Alex Megos confirme le 9b de « Le Bruit de l’Acid » à Claret
Le monde de l’escalade de haut niveau est en effervescence. L’allemand Alex Megos, l’un des grimpeurs les plus forts de la planète, vient de réaliser la première répétition de « Le Bruit de l’Acid » à Claret, dans le sud de la France. En enchaînant cette voie, il confirme la cotation de 9b proposée par son jeune ouvreur, le talentueux français Jules Marchaland. Une nouvelle qui propulse à la fois le grimpeur et la falaise sur le devant de la scène internationale.
La confirmation d’un nouveau 9b français
Lorsqu’un jeune grimpeur ouvre une voie d’une difficulté aussi extrême, la proposition de cotation est toujours un moment délicat. Elle repose sur sa seule expérience. La venue d’un athlète du calibre d’Alex Megos, âgé de 32 ans, est donc un événement crucial. Son verdict fait office de validation officielle par la communauté. En réussissant l’ascension, Megos ne fait pas que signer une nouvelle performance de classe mondiale ; il légitime le travail et la vision de Jules Marchaland.
Cette répétition, immortalisée par le photographe Sam Bié, met un coup de projecteur sur Claret. Ce spot, situé à une trentaine de kilomètres au nord de Montpellier, était jusqu’à présent connu des locaux pour son calcaire technique et ses voies verticales, mais restait en dehors des circuits internationaux. Avec ce 9b confirmé, Claret entre dans une nouvelle dimension.
Jules Marchaland, l’ouvreur qui entre dans la cour des grands
À seulement 23 ans, Jules Marchaland signe ici une performance qui marque un tournant dans sa carrière. Équiper et libérer une voie de ce niveau est un accomplissement majeur. « Le Bruit de l’Acid » est le fruit d’un investissement total. Il lui aura fallu une dizaine de jours de travail acharné pour venir à bout de ce projet, comme le rapporte le magazine Lacrux.
La voie se caractérise par un passage clé particulièrement exigeant : un mouvement dynamique d’une ampleur exceptionnelle, un « mega-dyno », pour atteindre une prise en pincement salvatrice. Un crux qui a repoussé Jules dans ses retranchements, lui coûtant plus de vingt chutes. Cette persévérance a payé, offrant à la France une nouvelle voie de référence dans le neuvième degré.
Alex Megos, le récidiviste des voies extrêmes
Si la confirmation de Alex Megos a tant de poids, c’est que son palmarès parle pour lui. L’Allemand n’est pas un nouveau venu dans le monde de l’escalade de très haut niveau. Sa carrière est jalonnée de réalisations qui ont marqué l’histoire de la discipline. Il est l’un des rares grimpeurs au monde à avoir enchaîné plusieurs voies cotées 9b+.
Parmi ses croix les plus emblématiques, on peut citer :
- Perfecto Mundo (9b+) à Margalef, une voie mythique qu’il a été le premier à répéter.
- Bibliographie (9b+) à Céüse, qu’il a libérée en 2020.
- Change (9b+) à Flatanger, la première voie de ce niveau au monde, qu’il a répétée en seulement cinq sessions.
- First Round First Minute (9b), une autre ligne majeure de Chris Sharma qu’il a rapidement cochée.
Plus récemment, il ajoutait Move (9b/+) à son tableau de chasse en Norvège. Chaque ascension de Megos est une démonstration de force et de technique. Sa capacité à répéter rapidement les voies les plus dures du monde fait de lui une référence incontournable pour l’étalonnage des cotations extrêmes.
Claret, un spot au potentiel révélé
Jusqu’à présent, la falaise de Claret culminait avec « Guère d’Usure », un 9a ouvert par une autre pointure française, Seb Bouin, en 2022. L’arrivée de « Le Bruit de l’Acid » change radicalement la donne. La présence d’une voie en 9b attire inévitablement les meilleurs grimpeurs du monde, curieux de se mesurer à cette nouvelle ligne de référence.
Ce développement pourrait transformer ce spot tranquille en une destination prisée pour l’escalade de haut niveau. Le calcaire vertical et technique de Claret offre un style d’escalade différent de celui d’autres falaises majeures, ce qui pourrait séduire de nombreux athlètes. La performance de Jules Marchaland, validée par Alex Megos, est donc bien plus qu’une simple ligne dans un topo : c’est une invitation lancée à l’élite mondiale de l’escalade.
Conclusion : Un passage de flambeau ?
Cette histoire est celle d’une rencontre au sommet entre deux générations. D’un côté, un jeune grimpeur français audacieux qui repousse ses limites et ose proposer une cotation ambitieuse. De l’autre, une légende établie qui, par sa performance, adoube son successeur potentiel. La confirmation de « Le Bruit de l’Acid » est une excellente nouvelle pour l’escalade française, qui prouve une fois de plus sa vitalité et la profondeur de son vivier de talents.
Pour Jules Marchaland, c’est une reconnaissance qui le place parmi les meilleurs grimpeurs du monde. Pour Claret, c’est le début d’une nouvelle ère. Et pour l’escalade, c’est la preuve que l’exploration des limites de la difficulté est une aventure qui se réinvente sans cesse, portée par la passion et la détermination de grimpeurs d’exception.
