mouvement est un pari, chaque chute un plongeon spectaculaire et parfois violent. Chris Sharma, pionnier de la discipline, a passé plus de vingt ans à explorer le potentiel des falaises de Majorque, transformant cette pratique en un véritable art.

Les 5 voies qui ont marqué l’histoire

Avec la sortie de son film sur « Vision Quest », Sharma a officiellement désigné ce qu’il considère comme le panthéon du DWS. Comme le rapporte PlanetGrimpe, ces cinq voies représentent le summum de la difficulté.

1. « Es Pontas » (9a) – L’icône intemporelle (2006)

Plus qu’une voie, « Es Pontas » est un monument. Cette arche de calcaire spectaculaire, isolée en pleine mer, est devenue le symbole du psicobloc moderne. En 2006, Chris Sharma y a réalisé une ascension qui a changé la face de l’escalade.

Le moment clé de la voie est un jeté (un saut dynamique) d’une amplitude incroyable, réalisé à plus de 10 mètres au-dessus des vagues. Un mouvement d’une explosivité folle qui a nécessité des dizaines de tentatives et de chutes. Immortalisée dans le film culte King Lines, cette performance a révélé le DWS au grand public. Pour beaucoup, « Es Pontas » reste le plus dur deep water solo au monde, non seulement pour sa difficulté brute, mais aussi pour son engagement psychologique.

  • Répétitions notables : Jernej Kruder (2016) et Jan Hoyer (2018).

2. « Alasha » (9a) – La quête personnelle (2016)

Dix ans s’écoulent avant que Sharma ne dévoile un projet d’une envergure similaire. « Alasha », nommée en l’honneur de sa fille, est le fruit de cinq années de travail acharné. La voie se décompose en deux parties : une première section déjà très difficile, suivie d’un pas de bloc (le “crux”) estimé à 8B, un niveau de difficulté extrême même à quelques centimètres du sol.

Ici, le défi est autant physique que mental. Sharma a confié avoir subi des chutes terrifiantes de plus de 20 mètres en travaillant les mouvements. L’ascension réussie par l’Autrichien Jakob Schubert a confirmé le statut légendaire de la voie, la plaçant parmi les plus exigeantes de la planète.

3. « Big Fish » (9a) – L’endurance à 20 mètres de haut (2017)

Un an seulement après « Alasha », Sharma frappe encore avec « Big Fish ». Située près de Port de Sóller, cette ligne est un monstre de continuité. Le crux, ou passage le plus difficile, se situe à près de 20 mètres au-dessus de la mer, à un point où la fatigue a déjà bien entamé les réserves du grimpeur.

Sharma la décrit comme l’une des voies les plus esthétiques et les plus impressionnantes qu’il ait jamais gravies. Le grimpeur slovène Jernej Kruder, l’un des rares répétiteurs, a raconté comment les conditions parfaites et une confiance totale lui ont permis de vaincre cette ligne majeure, après un échec l’année précédente tout près du sommet.

4. « Black Pearl » (9a+) – Le nouveau monstre de puissance (2023)

Avec « Black Pearl », Chris Sharma a, une fois de plus, repoussé ses propres limites. Il la considère comme sa voie de DWS la plus difficile à ce jour. La ligne est un véritable marathon de 40 mètres qui se décompose ainsi :
* Une première section exigeante.
* Un repos précaire pour tenter de récupérer.
* Un crux de 15 mouvements qui se termine par un jeté sur une prise minuscule.
* Une dernière section soutenue pour atteindre le sommet.

Selon Fanatic-Climbing, Chris Sharma a libéré avec Black Pearl sa voie DWS la plus difficile. Il la juge d’un niveau comparable à « Es Pontas » et « Alasha », voire “un peu plus dure”. Une prouesse qui témoigne de son incroyable longévité au plus haut niveau.

5. « Vision Quest » (9a/+) – L’aboutissement d’une vie (2024)

Le dernier joyau de la couronne. « Vision Quest » est le résultat de plus de 20 ans d’exploration des côtes majorquines. Sharma a consacré plus de 30 jours, étalés sur six mois, pour venir à bout de ce projet titanesque.

La voie comporte un crux extrêmement difficile au départ, suivi de 28 mouvements physiques et continus. Les chutes y sont particulièrement violentes, Sharma se souvenant d’un vol de 10 mètres où il est retombé à plat sur le dos. Loin de l’image d’une escalade de vacances, il insiste sur l’intensité du processus : “C’est beau, fun, mais c’est aussi un travail intense, exigeant… surtout en décembre !”.

Chris Sharma, le roi incontesté du psicobloc

Ce qui rend cette liste si spéciale, c’est qu’elle est l’œuvre d’un seul homme. Chris Sharma n’a pas seulement gravi les voies de deep-water solo les plus difficiles ; il les a imaginées, découvertes et équipées mentalement, repoussant sans cesse les frontières du possible.

Chacune de ces cinq lignes raconte une histoire, celle d’un athlète visionnaire qui a dédié sa vie à trouver les parois les plus pures et les plus inspirantes. En partageant cette liste, il ne fait pas qu’établir un classement : il nous invite à rêver et à comprendre l’essence même de l’escalade, un mélange d’engagement, de nature et de dépassement de soi.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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