«Je ne trouve pas ça juste»: Tensions au sommet du ski suisse pour le ticket olympique
La route vers les Jeux Olympiques de 2026 à Bormio est semée d’embûches, et pas seulement sur les pistes verglacées. Au sein de la puissante équipe suisse de descente, une bataille interne fait rage pour le dernier ticket qualificatif, créant des tensions palpables entre les athlètes. Une décision de la fédération a mis le feu aux poudres, provoquant la colère d’un skieur et forçant un duel fratricide pour le rêve olympique.
Une sélection qui divise
Dans le monde ultra-compétitif du ski alpin, chaque place pour les Jeux Olympiques est chèrement disputée. Pour la descente masculine, la Suisse, nation phare de la discipline, ne dispose que de quatre tickets. Si les deux premières places étaient attendues pour les leaders Marco Odermatt et Franjo von Allmen, l’attribution de la troisième a créé une véritable onde de choc.
La fédération a en effet décidé de qualifier directement Alexis Monney, sans le soumettre à une épreuve de sélection interne. Cette décision, bien que basée sur des performances solides, a été perçue comme un coup de massue par certains de ses coéquipiers. La raison principale ? La victoire de Monney sur cette même piste de Bormio en 2024 semble avoir pesé lourd, très lourd, dans la balance.
Cette situation laisse donc deux athlètes de haut niveau, Niels Hintermann et Stefan Rogentin, s’affronter pour l’unique place restante. Un duel à haute tension qui se décidera sur le fil, probablement lors d’un ultime entraînement chronométré.
La colère de Niels Hintermann : “Une décision injuste”
La pilule est particulièrement difficile à avaler pour Niels Hintermann. L’athlète, qui a courageusement surmonté un cancer pour revenir au plus haut niveau, ne cache pas son amertume. Pour lui, la qualification directe de Monney est une injustice. Il estime que ses propres résultats récents, notamment une excellente 6ème place à Kitzbühel et une 7ème à Gröden, auraient dû lui garantir une meilleure considération.
“Je ne trouve pas ça juste”, a-t-il confié, soulignant que la performance passée de Monney à Bormio ne devrait pas éclipser la forme actuelle des autres skieurs. Cette frustration est partagée et commentée dans le milieu, comme le souligne le site 24Heures.ch qui titre sur les “Bisbilles dans l’équipe suisse : Hintermann critique la décision”. Le skieur se sent lésé et n’hésite pas à le faire savoir, ajoutant une pression immense sur les épaules de toutes les parties prenantes.
Alexis Monney, entre soulagement et empathie
De son côté, Alexis Monney vit une situation complexe. Naturellement soulagé d’avoir son billet pour Bormio en poche, il n’en reste pas moins conscient de la controverse. Le jeune skieur, qui a prouvé sa valeur avec une 5ème place à Wengen et des top 10 à Beaver Creek et Val Gardena, comprend la déception de son coéquipier.
Il se dit prêt à relever le défi olympique mais reconnaît la frustration que peut engendrer une telle sélection. Le média Frapp.ch résume bien la situation : “Alexis Monney qualifié, un coéquipier se plaint”. Monney doit désormais faire abstraction du bruit ambiant pour se concentrer sur l’un des plus grands défis de sa carrière.
Un duel fratricide pour le dernier ticket
Tous les regards sont désormais tournés vers l’affrontement final entre Niels Hintermann et Stefan Rogentin. Comme le confirme SkiActu.ch, “la dernière place se jouera entre eux”. Chaque virage, chaque centième de seconde comptera lors de l’entraînement décisif qui servira de juge de paix.
Lors de la première session d’entraînement sur la piste italienne, la tension était palpable. Si les Suisses se sont bien placés, avec Odermatt 3ème et Monney 4ème, le résultat du duel interne a donné un premier avantage à Rogentin.
– Stefan Rogentin a signé le 8ème temps.
– Niels Hintermann, quant à lui, a terminé plus loin, à la 18ème place.
Ce premier résultat met une pression supplémentaire sur Hintermann, qui devra sortir une performance exceptionnelle pour inverser la tendance et décrocher son rêve olympique.
Le chrono contre l’instinct : un débat d’experts
Cette bisbille interne relance un éternel débat dans le monde du ski : comment sélectionner les athlètes ? Faut-il se fier uniquement à la froide impartialité du chronomètre, ou la vision et l’impression des entraîneurs doivent-elles entrer en jeu ?
Des légendes de la discipline comme Beat Feuz ou Bernhard Russi ont des avis partagés.
1. Les puristes du chrono : Pour eux, seule la performance mesurable compte. Le plus rapide sur la piste mérite sa place, sans discussion.
2. Les partisans de la vision d’équipe : D’autres estiment que les entraîneurs, qui côtoient les athlètes au quotidien, sont les mieux placés pour juger du potentiel d’un skieur sur une piste donnée, de sa gestion de la pression et de sa dynamique actuelle.
La décision de qualifier Monney sur la base de son affinité avec la piste de Bormio relève clairement de la seconde approche. L’entraîneur, Tom Stauffer, aura la lourde tâche d’annoncer la décision finale, une décision qui, quelle qu’elle soit, ne manquera pas de faire réagir.
La tension est à son comble au sein de l’équipe suisse. Alors que le rêve olympique est à portée de main, les nerfs sont mis à rude épreuve. La performance sportive se mêle à la stratégie et à l’émotion, pour un feuilleton qui tiendra en haleine tous les passionnés de sports d’hiver jusqu’à la dernière seconde.
