Un exploit monumental : Jorge Díaz-Rullo enchaîne Café Colombia
Le monde de l’escalade est en ébullition. Le 13 mars 2026, le grimpeur espagnol Jorge Díaz-Rullo a marqué l’histoire en réalisant la première ascension de son projet de longue date : Café Colombia. Située dans le secteur mythique de Racó de la Finestra à Margalef, en Espagne, cette voie représente un nouveau sommet de la difficulté. Après cinq années d’un travail acharné, l’athlète de 27 ans propose une cotation qui donne le vertige : 9c serré. Si elle est confirmée, cette performance le propulserait dans le cercle très fermé des grimpeurs ayant atteint ce niveau, considéré comme la limite actuelle des capacités humaines.
Un projet titanesque à Margalef
Pour comprendre l’ampleur de l’exploit, il faut visualiser la voie. Imaginez un mur de 30 mètres, si raide qu’il penche à 45 degrés. Sur cette paroi déversante, une quarantaine de mouvements explosifs s’enchaînent sur des prises minuscules, exigeant une combinaison parfaite de force, de résistance et de précision. C’est le défi que représente Café Colombia.
Depuis 2021, Jorge Díaz-Rullo a consacré une énergie colossale à ce projet. Au total, ce sont près de 240 séances, des centaines de jours passés au pied de la falaise à déchiffrer chaque mouvement, à tomber et à se relever. Un investissement physique et mental hors norme, qui a finalement payé lors de cette journée de mars, sous le regard de son assureuse Mariana Fierro. Dans une courte vidéo partagée sur ses réseaux, il décrit cette ascension comme ‘les quatre minutes d’escalade de sa vie’.
9c, le grade ultime de l’escalade moderne
En escalade, la cotation 9c représente le summum de la difficulté. Avant Café Colombia, seules quatre voies dans le monde avaient été proposées à ce niveau :
- Silence, par Adam Ondra en 2017
- DNA, par Seb Bouin en 2022
- BIG, par Jakob Schubert en 2023
- Duality of Man, par Vadim Timonov en 2024
Aucune de ces voies n’a encore été répétée. L’ascension de Jorge Díaz-Rullo pourrait donc ajouter une cinquième ligne à cette liste légendaire. Le grimpeur a prudemment avancé un ‘9c serré’, suggérant qu’il se situe dans le haut de la cotation. Certains outils de calcul, comme le Darth Grader, estiment même que la voie pourrait atteindre le 9c+, un territoire encore inexploré.
Qui est Jorge Díaz-Rullo ? Portrait d’un prodige
Ceux qui suivent l’actualité de l’escalade connaissent bien son nom. Né en 1999, Jorge Díaz-Rullo s’est imposé comme l’un des falaisistes les plus talentueux de sa génération. Son palmarès est impressionnant : quatre voies en 9b+, dix en 9b, et plus d’une centaine de voies dans le neuvième degré. Il est connu pour sa capacité à enchaîner les performances à un rythme effréné.
Pourtant, Café Colombia marque un tournant. Alors qu’il est habitué à réaliser des croix rapidement, il a dû faire preuve d’une patience et d’une obstination sans faille pendant cinq ans. Cette persévérance sur un projet d’une telle envergure prouve non seulement son talent exceptionnel, mais aussi sa maturité en tant qu’athlète de haut niveau.
L’histoire et les secrets de ‘Café Colombia’
La voie a été initialement équipée par le grimpeur colombien Anghelo Bernal Quintero, d’où son nom. Avant que Jorge ne la libère, elle avait déjà attiré l’attention de l’élite mondiale. Des légendes comme Chris Sharma, Alex Megos et Stefano Ghisolfi ont tous posé leurs doigts sur ses prises, sans parvenir à enchaîner les sections les plus dures.
Le grimpeur britannique Buster Martin, un habitué de Margalef, décrit un style ‘brutal et spécifique’, avec des trous nécessitant des doigts très fins. Pour apprivoiser ce monstre, Jorge a d’abord travaillé la voie par sections, réalisant des variantes plus courtes comme Café Solo (9b) en 2021. Cette approche méthodique lui a permis de construire la confiance et la condition physique nécessaires pour l’enchaînement final.
Et maintenant ? L’attente de la confirmation
En escalade, une cotation proposée par le premier ascensionniste doit être confirmée par de futurs répétiteurs. Jorge Díaz-Rullo se montre humble face à cette tradition. ‘Au-delà de la cotation, ce qui me rend vraiment heureux, c’est d’avoir réussi un tel exploit’, a-t-il déclaré. ‘Je suis maintenant impatient de voir de futures répétitions et d’écouter ce que d’autres grimpeurs pensent de la cotation.’
Le monde de la grimpe attend avec impatience le film complet de l’ascension, qui devrait offrir des images spectaculaires de cet exploit. En attendant, la performance de Jorge Díaz-Rullo reste une source d’inspiration immense. Elle repousse les limites de ce que l’on pensait possible et prouve qu’avec de la vision et une détermination sans faille, les rêves les plus audacieux peuvent devenir réalité.
