Barkley Marathons 2026 : Aucun survivant, mais un Français au sommet de la “Fun Run”
La Barkley Marathons a encore une fois tenu sa réputation de course la plus dure au monde. Pour la deuxième année consécutive, aucun des 40 athlètes au départ n’a réussi à boucler les cinq tours infernaux. Pourtant, dans ce chaos organisé, un Français, Sébastien Raichon, a su tirer son épingle du jeu. On vous raconte cette édition 2026, où suivre l’épreuve est presque aussi difficile que d’y participer.
Une course conçue pour être impossible ?
Imaginez une course sans GPS, sans sentier balisé, où vous devez vous orienter avec une carte et une boussole. Ajoutez à cela un dénivelé positif équivalent à deux fois l’ascension de l’Everest. Vous obtenez la Barkley Marathons, une épreuve si secrète que même sa date de départ est une surprise.
Cette année, le créateur de la course, le malicieux Lazarus Lake, a décidé d’avancer le départ d’un mois. Le coup d’envoi a été donné le 14 février 2026, dans le parc de Frozen Head, au Tennessee. L’objectif ? Exposer les coureurs à des conditions météo encore plus rudes.
Pari réussi. La pluie, un brouillard épais et un froid humide se sont invités, transformant le parcours en un véritable piège. Le résultat est sans appel : sur les 40 partants, seuls 12 ont terminé la première boucle dans les temps. Et au final, pour la 26ème fois depuis sa création, personne n’a terminé la course.
Le concept unique de la Barkley
Pour comprendre la difficulté, il faut saisir le concept :
* Cinq boucles d’environ 32 kilomètres chacune à réaliser en moins de 60 heures.
* Orientation à l’ancienne : pas d’aide technologique, juste une carte et le sens de l’orientation.
* Des livres comme preuves : les coureurs doivent trouver des livres cachés sur le parcours et arracher la page correspondant à leur numéro de dossard pour prouver leur passage.
Ce format unique, combiné au secret qui l’entoure, en fait un événement à part dans le monde de l’ultra-trail.
Comment suivre une course presque invisible ?
L’une des grandes questions chaque année est : comment suivre la Barkley Marathons 2026 ? Lazarus Lake cultive le mystère. Il n’y a pas de diffusion en direct, pas de liste officielle des participants et très peu de communication.
Pour les passionnés, le suivi ressemble à un jeu de piste. Voici les meilleures sources pour glaner des informations :
- Le hashtag #BM100 sur Twitter (X) : C’est le point de ralliement de la communauté.
- Keith Dunn : Considéré comme le chroniqueur non officiel de la course, son compte Twitter est la source la plus fiable pour avoir des nouvelles fraîches du terrain.
- Les pages de fans : Des groupes sur les réseaux sociaux, comme “les français de la Barkley”, partagent et analysent la moindre information qui filtre.
Suivre la Barkley, c’est accepter de ne pas tout savoir, de vivre au rythme des rumeurs et des quelques messages qui émergent de la forêt du Tennessee.
Les Français face au monstre : entre espoir et réalité
Cette année, les espoirs français étaient grands. Cinq coureurs “à l’accent français” auraient été repérés sur la ligne de départ. Parmi eux, des noms très attendus.
Mathieu Blanchard, vainqueur de la Diagonale des Fous 2024 et de la Barkley Fall Classic 2025, faisait figure de favori. Son expérience et sa préparation laissaient espérer une grande performance. Malheureusement, la dureté de l’épreuve l’a rattrapé, le forçant à l’abandon.
Aurélien Sanchez, premier et unique vainqueur français de l’épreuve en 2023, était également de retour. Sa présence témoignait de l’attraction magnétique de cette course, même pour ceux qui l’ont déjà domptée.
Sébastien Raichon, la performance française de 2026
Alors que les abandons se multipliaient, un homme a porté haut les couleurs de la France : Sébastien Raichon. Récent vainqueur de la redoutable Spine Race, il a prouvé sa force mentale et physique.
Sébastien n’a pas terminé les cinq boucles, mais il a accompli un exploit immense. Il est le seul et unique coureur de cette édition à avoir terminé la “Fun Run”.
Qu’est-ce que la “Fun Run” ? C’est le nom donné au fait de réussir à boucler trois tours du parcours en moins de 40 heures. Sébastien Raichon a franchi la ligne en 38 heures, 5 minutes et 46 secondes, une performance exceptionnelle qui le place comme le grand gagnant moral de cette édition 2026.
Une légende qui ne cesse de grandir
Encore une fois, la Barkley Marathons a prouvé qu’elle était plus qu’une course. C’est un défi à l’endurance humaine, une aventure où le palmarès ne garantit rien. L’échec de grands noms comme Mathieu Blanchard et le fait qu’aucun athlète n’ait pu voir le bout du tunnel le rappellent cruellement.
La performance de Sébastien Raichon apporte une lueur d’espoir et de fierté, montrant que même face à l’impossible, il y a de la place pour l’exploit. Le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, avec une question qui restera en suspens : qui osera défier à nouveau le monstre créé par Lazarus Lake ?
