« Je ne sais pas comment je fais ! » C’est avec un sourire mêlé d’incrédulité que Marianne Fatton a tenté de décrire l’indescriptible. Ce jeudi, à Bormio, la Suissesse est entrée dans la légende en devenant la toute première championne olympique de ski-alpinisme de l’histoire. Une performance monumentale pour une athlète hors norme et une journée historique pour les sports de montagne.
Un exploit historique pour le ski-alpinisme
Les Jeux Olympiques de 2026 resteront gravés dans les mémoires comme ceux ayant accueilli pour la première fois le ski-alpinisme, un sport spectaculaire et exigeant. Et pour cette grande première, c’est le nom de Marianne Fatton qui a résonné sur les sommets italiens. Comme le souligne le journal Le Quotidien, « La Suissesse Marianne Fatton […] est devenue la première championne olympique de ski-alpinisme ».
À 30 ans, l’athlète de Neuchâtel a écrit une page d’histoire de son sport et du sport suisse. Devant une foule en délire, elle a su dompter la pression et ses adversaires pour s’emparer de l’or au terme d’une finale haletante.
Une finale de sprint à couper le souffle
Le format du sprint en ski-alpinisme est un concentré d’adrénaline. Imaginez un effort total d’environ trois minutes, comprenant une montée vertigineuse de 70 mètres de dénivelé, une partie avec les skis aux pieds, une autre en portage, avant de basculer dans une descente technique à toute vitesse. C’est un test ultime de puissance, de technique et de lucidité.
Dans cette épreuve où chaque seconde compte, Marianne Fatton a été impériale. Elle a franchi la ligne d’arrivée avec une avance confortable de 2,38 secondes sur la Française Emily Harrop, qui repart avec l’argent. Le podium est complété par l’Espagnole Ana Alonso Rodriguez, médaillée de bronze.
L’intensité de l’effort fut si exceptionnelle que la championne en plaisantait après la course : « Je ne sais pas, je n’ai pas regardé. Mais je crois que mon pouls était quelque part vers les 290 », a-t-elle lancé en riant, illustrant la violence de l’effort fourni.
La reine des grands rendez-vous
Cette victoire olympique n’est pas un hasard. Elle vient couronner une domination quasi sans partage de la Suissesse sur la discipline du sprint lors des grands événements. Arrivée en Italie avec le statut de favorite, elle portait sur ses épaules les titres de championne du monde 2025 et de championne d’Europe 2024.
Avec cette médaille d’or, elle réalise un triplé historique et parfait. Une constance au plus haut niveau qui la laisse elle-même sans voix.
« C’est complètement fou. Je n’ai gagné que trois sprints ces trois dernières années. C’était aux Championnats d’Europe 2024, aux Mondiaux 2025 et maintenant aux Jeux olympiques. Je ne sais pas comment je fais ! »
Cette humilité et cette spontanéité sont la marque de fabrique de Marianne Fatton. Face à l’exploit, elle avoue avoir arrêté de chercher une recette miracle : « J’ai essayé de me souvenir comment j’avais fait aux Mondiaux de Morgins… Alors, j’ai arrêté de réfléchir et je me suis dit : « Cours, c’est tout ! » » Une simplicité désarmante qui cache une force mentale et une préparation physique exceptionnelles.
L’émotion d’une vie
Portée par un fan-club suisse venu en nombre, l’ambiance à Bormio était électrique. « Quand nous nous sommes dirigés vers la ligne de départ, les fans criaient nos noms. Là, je me suis déjà dit que c’était incroyable de courir ici », confie-t-elle. Un soutien qui l’a transcendée pour réaliser, selon ses propres mots, le plus beau sprint de sa carrière.
L’émotion a atteint son paroxysme lors de la cérémonie de remise des médailles. Les larmes coulant sur ses joues, la championne olympique a savouré ce moment unique, comme le rapporte Le Matin. « Toutes les émotions sont remontées. C’est quelque chose qui n’arrive pas tous les jours », a-t-elle déclaré, fière. « À ce moment-là, j’ai pensé à toutes les personnes qui me soutiennent au quotidien. Je suis aussi extrêmement heureuse pour elles. »
Un parcours dédié à la montagne et à la performance
La performance de Marianne Fatton est le fruit d’une vie dédiée au sport. Initiée très jeune par des parents sportifs – une mère fondeuse et un père spécialiste de course en montagne – elle a exploré de nombreuses disciplines comme le ski de fond, la course à pied ou le biathlon avant de trouver sa voie dans le ski-alpinisme en 2014.
Son palmarès, riche de titres mondiaux juniors et d’un globe de cristal en Coupe du monde en 2020, témoigne de son talent et de son travail acharné. Comme le détaille sa page Wikipédia, son parcours est jalonné de succès qui la prédestinaient à cet exploit olympique.
Cette médaille d’or aux JO 2026 n’est pas seulement une consécration personnelle. C’est une formidable vitrine pour le ski-alpinisme, qui a réussi son entrée dans la famille olympique. Un moment fondateur qui, espérons-le, inspirera de nouvelles générations à chausser les skis et à rêver des sommets.
