Une annonce vient de faire l’effet d’une bombe dans le monde de l’escalade. Un nouveau 9c, le niveau de difficulté le plus élevé jamais atteint, vient d’être révélé. Mais le plus fou dans cette histoire, c’est que cette performance monumentale a été gardée secrète pendant près d’un an !
L’auteur de cet exploit ? Le grimpeur américain Sean Bailey. La voie ? “Duality of Man”. Un nom qui restera gravé dans l’histoire de ce sport.
Une annonce choc pour un projet titanesque
C’est via une simple publication sur Instagram que la nouvelle est tombée, secouant la communauté des grimpeurs. Sean Bailey, 29 ans, a officiellement annoncé la première ascension de “Duality of Man”, une voie située à Dry Canyon, en Arizona. Il propose la cotation ultime de 9c.
Pour comprendre l’ampleur de cette annonce, il faut savoir qu’il n’existe à ce jour que trois autres voies proposées à ce niveau dans le monde :
* “Silence” en Norvège, libérée par la légende Adam Ondra en 2017.
* “DNA” dans les Gorges du Verdon, une création du Français Sébastien Bouin en 2022.
* “B.I.G.”, également en Norvège, conquise par Jakob Schubert en 2023.
“Duality of Man” devient donc la quatrième de ce club ultra-fermé. Et, comme ses prédécesseures, elle n’a jamais été répétée.
Le secret derrière l’exploit : le Mellow Film Tour
La rumeur circulait depuis des mois, mais la confirmation a tout de même surpris. L’ascension ne date pas d’hier, mais de début 2025. Alors, pourquoi avoir attendu si longtemps ?
La raison est cinématographique. Cette performance exceptionnelle sera la star d’un des films présentés lors du Mellow Film Tour, un événement très attendu qui diffuse des productions léchées sur des exploits sportifs de haut vol. La première, prévue le 27 février aux États-Unis, promet de révéler tous les détails de cette aventure. Un teaser est d’ailleurs déjà disponible sur YouTube pour faire monter la pression.
Un combat de quatre ans dans des conditions extrêmes
Réaliser un 9c est le projet d’une vie. Pour Sean Bailey, il aura fallu quatre années de travail acharné, réparties sur trois saisons. Le tout, dans un environnement loin d’être idéal.
Le grimpeur américain décrit un véritable défi mental et physique. « C’est de loin le projet sur lequel j’ai passé le plus de temps, celui qui m’a le plus obsédé, et tout simplement la chose la plus dure que j’aie jamais grimpée », confie-t-il.
Les conditions à Dry Canyon étaient particulièrement rudes, comme le souligne un article de Gripped. « Dry Canyon n’offrait pas les conditions les plus favorables. Avec seulement une heure ou deux d’ombre par jour et des fenêtres météo très irrégulières, j’ai dû faire preuve d’un niveau de patience totalement nouveau », explique Bailey. Cet engagement sans faille a finalement payé, lui permettant de repousser les limites de l’escalade.
Sean Bailey, un grimpeur hors norme
Avec cet exploit, Sean Bailey ne fait pas qu’entrer dans le cercle des grimpeurs de 9c. Il accomplit quelque chose d’unique qui le place au panthéon de son sport.
Le premier à réaliser la première ascension d’un 9A bloc et d’un 9c voie
Avant “Duality of Man”, Sean Bailey s’était déjà illustré en bloc, la discipline sœur de l’escalade en voie. Il est en effet l’auteur de la première ascension de plusieurs blocs cotés 9A, le niveau maximal en bloc, notamment “Shaolin”, “Alphane” et “Arrival of the Birds”.
En réussissant la première ascension d’un 9c en voie et d’un 9A en bloc, il devient le premier grimpeur de l’histoire à réaliser cet incroyable doublé. Seuls Adam Ondra et Jakob Schubert ont également gravi ces deux cotations extrêmes, mais pas en réalisant à chaque fois la première ascension.
La polyvalence comme marque de fabrique
Ce qui rend la performance de Sean Bailey encore plus impressionnante, c’est sa capacité à exceller sur tous les terrains. L’Américain n’est pas seulement un athlète de rocher ; il est aussi un compétiteur redoutable.
Avec des victoires en Coupe du Monde de bloc et de difficulté (notamment en 2021), il prouve qu’il fait partie de cette génération de grimpeurs capables de briller aussi bien sur la résine des compétitions internationales que sur les falaises les plus exigeantes du monde.
Et maintenant, quelle est la suite pour le 9c ?
L’annonce de “Duality of Man” relance inévitablement le débat sur l’avenir de l’escalade de très haut niveau. Pour l’instant, le grade de 9c semble être un plafond de verre solide. Aucune des quatre voies n’a été répétée, ce qui est nécessaire pour confirmer définitivement une cotation.
Les meilleurs grimpeurs du monde, comme le rapporte PlanetMountain, s’accordent à dire que ces voies représentent un saut de difficulté majeur. Chaque ascension a demandé des années d’investissement, même pour les plus grands noms.
Le cap du 9c+ ou du mythique 10a semble donc encore lointain. Mais une chose est certaine : en s’offrant “Duality of Man”, Sean Bailey a écrit une page magistrale de l’histoire de l’escalade. Le film de son ascension est désormais l’un des plus attendus de l’année, et il promet d’être spectaculaire.
