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Barkley Marathons 2026 : Sébastien Raichon seul héros, zéro finisher dans une édition infernale

Une édition 2026 dantesque

Cette année, la Barkley Marathons a renoué avec sa réputation de course la plus impitoyable au monde. L’organisateur, le génial et sadique Gary “Lazarus Lake” Cantrell, avait décidé de durcir le jeu. En avançant la date aux 14 et 15 février, il a plongé les 40 participants triés sur le volet dans un véritable enfer météorologique au cœur du Frozen Head State Park, dans le Tennessee.

Le menu était glacial : des températures négatives atteignant les -5°C, de la pluie verglaçante, une boue omniprésente et un brouillard à couper au couteau. Un cocktail parfait pour transformer cette épreuve déjà surhumaine en une mission impossible. Le résultat est sans appel : zéro finisher. Personne n’a réussi à boucler les cinq tours de ce parcours infernal.

Sébastien Raichon, seul héros dans la tempête

Dans ce chaos, un homme a pourtant brillé par sa résilience : le Français Sébastien Raichon. Pour sa troisième participation, il est le seul et unique coureur à avoir terminé trois boucles, signant ce que l’on appelle une “Fun Run”. Il a franchi la ligne d’arrivée en 38 heures, 5 minutes et 46 secondes, à bout de forces mais avec l’immense satisfaction d’être le “dernier homme debout”.

Même s’il a manqué la barrière horaire de 36 heures pour pouvoir entamer un quatrième tour, sa performance reste un exploit monumental dans des conditions que beaucoup ont qualifiées de pires jamais vues.

“Je ne serai sans doute jamais finisher de la Barkley ! C’est trop dur maintenant, mais je suis tellement fier de ce que j’ai réalisé ce week-end. Le dernier tour a été terrible avec la pluie. […] C’est juste une Fun Run mais je suis très heureux, merci.”
Sébastien Raichon, à son arrivée.

Cette déclaration, empreinte d’humilité et d’émotion, résume parfaitement l’esprit de la Barkley : la victoire n’est pas seulement de finir, mais de se pousser au-delà de ses propres limites.

Le baptême du feu pour Mathieu Blanchard

Parmi les quatre coureurs ayant réussi à démarrer la troisième boucle se trouvait un autre Français, Mathieu Blanchard. Pour sa toute première participation, l’ultra-traileur a fait une démonstration de force impressionnante. Il a malheureusement été contraint à l’abandon au kilomètre 80, vaincu par une hypothermie sévère.

Son expérience, qu’il a partagée dans un texte poignant sur ses réseaux sociaux, offre un éclairage unique sur la complexité de cette course. Il y décrit un événement qui va bien au-delà de la simple performance physique.

“J’ai compris que le fondateur, Laz, n’était pas simplement un personnage fantasque, mais un esprit d’une intelligence rare, capable de créer un véritable bug dans le système du sport moderne. […] Je ne suis pas devenu « finisseur » de ce mythe. Le processus est bien plus complexe qu’il n’y paraît.”
Mathieu Blanchard, sur son expérience. (Source : Marathons.fr)

Pour Blanchard, ce “baptême” a été une leçon d’humilité et d’autonomie, une étape cruciale dans sa quête pour, peut-être un jour, dompter cette épreuve mythique.

La Barkley, une course qui ne ressemble à aucune autre

Pourquoi la Barkley Marathons est-elle si difficile ? Oubliez tout ce que vous savez sur l’ultra-trail. Ici, il n’y a :
* Pas de balisage : les coureurs naviguent avec une simple carte et une boussole.
* Pas de GPS : la technologie est interdite.
* Pas d’assistance : les participants sont en autonomie quasi totale.

Le but est de parcourir cinq boucles d’environ 32 km chacune, pour un total de 160 km et près de 20 000 mètres de dénivelé positif. Pour prouver leur passage, ils doivent arracher des pages de livres cachés le long du parcours, correspondant à leur numéro de dossard. Le tout en moins de 60 heures.

Un retour à la brutalité originelle

Cette édition 2026 marque un contraste saisissant avec les années précédentes. En 2023, trois athlètes avaient réussi l’exploit. L’édition 2024 était même entrée dans l’histoire avec cinq finishers, dont la Britannique Jasmin Paris, première femme à jamais terminer la course.

Avec zéro finisher en 2025 et 2026, Lazarus Lake semble avoir rappelé à tout le monde qui était le maître du jeu. La Barkley n’est pas une course que l’on finit facilement. C’est un monstre qui, la plupart du temps, ne laisse aucun survivant.

Cette année encore, la légende de la Barkley s’est écrite dans la boue, le froid et l’épuisement. Elle a couronné un héros, Sébastien Raichon, et a rappelé à tous les autres que pour vaincre ce mythe, il faut bien plus que des jambes et un souffle : il faut une part de folie et une volonté de fer. Le rendez-vous est pris pour 2027, pour un nouveau chapitre de la course qui dévore les ultra-traileurs.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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