Ainhize Belar : à 20 ans, la prodige espagnole enchaîne son cinquième 9a !
Une nouvelle étoile brille sur la planète grimpe. À seulement 20 ans, l’Espagnole Ainhize Belar vient de marquer les esprits avec une performance hors norme sur les falaises légendaires de Siurana. Elle a ajouté une cinquième voie dans le neuvième degré à son palmarès déjà impressionnant : « Estado Crítico », un 9a iconique qu’elle a expédié avec une facilité déconcertante.
Une ascension express sur une voie mythique
Arrivée à Siurana, l’un des hauts lieux de l’escalade mondiale, Ainhize Belar n’a pas perdu de temps. La jeune grimpeuse basque connaissait déjà la voie « Estado Crítico ». Elle s’y était essayée l’automne précédent, butant à plusieurs reprises sur la section finale, une dalle technique et exigeante. Mais cette fois, le scénario fut bien différent.
Dès le premier jour de son séjour, elle n’a eu besoin que de deux petites tentatives pour atteindre le relais. Un premier essai pour se rafraîchir la mémoire et retrouver les sensations, et un second pour l’enchaînement parfait. Une rapidité d’exécution qui témoigne d’une progression fulgurante.
« Après avoir essayé la voie l’automne dernier et être tombée plusieurs fois dans la dernière section, aujourd’hui était le jour ! Un essai pour me rappeler les mouvements, et un deuxième pour l’enchaîner. »
Cette réussite n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’un travail acharné, comme elle le suggère avec modestie : « On dirait que l’entraînement de ces derniers mois commence à fonctionner petit à petit ». Ce qui rend cette performance escalade encore plus prometteuse, c’est qu’elle a été réalisée au tout début de son voyage. L’athlète, pleine d’enthousiasme, a d’ailleurs partagé sa motivation : « Il me reste encore beaucoup de temps ici, alors c’est parti ! ».
« Estado Crítico » : bien plus qu’un simple 9a
Pour comprendre la portée de l’exploit d’Ainhize Belar, il faut se pencher sur l’histoire de la voie. « Estado Crítico » n’est pas une ligne anonyme. Située dans le secteur El Pati à Siurana, à quelques mètres de la tout aussi célèbre « La Rambla » (9a+), elle est un véritable monument de l’escalade de haut niveau.
Une ligne chargée d’histoire
Équipée par le visionnaire Dani Andrada, la voie a été libérée en 2004 par une légende de l’escalade espagnole, Ramón Julián Puigblanque. Depuis, elle est devenue un passage quasi obligé pour l’élite mondiale. Des noms comme Adam Ondra, Patxi Usobiaga, ou encore Magnus Midtbø ont tous inscrit leur nom sur la liste des répétiteurs.
Mais c’est en mars 2013 que « Estado Crítico » est entrée définitivement dans la légende. Ce jour-là, un jeune grimpeur allemand alors peu connu du grand public, Alex Megos, a réalisé le tout premier 9a à vue de l’histoire de l’escalade. Une performance qui a redéfini les limites du possible. Depuis, personne n’a réussi à réitérer cet exploit sur cette voie.
Un défi pour l’élite féminine
Si la voie est un classique pour les hommes, les ascensions féminines y sont beaucoup plus rares. Avant Ainhize Belar, seules deux grimpeuses avaient réussi à enchaîner « Estado Crítico » : la Française Alizée Dufraisse en 2017 et l’Italienne Laura Rogora au début de l’année 2024. La jeune grimpeuse espagnole devient donc la troisième femme à vaincre cette ligne emblématique, s’inscrivant dans une lignée prestigieuse.
Ainhize Belar, la nouvelle figure de l’escalade espagnole
À 20 ans, Ainhize Belar n’en est pas à son coup d’essai. Elle s’est rapidement imposée comme l’une des grimpeuses les plus talentueuses de sa génération, repoussant sans cesse ses limites.
Une progression fulgurante vers le neuvième degré
C’est en 2023 qu’elle a franchi pour la première fois la barrière symbolique du neuvième degré en réalisant « Begi Puntuan » (9a) à Etxauri. Mais c’est en 2024 qu’elle a véritablement explosé sur la scène internationale. En enchaînant « Iñi Ameriketan » dans la grotte de Baltzola, elle est devenue la première femme espagnole à atteindre la cotation de 9a+.
Depuis, elle a continué sur sa lancée, ajoutant à son carnet de croix d’autres voies extrêmes comme « Celedón » (9a) et « Harroputza » (9a) à La Leze. « Estado Crítico » est donc sa cinquième voie dans le 9, mais elle revêt une importance particulière. C’est en effet la première fois qu’elle réalise une telle performance loin de ses falaises d’entraînement du Pays basque, prouvant sa capacité d’adaptation et sa force mentale.
Comprendre le neuvième degré : une performance d’exception
Pour les non-initiés, la cotation « escalade 9a » peut sembler abstraite. En escalade sportive, les voies sont classées selon une échelle de difficulté. Le neuvième degré (qui commence à 9a) représente le summum de la discipline, un niveau accessible à une poignée de grimpeurs et grimpeuses dans le monde.
Atteindre ce niveau demande une combinaison rare de force physique, de technique, de souplesse et d’une force mentale à toute épreuve. Enchaîner une seule voie de ce niveau est l’accomplissement d’une vie pour de nombreux athlètes. Le fait qu’Ainhize Belar en compte déjà cinq à son actif, dont un 9a+, à seulement 20 ans, est tout simplement phénoménal.
Et maintenant ?
Avec cette réussite rapide et éclatante à Siurana, Ainhize Belar lance son séjour de la meilleure des manières. Son enthousiasme et sa forme actuelle laissent présager d’autres belles performances à venir. La communauté de l’escalade suivra avec attention les prochains chapitres que cette jeune prodige s’apprête à écrire sur le rocher. Une chose est sûre : le nom d’Ainhize Belar n’a pas fini de résonner au sommet des falaises les plus difficiles du monde.
