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Escalade : Le 9c+ est-il pour bientôt ? Plongée au cœur des projets les plus extrêmes

Le 9c+, simple fantasme ou prochaine réalité de l’escalade ?

L’escalade de très haut niveau vit une époque fascinante. Depuis qu’Adam Ondra a brisé un plafond de verre en 2017 avec « Silence », le premier 9c de l’histoire, la communauté des grimpeurs regarde vers l’horizon, se demandant : et après ? Cette interrogation a pris une nouvelle dimension récemment. Avec désormais quatre voies cotées 9c, toutes aussi uniques qu’exigeantes, la discussion autour d’un potentiel 9c+ n’a jamais été aussi concrète. Jusqu’où le corps humain peut-il aller ? Plongeons dans les projets les plus fous qui pourraient bien, un jour, redéfinir les limites de ce sport.

Le 9c : un club ultra-sélect et encore mystérieux

Avant de rêver au 9c+, il est essentiel de comprendre ce que représente le 9c aujourd’hui. C’est une cotation si nouvelle et si rare qu’elle reste entourée d’une aura de mystère. À ce jour, seuls quatre grimpeurs ont officiellement proposé cette cotation pour l’une de leurs réalisations :

  • « Silence » : libérée par Adam Ondra en 2017 à Flatanger, en Norvège.
  • « DNA » : enchaînée par Seb Bouin en 2022 dans les Gorges du Verdon, en France.
  • « B.I.G. » : réalisée par Jakob Schubert en 2023, également à Flatanger.
  • « Duality of Man » : gravie par Sean Bailey en 2024 à Dry Canyon, aux États-Unis.

Le point commun de ces quatre monstres de verticalité ? Aucune n’a encore été répétée. En escalade, la répétition d’une voie par d’autres grimpeurs est cruciale pour confirmer sa cotation. Sans cette validation collective, le 9c reste une proposition, une estimation personnelle de l’ouvreur. Cette absence de confirmation rend les débats sur un éventuel 9c+ à la fois passionnants et délicats. Pour franchir ce nouveau cap, il faudrait une voie encore plus dure, mais aussi une consolidation du niveau mondial actuel.

Les chantiers de l’impossible : où se cache le futur de l’escalade ?

Aux quatre coins du globe, des lignes futuristes attendent leur heure. Ces projets, travaillés par l’élite mondiale, sont les candidats les plus sérieux au titre de prochain 9c, ou peut-être même de premier 9c+.

« Le Blond » à Oliana : l’héritage de Chris Sharma

Quand on parle de projet ultime, le nom de « Le Blond » revient sans cesse. Équipée par la légende Chris Sharma à Oliana, en Espagne, cette voie est un hommage à Patrick Edlinger. Imaginez un mur déversant de 40 mètres, juste à côté de la célèbre « La Dura Dura » (9b+). La ligne exige une endurance phénoménale sur des prises minuscules, avec un passage clé particulièrement retors à la toute fin. Sharma lui-même la considère comme son dernier grand défi à Oliana. Sa difficulté potentielle fait tourner les têtes : 9c ? Peut-être plus ? Le mystère reste entier.

Arco et Flatanger : les laboratoires de la difficulté

En Italie, dans la Mecque de l’escalade qu’est Arco, Stefano Ghisolfi repousse les limites. Après avoir conquis « Excalibur » (9b+), il travaille sur une version avec un départ plus bas. Ce rajout consiste en six mouvements d’une intensité folle, qu’il estime à 8B+ en bloc, et qui s’enchaînent sans repos avec le reste de la voie. Dans le même secteur, il développe « King Line », une extension de « Queen Line » (9b), un projet si difficile qu’il ferait passer « Perfecto Mundo » (9b+) pour une simple promenade de santé, selon ses propres dires.

Seb Bouin, l’architecte français de l’extrême

Impossible de parler des projets les plus durs sans mentionner Seb Bouin. Le grimpeur français est sans doute celui qui explore le plus activement les frontières du possible. À Russan, dans le sud de la France, son projet « Insouciance » pourrait, selon lui, atteindre le 9c+. En Suisse, il travaille une ligne d’une longueur et d’une intensité rares. À Flatanger, son projet « Move Integral », qui combine deux voies existantes (« Move » et « Thor’s Hammer »), s’annonce comme un marathon vertical d’une difficulté inimaginable. Seb Bouin est un spécialiste de ces efforts longs et intenses, où la gestion de l’énergie est aussi importante que la force brute. Dans ce style, un saut de cotation semble presque inévitable.

Les États-Unis entrent dans la danse

Outre-Atlantique aussi, des projets hors normes attirent l’attention. Au Red River Gorge, « The Odyssey Project » est un mur de grès esthétique et déversant à 45 degrés qui a déjà vu passer des grimpeurs comme Alex Megos et Seb Bouin. Tous s’accordent à dire que la ligne est d’un autre niveau. Non loin de là, « Wonka Vision », une extension de la voie « Pure Imagination », combine un départ en bloc extrêmement difficile avec une section de résistance déjà très exigeante. Le cocktail est explosif et pourrait bien redéfinir les standards de difficulté aux USA.

Alors, le 9c+ est-il pour demain ?

La réponse est probablement oui, nous verrons un jour un 9c+. Mais la vraie question est : quand ? Ce qui est certain, c’est que l’escalade traverse une période d’effervescence unique. Jamais autant de projets aussi ambitieux n’ont été travaillés simultanément par une poignée de grimpeurs au sommet de leur art. La progression est constante, et la densité de grimpeurs capables de s’attaquer à du 9b+ ou plus ne cesse d’augmenter. Le futur de l’escalade s’écrit sous nos yeux, sur les falaises d’Espagne, de Norvège ou de France. Une chose est sûre : la prochaine frontière n’a jamais semblé aussi proche, et l’aventure ne fait que commencer.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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