Pierra Menta 2026 : Revanche et prise de pouvoir sur la 2ème étape
Surnommée le « Tour de France du ski alpinisme », la Pierra Menta est bien plus qu’une simple compétition. C’est un pèlerinage annuel pour l’élite mondiale de la discipline, un rendez-vous avec l’histoire sur les pentes mythiques du Beaufortain. Et la 40ème édition, particulièrement attendue, ne déroge pas à la règle. Après une première journée explosive qui a vu les outsiders briller, la deuxième étape a totalement redistribué les cartes, offrant un spectacle haletant sous le soleil d’Arêches-Beaufort. Les favoris et tenants du titre, piqués au vif, ont répondu présent pour reprendre les commandes. Récit d’une journée de pur ski alpinisme, où la stratégie et l’endurance ont primé.
Un parcours d’anthologie au cœur du Beaufortain
Ce jeudi 12 mars, le menu proposé aux athlètes était digne de la réputation de l’épreuve. Un tracé aussi magnifique qu’impitoyable de 27 kilomètres pour 3000 mètres de dénivelé positif. Le parcours a emmené les binômes à travers les crêtes acérées et les couloirs techniques qui font la légende de la « Pierr' ». Plus qu’un simple effort physique, cette étape exigeait une technique irréprochable, une gestion de course intelligente et une cohésion d’équipe à toute épreuve.
Les concurrents ont dû alterner entre de longues ascensions, peaux de phoque sous les skis, des passages en arêtes skis sur le sac, et des descentes vertigineuses où chaque virage compte. Dans cet environnement grandiose mais exigeant, la moindre erreur de manipulation ou de trajectoire se paie cash. Le Beaufortain a de nouveau été le juge de paix de cette journée, récompensant les plus complets et les plus endurants.
Course Hommes : Bon Mardion et Gachet, la réponse des patrons
Battus de 18 secondes la veille, les locaux et tenants du titre William Bon Mardion et Xavier Gachet avaient à cœur de marquer leur territoire. Jouant à domicile, connaissant chaque recoin de ces montagnes, ils ont fait parler leur expérience. Au terme d’une course menée avec une maîtrise tactique impressionnante, le duo d’Arêches-Beaufort a franchi la ligne d’arrivée en vainqueur.
Ils bouclent cette étape reine en 3 heures, 25 minutes et 32 secondes. Leur régularité dans les sections techniques et leur science de la descente leur ont permis de faire la différence dans le final. Une victoire stratégique qui leur permet de reprendre le maillot de leader du classement général, un objectif clairement affiché. (selon les informations de Ski-Nordique.net).
Un suspense total pour le général
Mais leurs rivaux ne leur ont laissé aucun répit. La jeune garde, incarnée par Samuel Equy et Anselme Damevin, a prouvé que sa victoire de la veille n’était pas un hasard. Ils terminent juste derrière, à seulement 30 petites secondes, confirmant qu’ils sont plus que jamais des candidats sérieux à la victoire finale. Ce duel entre l’expérience et la jeunesse promet d’animer la fin de la course. Le podium de l’étape est complété par l’équipe internationale composée de l’Allemand Anton Palzer et de l’Italien Nadir Maguet, qui finissent à 2 minutes et 36 secondes.
Au classement général, le suspense est à son comble. Après deux jours de course et près de 6 heures d’effort cumulé, seulement 12 secondes séparent les deux équipes françaises de tête. Un écart infime qui ne laisse aucune place à l’erreur. Autant dire que les deux prochaines étapes s’annoncent électriques.
- Classement Étape 2 Hommes :
- 1. William Bon Mardion / Xavier Gachet : 3h25’32 »
- 2. Samuel Equy / Anselme Damevin : +30 »
- 3. Anton Palzer / Nadir Maguet : +2’36 »
- Classement Général Hommes (après 2 étapes) :
- 1. William Bon Mardion / Xavier Gachet : 5h56’23 »
- 2. Samuel Equy / Anselme Damevin : +12 »
- 3. Davide Magnini / William Boffelli : +2’25 »
Course Femmes : Gachet-Mollaret et Périllat-Pessey profitent d’un coup du sort
Chez les femmes, la course a également connu un important retournement de situation, illustrant parfaitement l’adage selon lequel rien n’est jamais acquis sur la Pierra Menta. Le duo tenant du titre, Axelle Gachet-Mollaret et Célia Périllat-Pessey, a livré une performance de très haut vol pour s’imposer avec autorité.
Axelle Gachet-Mollaret, souvent surnommée la « reine » de la discipline, a mené son équipe avec une puissance impressionnante. Elles ont pris les rênes de la course dès les premières ascensions pour ne plus jamais les lâcher, franchissant la ligne en 3 heures, 57 minutes et 18 secondes. Une démonstration de force qui leur permet de s’emparer de la première place au général. (comme le rapporte U-Trail).
La chute qui change la donne
Cette victoire a été en partie conditionnée par un fait de course majeur. Les leaders de la veille, Emily Harrop et Margot Ravinel, ont été victimes d’une chute sans gravité de cette dernière. Cet incident, qui peut arriver à n’importe qui dans des descentes aussi exigeantes, leur a coûté environ trois minutes. Un temps précieux qui s’est envolé, non seulement à cause de la chute elle-même, mais aussi pour vérifier le matériel et retrouver le rythme. Elles parviennent tout de même à conserver une belle deuxième place sur l’étape, à 2 minutes et 44 secondes des gagnantes, preuve de leur incroyable force mentale.
Le podium est complété par les solides Italiennes Alba De Silvestro et Lisa Moreschini, qui confirment leur régularité. Au classement général, Axelle Gachet-Mollaret et Célia Périllat-Pessey possèdent désormais une avance de 2 minutes et 35 secondes sur leurs compatriotes. L’écart est plus conséquent que chez les hommes, mais la rivalité entre ces deux équipes françaises promet encore de belles étincelles.
- Classement Étape 2 Femmes :
- 1. Axelle Gachet-Mollaret / Célia Périllat-Pessey : 3h57’18 »
- 2. Emily Harrop / Margot Ravinel : +2’44 »
- 3. Alba De Silvestro / Lisa Moreschini : +13’49 »
- Classement Général Femmes (après 2 étapes) :
- 1. Axelle Gachet-Mollaret / Célia Périllat-Pessey : 6h55’45 »
- 2. Emily Harrop / Margot Ravinel : +2’35 »
- 3. Alba De Silvestro / Lisa Moreschini : +23’08 »
La suite s’annonce décisive
À mi-parcours de cette 40ème Pierra Menta, rien n’est joué. La domination française est impressionnante, mais les écarts infimes chez les hommes promettent une bataille psychologique et physique de tous les instants. La fatigue commence à s’accumuler dans les organismes, et la capacité de récupération sera l’une des clés de la victoire finale. La troisième étape, souvent considérée comme le juge de paix de l’épreuve avec son passage mythique, sera cruciale pour creuser des écarts ou, au contraire, maintenir la pression. Les équipes devront faire preuve d’une grande intelligence de course pour aborder cette journée décisive. Le spectacle ne fait que commencer !
