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Exodia 9A+ : Les secrets d’entraînement d’Elias Iagnemma pour conquérir l’impossible

Exodia 9A+ : Dans la tête d’Elias Iagnemma et les secrets de son entraînement

Le 11 novembre 2025, le monde de l’escalade a retenu son souffle. L’Italien Elias Iagnemma annonçait la première ascension d’Exodia, un projet qui l’a consumé pendant plus de quatre ans. Situé au Rifugio Barbara, dans le Piémont italien, ce bloc représente un nouveau jalon dans l’histoire de ce sport, avec une proposition de cotation à 9A+. Un grade jamais atteint auparavant. Mais comment un athlète se prépare-t-il pour repousser les limites du possible ? Plongée dans les secrets d’un entraînement où le mental prime sur tout le reste.

Une quête qui dépasse le sport

Pour comprendre l’exploit que représente Exodia, il faut saisir l’ampleur de l’investissement. Imaginez : 211 sessions étalées sur quatre années et demie. Des milliers d’essais sur un rocher de serpentine sombre et lisse, perché à 1500 mètres d’altitude. Un lieu où les conditions ne sont favorables que six mois par an.

Cette ascension n’est pas le fruit d’un simple entraînement physique. C’est le résultat d’une obsession totale, un engagement qui a relégué tout le reste au second plan.

L’obsession comme unique méthode d’entraînement

Interrogé sur sa préparation, Elias Iagnemma est clair : Exodia était devenu son unique priorité. “Chaque séance d’entraînement et chaque pensée tournaient autour de lui”, confie-t-il. Cette focalisation extrême l’a poussé à faire des sacrifices considérables.

“Chaque fois que je grimpais autre chose, je me sentais freiné par la pensée que la moindre blessure me déstabiliserait complètement. Car cela signifierait que je ne pourrais plus grimper Exodia.”

Il a donc mis de côté d’autres projets, et même une partie du plaisir simple de grimper, pour éviter le moindre risque. Pour lui, honorer l’effort que représentait ce bloc était plus important que tout. Cette approche mentale, où la préservation du corps pour un seul objectif devient la pierre angulaire de la préparation, est peut-être le premier secret de sa réussite.

Décortiquer un monstre de pierre

Exodia n’est pas un bloc ordinaire. Sa difficulté est double : la complexité des mouvements et la nature même du rocher. La voie se décompose en deux sections distinctes : un premier segment évalué à 8B+, suivi d’un repos précaire en coincement de genou d’environ 40 secondes, avant d’attaquer la section finale, un 8C+ redoutable. L’enchaînement des deux constitue un défi monumental, comme le souligne Fanatic Climbing.

Un rocher qui ne pardonne rien

La serpentine du Val Pellice est décrite comme étant “lisse comme du verre”. Lors de ses premières tentatives, Elias peinait même à distinguer les prises, tant elles se ressemblaient.

“J’ai passé beaucoup de temps à trouver la bonne progression, en particulier dans la seconde moitié du bloc”, explique-t-il.

Le véritable déclic a eu lieu en 2023, lorsqu’il a enfin réussi à enchaîner la deuxième partie. Ce succès partiel a validé son approche et nourri sa conviction : le projet était réalisable. Pourtant, il lui faudra encore deux années supplémentaires pour assembler toutes les pièces du puzzle.

La force mentale, le véritable secret de l’entraînement

Si la puissance physique est un prérequis indispensable, la clé de la réussite d’Elias Iagnemma réside dans sa force mentale. Face à un projet aussi long et incertain, la persévérance est mise à rude épreuve.

Gérer le doute et l’impatience

L’athlète avoue avoir une nature impatiente. Pourtant, il a su la dompter. Il a dû composer avec des jours où la confiance fuyait, où l’imprévisibilité du bloc le poussait à envisager l’abandon, un aspect de sa lutte intérieure détaillé par Outside.fr.

Cette bataille psychologique est au cœur de son entraînement. Il ne s’agit pas de construire une réplique en résine ou de suivre un programme de musculation spécifique, mais de cultiver une résilience à toute épreuve. Le jour de l’ascension, il raconte que son corps savait exactement quoi faire. Son esprit, enfin, avait cessé de réfléchir pour laisser l’instinct prendre le dessus.

9A+ : Une cotation pour l’histoire

Proposer la cotation de 9A+ n’a pas été une décision facile. Ce grade, jamais utilisé auparavant pour un bloc, place Exodia au sommet de la pyramide mondiale, au-dessus de références comme Burden of Dreams (9A), que Iagnemma a lui-même répété en 2024.

Il justifie ce choix par la nature même du bloc : l’enchaînement d’un 8B+ et d’un 8C+ lui semblait représenter un pas de plus dans la difficulté qu’un 9A “classique”. C’est une manière, pour lui, de rendre hommage à l’investissement et à la difficulté intrinsèque du projet qui a occupé son esprit pendant plus de quatre ans.

En conclusion, les “secrets” d’entraînement d’Elias Iagnemma pour conquérir Exodia ne se trouvent pas dans un programme de préparation physique révolutionnaire. Ils résident dans une approche holistique où l’engagement mental est total. C’est une leçon de persévérance, de sacrifice et de dévouement absolu à un objectif, qui a permis de redéfinir les limites de l’escalade de bloc.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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