Plongée au cœur du Mont-Blanc avec Pica Herry
Imaginez un lieu si vertical et intimidant qu’il a longtemps été jugé inaccessible. Un royaume de granit et de glace où chaque mouvement exige une concentration absolue. Bienvenue dans les Aiguilles du Diable, au cœur du massif du Mont-Blanc. C’est dans ce décor spectaculaire que nous emmène le film « In the Shadow of the Diable », un voyage saisissant aux côtés du snowboarder et guide de Chamonix, Pica Herry.
Ce n’est pas simplement un film de glisse de plus. Réalisé par Alexis Vernis et présenté par la célèbre marque Jones Snowboards, ce documentaire est une immersion profonde dans une discipline hybride et exigeante : le “Shralpinism”. Un mot qui sonne comme une promesse, celle de l’union entre l’alpinisme et le snowboard de haute montagne. Une pratique où la performance ne se mesure pas en figures, mais en engagement, en connaissance du terrain et en confiance inébranlable envers ses partenaires.
Les Aiguilles du Diable : Un sanctuaire réservé aux experts
Avant même de parler de la descente, il faut comprendre le décor. Les Aiguilles du Diable ne sont pas une piste de ski. Il s’agit d’un ensemble de sommets acérés, un terrain de jeu austère situé au sud-est du Mont Blanc du Tacul. Leur nom seul suffit à évoquer le respect et la crainte qu’elles inspirent aux montagnards.
Pendant des décennies, l’idée même de dévaler ces pentes à snowboard relevait de l’utopie. La verticalité extrême, la qualité de la neige incertaine et l’exposition constante au vide en faisaient un défi colossal. Le film met en lumière ce qui a changé : non pas la montagne, mais l’approche des hommes qui osent s’y aventurer.
Pica Herry, le guide qui murmure à l’oreille des sommets
Au centre de cette aventure se trouve Pica Herry. Plus qu’un simple athlète, il est guide de haute montagne à Chamonix, un spécialiste reconnu de la pente raide. Sa démarche n’est pas celle d’un casse-cou, mais celle d’un expert qui lit la montagne, analyse ses risques et attend patiemment le moment parfait.
Il n’est pas seul dans cette quête. Le film souligne l’importance cruciale du collectif. Pica est accompagné d’une équipe de riders talentueux comme Laurent Bibollet, Victor de Le Rue, ou encore Manu Gross. Chaque membre du groupe est un maillon essentiel de la chaîne de sécurité. La confiance mutuelle n’est pas une option, elle est la condition sine qua non de la survie. Comme le souligne une analyse du magazine Alpine Mag, “À l’ombre du Diable, snowboard alpinisme avec Pica Herry”, le film s’attache à une pratique où l’engagement et la confiance priment sur la performance pure.
Le “Shralpinism” : Quand l’alpinisme rencontre le snowboard
Le film « In the Shadow of the Diable » est une véritable ode au Shralpinism. Mais que signifie ce terme ?
C’est la fusion de deux mondes :
1. L’alpinisme : Il s’agit de toute la phase d’approche et d’ascension. L’utilisation du splitboard (un snowboard qui se sépare en deux pour devenir des skis de randonnée), la maîtrise des techniques de cramponnage et de piolet, et surtout, une connaissance encyclopédique de la montagne sont indispensables.
2. Le snowboard : C’est la récompense. Une fois au sommet, les riders assemblent leur planche pour une descente technique, fluide et rapide, sur des pentes où la moindre erreur de carre peut avoir des conséquences dramatiques.
Ce film de snowboard alpinisme dans le massif du Mont-Blanc montre bien que le Shralpinism est une philosophie complète. Il s’agit de vivre la montagne dans son intégralité, de l’effort de la montée à la grâce de la descente, en acceptant un niveau d’engagement total.
Un documentaire sur le “pourquoi” plutôt que le “comment”
Ce qui rend ce documentaire, présenté par Jones Snowboards et réalisé par Alexis Vernis, si captivant, c’est qu’il ne se contente pas de montrer des exploits. Il explore les motivations profondes de ces athlètes. Pourquoi revenir sans cesse dans ces lieux où le risque est omniprésent ?
La réponse se dessine à travers les images sublimes d’Alexis Vernis et les témoignages implicites des riders. Il y a la quête de la ligne parfaite, bien sûr, mais aussi le besoin de se connecter à un environnement sauvage, la satisfaction de surmonter un défi mental et physique, et la joie simple d’être en montagne avec des amis. Le film rend également un hommage touchant à des figures légendaires comme Marco Siffredi, rappelant que cette passion s’inscrit dans une longue histoire faite de triomphes et de drames.
Ce que cette aventure nous apprend sur la performance
Même sans viser les pentes des Aiguilles du Diable, l’approche de Pica Herry et de son équipe est une source d’inspiration pour tout passionné de sports outdoor.
- La patience est une vertu : La performance ultime n’est pas de descendre à tout prix, mais de savoir attendre les conditions idéales. Cela peut prendre des jours, des semaines, voire des années.
- La force du collectif : En haute montagne, l’individu seul est vulnérable. La véritable force réside dans la cohésion du groupe, la communication et la confiance.
- La connaissance prime sur l’audace : L’engagement de ces snowboarders n’est pas aveugle. Il est basé sur des années d’expérience, une lecture fine du terrain et une humilité constante face à la puissance de la nature.
Un film à voir absolument
« In the Shadow of the Diable » est bien plus qu’un film de snowboard. C’est une réflexion sur le risque, l’amitié et la recherche de sens dans les environnements les plus hostiles de la planète. C’est une invitation à regarder la montagne différemment, non pas comme un stade, mais comme un espace de liberté qui exige respect et expertise.
Pour tous les amateurs de sports de montagne, de performance et de belles images, ce documentaire est une pépite à ne pas manquer.
Le film complet est disponible sur YouTube depuis le 23 décembre 2025. Vous pouvez le visionner ici : Jones Presents: In the Shadow of the Diable | FULL FILM.
