Ueli Kestenholz : Mort tragique de la légende suisse du snowboard dans une avalanche
Le monde des sports de montagne est en deuil. Ueli Kestenholz, figure emblématique et pionnier du snowboard suisse, a tragiquement perdu la vie à l’âge de 50 ans, emporté par une avalanche. Premier médaillé olympique de l’histoire de sa discipline, il laisse derrière lui un héritage immense et le souvenir d’un athlète hors norme qui a repoussé les limites de la glisse.
Ce drame nous rappelle la puissance et l’imprévisibilité de la montagne, qui a repris l’un de ses plus fervents passionnés. Retour sur la carrière et la vie d’un homme qui a dédié son existence à la performance et à l’aventure en haute altitude.
Le drame du Lötschental : une sortie qui tourne au cauchemar
Le 11 janvier 2026 restera une date sombre pour les sports outdoor. C’est lors d’une sortie en hors-piste que le destin d’Ueli Kestenholz a basculé. Accompagné d’un ami, il évoluait dans le secteur du Hockuchriz, sur la commune de Lötschental en Valais (Suisse), à une altitude d’environ 2400 mètres.
Alors qu’ils profitaient de la poudreuse, une avalanche s’est déclenchée, emportant le champion suisse. Malgré l’intervention rapide des secours et son héliportage à l’hôpital de Sion, il a malheureusement succombé à ses blessures. La nouvelle de sa mort a provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières suisses, tant son influence sur le monde du snowboard a été majeure.
Un pionnier au style rebelle
Né en 1975 au bord du lac de Thoune, Ueli Kestenholz a grandi avec une soif insatiable de glisse. Ski, skateboard, planche à voile… il touche à tout avant de découvrir le snowboard à 14 ans. Cette planche devient rapidement le prolongement de lui-même.
Dans les années 1990, alors que le snowboard est encore une sous-culture, il en devient l’un des pionniers en Suisse. Avec son style explosif et son attitude audacieuse, il incarne l’esprit “rebelle” de ce sport naissant. Comme le souligne le magazine Outside.fr, il était une figure de cette “rebel culture”, bousculant les codes établis des sports d’hiver.
Dès l’hiver 1992-1993, il marque les esprits en devenant champion suisse junior. C’est le début d’une carrière qui va marquer l’histoire.
Une ascension fulgurante vers les sommets
Très vite, le talent de Kestenholz éclate sur la scène internationale. Intégré à l’équipe nationale suisse en 1994, il ne tarde pas à collectionner les podiums.
– 1995 : Médaille de bronze aux Championnats du monde ISF à Davos.
– 1998 : La consécration aux Jeux Olympiques de Nagano.
C’est au Japon que son nom entre dans la légende.
Un palmarès qui a marqué l’histoire de la performance
La carrière de compétiteur d’Ueli Kestenholz est tout simplement exceptionnelle, marquée par une polyvalence et une longévité rares.
La consécration olympique à Nagano
En 1998, le snowboard fait son entrée aux Jeux Olympiques de Nagano. Ueli Kestenholz y décroche une magnifique médaille de bronze en slalom géant parallèle. Plus qu’une simple médaille, c’est un moment historique : il offre à la Suisse sa toute première médaille olympique en snowboard et devient, par la même occasion, le premier médaillé de l’histoire de la discipline. Un exploit qui a ouvert la voie à des générations de snowboardeurs.
Dominateur sur tous les terrains
Loin de se contenter de cet exploit olympique, Kestenholz a continué à dominer le circuit mondial pendant des années. Son palmarès témoigne de son incroyable talent :
– Double Champion du Monde en 2000 et 2001.
– Double médaille d’or en snowboardcross aux prestigieux X Games en 2003 et 2004.
– 14 victoires en Coupe du Monde, confirmant sa régularité au plus haut niveau.
Il participera également aux JO de Salt Lake City en 2002 et de Turin en 2006, bouclant une carrière en compétition d’une richesse incomparable.
L’après-compétition : une passion intacte pour le freeride et l’aventure
Après 2006, Ueli Kestenholz se retire du circuit professionnel, mais pas de la montagne. Sa passion pour la performance et l’exploration le pousse vers le freeride et des projets d’envergure.
En 2007, il fonde le projet “Playgravity” avec Mathias Roten. Ensemble, ils réalisent des films spectaculaires, mêlant différentes disciplines des sports outdoor. Leur plus grand fait d’armes reste une descente en speedride (mélange de ski et de parapente) des trois sommets mythiques de l’Oberland bernois : l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau.
Polyvalent jusqu’au bout, il excellait dans de nombreux domaines : ski, surf, wingfoil, parapente… Il incarnait un style de vie entièrement tourné vers la nature et le dépassement de soi. Comme le résume Bluewin.ch, il était une “Légende du snowboard, rebelle, père…”.
L’héritage d’une légende et le rappel de la montagne
La mort d’Ueli Kestenholz laisse un vide immense. Il n’était pas seulement un champion, mais une source d’inspiration, un athlète qui a montré qu’il était possible de vivre de sa passion avec intégrité et audace.
Son parcours illustre parfaitement l’axe de notre média : la passion pour les sports outdoor liés à la montagne ainsi que la performance. Il a repoussé les limites, innové et contribué à façonner le snowboard moderne.
Ce drame nous rappelle aussi une vérité fondamentale : la montagne reste un terrain de jeu magnifique mais exigeant, qui impose l’humilité. Même pour les experts les plus aguerris, le risque zéro n’existe pas. Le départ d’Ueli Kestenholz est une perte immense, mais son esprit d’aventure et son héritage continueront de briller sur les sommets qu’il aimait tant.
