Un nouveau phénomène dévale les pistes du ski alpin mondial. Son nom : Franjo von Allmen. À seulement 24 ans, ce colosse venu de Boltigen en Suisse ne se contente pas de rivaliser avec les meilleurs ; il les domine. Surnommé le « Chien fou » pour son style audacieux ou le « Colosse de Boltigen » pour son physique impressionnant (1m83 pour 102 kg), il incarne une nouvelle génération de skieurs, alliant puissance brute et décontraction déconcertante. Après avoir conquis le monde, il vise désormais le graal ultime : l’or aux JO 2026 de Milan-Cortina.
L’ascension fulgurante du « Colosse de Boltigen »
Rien ne prédestinait forcément Franjo von Allmen à une carrière aussi explosive. Formé comme menuisier, ce jeune homme du Simmental a chaussé les skis pour la première fois sur les pentes du Jaunpass. Mais sa progression a été aussi rapide qu’une descente de Coupe du monde.
Des débuts prometteurs à la consécration mondiale
Il fait ses premiers pas sur le circuit FIS en 2017, à 16 ans à peine. Quatre ans plus tard, il signe sa première victoire. Son talent éclate véritablement lors de la saison 2024/2025, que les experts de Munzinger qualifient de “saison de la révélation”. Il enchaîne les podiums : 2e des descentes de Gröden et Bormio, avant de décrocher sa première victoire en Coupe du monde sur le super-G de Wengen en janvier 2025.
Le point d’orgue de cette saison stratosphérique arrive le 9 février 2025. À Saalbach, il devient champion du monde de descente, laissant derrière lui des légendes de la discipline. Ce triomphe, complété par une médaille d’or en combiné par équipe, le propulse au 4e rang du classement général de la Coupe du monde.
Champion Olympique, un rêve devenu réalité
Le 7 février 2026, pour sa toute première participation aux Jeux Olympiques, Franjo von Allmen transforme l’essai. Sur la redoutable piste Stelvio de Bormio, il est sacré champion olympique de descente. Une consécration qu’il dédiera à son père, décédé alors qu’il n’avait que 17 ans. Un moment d’une émotion intense qui révèle la force de caractère derrière le champion.
Comme le retrace sa biographie complète, ce titre olympique n’est pas un hasard mais le fruit d’un travail acharné et d’un talent hors norme.
Un style unique, entre audace et sérénité
Ce qui frappe chez Franjo von Allmen, au-delà de son palmarès, c’est sa personnalité. Loin de l’image du sportif sous pression, le Suisse affiche une tranquillité et un plaisir communicatifs.
Le ski comme un jeu
Il n’est pas rare de le voir s’amuser sur la piste, même lors des entraînements les plus sérieux. Avant sa descente olympique, il s’est offert une petite figure sur le dernier saut, levant ses spatules et les tapotant de ses poings. Une fantaisie qui a surpris, mais qui résume bien le personnage. « J’avais le temps et j’ai senti que ça collait bien à ce moment-là », a-t-il simplement expliqué en riant.
Cette approche décomplexée est sa plus grande force. Il le confiait lui-même avant l’épreuve :
« Ça m’est égal de savoir comment les autres me voient. J’essaie simplement de montrer le ski dont je suis capable et d’être moi-même. »
Cette philosophie, il l’applique aussi dans ses loisirs. Passionné de vitesse, il troque volontiers ses skis pour une motocross, un exutoire qui nourrit son style instinctif et sa lecture intuitive des courbes.
L’humilité d’un grand champion
Malgré son ascension fulgurante, Franjo von Allmen garde les pieds sur terre. Il avoue sans détour ne jamais avoir eu de grands rêves de médailles dans son enfance.
« Ce n’était jamais vraiment un objectif de courir tôt en Coupe du monde ou de devenir champion olympique. Avec le temps et le travail investi, je me suis un peu pris au jeu. »
Cette humilité le rend d’autant plus attachant et en fait un modèle pour la nouvelle génération.
Face à la concurrence des JO 2026
Le triomphe de Franjo von Allmen aux JO 2026 s’est dessiné face à une concurrence redoutable, notamment sur les terres italiennes.
Le défi italien
L’équipe italienne, menée par le vétéran Dominik Paris et la révélation Giovanni Franzoni, avait à cœur de briller à domicile. La rivalité avec Franzoni ne date pas d’hier, comme le rappelle le champion suisse :
« Je connais Giovanni depuis longtemps. Nous étions ensemble sur le podium aux Mondiaux juniors 2022. C’est cool de voir qu’il a maintenant réussi à rejoindre le sommet. »
Ce respect mutuel entre les athlètes témoigne de l’intensité et de la sportivité de la compétition au plus haut niveau.
Un champion qui ne craint personne
Conscient de la force de ses adversaires, Suisses, Italiens ou Autrichiens, Franjo von Allmen n’a jamais montré de signes de faiblesse. Sa capacité à rester concentré sur sa propre performance, tout en s’amusant, est sans doute la clé de son succès. En remportant l’or olympique, le « Colosse de Boltigen » a prouvé qu’il n’était pas seulement un talent prometteur, mais bien le nouveau roi de la vitesse. Et son règne ne fait que commencer.
