Alex Honnold au sommet du Taipei 101 : les coulisses d’un solo intégral historique
C’est un exploit qui semblait tout droit sorti d’un film. Et pour cause, il a été diffusé en direct dans le monde entier. Dans la nuit du 25 janvier 2026, l’Américain Alex Honnold, 40 ans, a gravi sans aucune corde les 508 mètres du gratte-ciel Taipei 101. Une performance qui redéfinit les limites de l’escalade urbaine et qui a tenu des millions de spectateurs en haleine.
Initialement prévue 24 heures plus tôt, l’ascension avait été reportée à cause d’une météo capricieuse, ajoutant une couche de tension supplémentaire à un projet déjà hors norme [1] woguclimbing.com. Mais une fois le feu vert donné, rien ne pouvait plus arrêter le grimpeur le plus célèbre de sa génération.
Une ascension millimétrée suivie en direct
Peu après 6 heures du matin, heure locale, Alex Honnold a posé les mains sur la façade de verre et d’acier du géant taïwanais. Le monde entier a pu suivre chaque mouvement grâce à l’émission “Skyscraper Live” de Netflix. Équipé d’un micro et d’une caméra, le grimpeur est resté connecté à son équipe, partageant ses sensations tout au long de sa progression vertigineuse.
L’ascension a duré précisément 1 heure, 31 minutes et 34 secondes, un temps quasi identique à ses prévisions, comme le confirme la vidéo officielle de l’événement [7] youtube.com. Pendant ces 91 minutes, des millions de personnes ont retenu leur souffle, à commencer par sa femme, Sanni McCandless, qui confiait au départ essayer de « rester calme et profiter du moment ».
Un défi technique et mental
Grimper un gratte-ciel n’est pas une mince affaire. La difficulté de la voie était estimée à 6c, un niveau bien inférieur à ce que Honnold peut grimper en falaise. Cependant, la nature de l’exercice changeait complètement la donne.
- Des prises minimalistes : La façade métallique offrait peu d’aspérités franches.
- Une exposition constante : Le moindre faux pas était interdit, avec 508 mètres de vide sous ses chaussons.
- Le vent : Un facteur imprévisible qui peut déstabiliser le grimpeur à tout moment.
- La pression médiatique : Grimper sous les yeux du monde entier ajoute une charge mentale considérable.
Au sommet, visiblement fatigué mais soulagé, il a simplement confié : « Je suis vraiment content… et assez fatigué. La fin était très physique, mes bras commençaient vraiment à tirer. »
Le plus grand solo urbain de l’histoire
Avec cette performance, Alex Honnold ne s’est pas contenté de réussir un projet personnel. Il a tout simplement signé le plus grand solo urbain jamais réalisé. Il surpasse ainsi une autre légende de la discipline, le Français Alain Robert.
Si Alain Robert avait déjà gravi le Taipei 101 en 2004, c’était avec des cordes [4] desnivel.com. Il détient toujours le record du plus haut bâtiment du monde, le Burj Khalifa (828 m), mais cette ascension était également assurée. Le solo intégral de Honnold sur une telle hauteur est donc une première historique.
Un moment marquant au cœur de l’ascension
L’un des passages les plus mémorables de la montée fut l’arrivée de Honnold au pied des “dragons” décoratifs de la tour. Face à un groupe d’enfants qui l’encourageaient de l’autre côté de la vitre, le grimpeur a pris un instant pour interagir avec eux, plaisantant sur leur usage intensif des téléphones.
Ce bref moment de légèreté, au milieu d’une tension extrême, a montré un Honnold maître de ses émotions, capable de gérer l’effort surhumain tout en restant connecté au monde qui l’entourait.
Un événement qui fait débat
Un tel exploit ne vient pas sans son lot de questions. La diffusion en direct sur Netflix, pour laquelle la plateforme aurait payé environ 500 000 dollars, a suscité des débats [2] as.com. Est-ce du sport ? Du spectacle ?
Certains ont critiqué la prise de risque d’un père de famille devenu une icône mondiale. D’autres ont salué une performance qui met en lumière l’escalade auprès du grand public. La direction du bâtiment a, quant à elle, mis en garde contre les tentatives d’imitation, plusieurs personnes ayant déjà essayé de reproduire l’exploit, sans succès et avec un danger extrême [5] sdpnoticias.com.
Pour Honnold, la motivation était simple : une opportunité unique de grimper une structure iconique, avec une autorisation officielle. Une partie de ses revenus est d’ailleurs reversée à sa fondation, la Honnold Foundation, qui promeut l’accès à l’énergie solaire.
L’inspiration comme message final
Quoi qu’on en pense, le solo intégral du Taipei 101 restera un moment marquant de l’histoire du sport. Comme l’a expliqué Alex Honnold lui-même, l’important n’est pas d’inciter les gens à grimper sans corde.
« Avec le film Free Solo, j’ai appris que chacun y trouve le message dont il a besoin. Certains y puisent l’inspiration pour relever leurs propres défis… Souvent, ça rappelle que notre temps est compté, et qu’il faut l’utiliser de la manière la plus significative possible. »
Une philosophie qui résonne bien au-delà du monde de l’escalade. Et qui laisse, comme toujours avec lui, une question en suspens : quelle sera la prochaine étape ?
