mardi, février 10, 2026
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Cette salle d’escalade attire les meilleurs grimpeurs du monde : « L’aboutissement d’un rêve »

Baptisée la Cime, la salle d’escalade située près de Troyes (Aube) a accueilli cette semaine les équipes de France et du Japon, deux grandes nations de la grimpe, pour un stage d’entraînement. Des champions d’escalade attirés par cette infrastructure aux dimensions impressionnantes.

“C’est l’aboutissement d’un rêve d’accueillir ici le Japon, la meilleure équipe d’escalade du monde, confie Gilles Lerondel, le président du club d’escalade Dévers Troyes Aube. On est en contact avec eux depuis 2018, depuis le début du projet.” Conçu dès le départ pour accueillir des compétitions internationales, le complexe international multisport et escalade (Cime) avait reçu les équipes de Chine et d’Afrique du Sud lors de leur préparation aux JO de Paris.

Depuis l’ouverture de la salle en juin 2023, la délégation française aussi s’y entraîne régulièrement, “au moins trois fois par an”, selon Gilles Lerondel. Mais c’est la première fois que le complexe situé à Rosières-près-Troyes accueillait les grimpeurs japonais, du dimanche 4 au jeudi 8 janvier.

Sur les murs de la Cime, le niveau et l’agilité des grimpeurs impressionnent. Côté japonais, l’équipe compte 24 athlètes, dont Sorato Anraku, vice-champion olympique et champion du monde, et Ryusei Hamada, double champion du monde jeune. Ils ont partagé les prises avec 20 grimpeurs français, parmi lesquels Oriane Bertone, Zélia Avezou et son frère Sam, tous trois représentant la France aux derniers Jeux Olympiques.

“Parmi les meilleures installations du monde”

En cette période d’intersaison, c’est l’occasion aussi pour les deux parties de se jauger. “La France est à la fois un rival et un coéquipier, en compétition avec nous pour le championnat du monde, observe l’entraîneur en chef de la délégation japonaise, Yasui Hiroshi, ravi de ces quelques jours en terre auboise. Grâce à l’hospitalité et à la compréhension de tous, nous avons pu effectuer un entraînement de haut niveau. Les installations intérieures de Troyes figurent parmi les meilleures au monde.”

Les Japonais ont notamment été impressionnés par la taille de la salle qui avoisine les 6 300 m2. Le mur de difficulté culmine à 18 mètres de hauteur avec un dévers de 8,50 mètres. Deux murs de vitesse, une large zone de bloc et un espace d’échauffement complètent l’offre. “Il y a très peu d’endroits où l’on peut faire ce type de stage, car souvent, dans de nombreuses structures internationales, le mur de difficulté est à l’extérieur, souligne Gilles Lerondel. Ici, nous proposons en intérieur les trois disciplines de l’escalade : la difficulté, le bloc et la vitesse.”

Quatre ouvreurs internationaux

Au-delà des murs, ce qui fait la différence, c’est l’ouverture des voies, l’art d’installer les prises pour en faire des chemins de grimpe intéressants. Le club a recruté en juin 2024 Kaito Watanabe, ancien membre de l’équipe japonaise et ouvreur international pour créer des voies à la fois exigeantes et précises. Épaulé par trois autres ouvreurs internationaux, il lui a fallu quatre jours pour préparer ce stage.

Cette connexion japonaise tient également aux liens personnels du responsable de Dévers Troyes Aube. Marié à une Japonaise très impliquée dans le club troyen, Gilles Lerondel a vécu deux ans au Japon, même s’il admet ne pas maîtriser la langue. Ses trois filles, Saula, Meije et Amie, toutes trois franco-japonaises et membres de l’équipe de France, parlent japonais et se rendent régulièrement là-bas. “Cela facilite énormément les échanges, c’est sûr, surtout pour un pays comme le Japon qui a une culture assez forte, explique-t-il, il y a certains codes pour communiquer, même si les Japonais sont très enclins à aller vers les personnes étrangères.”

Deux compétitions à venir

Le club espère réitérer ce type de stage dès l’an prochain. “L’équipe du Japon, impressionnée par la salle et la qualité des ouvertures, a promis de revenir, assure-t-il. Peut-être à la même époque. Entre les deux saisons, c’est l’idéal. Et pourquoi ne pas ouvrir la partie simulation de compétition à d’autres pays, cela pourrait être intéressant aussi.”

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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