« Kintsugi » : Le film d’Oriane Bertone sur sa nécessaire pause loin de la performance
Parfois, les plus grandes victoires ne se gagnent pas sur un podium, mais dans le silence d’une pause bien méritée. C’est cette histoire, intime et universelle, que la grimpeuse française Oriane Bertone a choisi de nous raconter à travers son film, « Kintsugi ». Un voyage au cœur de l’Asie, mais surtout au plus profond d’elle-même, après une saison qui a laissé des traces.
Une saison 2025 éprouvante et une médaille d’argent
Pour comprendre la genèse de ce projet, il faut remonter à la fin de la saison de compétition 2025. Une année intense pour Oriane Bertone, qui s’est conclue par une magnifique médaille d’argent aux Championnats du Monde à Séoul. Un exploit immense, mais aussi l’aboutissement d’une année de sacrifices, de pression et d’entraînements acharnés.
Plutôt que de rentrer directement en France, la jeune athlète a ressenti un besoin fondamental : celui de couper. De s’éloigner du tumulte, des attentes et de la performance à tout prix. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un voyage d’un mois, une parenthèse de décompression en Corée du Sud et au Japon. Accompagnée de son compagnon Adrien Lemaire et du vidéaste Yulen Calleja, elle est partie sans autre objectif que de respirer.
« Certaines aventures ne peuvent pas vraiment se raconter. Elles sont faites pour être vécues, ressenties, et gravées quelque part entre le corps et le cœur. Pour moi, celle-ci fait exactement partie de cette catégorie, et j’ai envie de vous en parler 🤍 », confie Oriane Bertone sur ses réseaux sociaux.
« Kintsugi » : l’art de réparer ses fissures
Le titre du film, « Kintsugi », n’a rien d’anodin. Il fait référence à un art ancestral japonais qui consiste à réparer les poteries brisées avec de la laque saupoudrée d’or. Loin de chercher à masquer les fêlures, cette technique les sublime, considérant qu’elles font désormais partie de l’histoire de l’objet et lui ajoutent de la valeur.
La métaphore est puissante et parfaitement choisie. Pour Oriane, ce voyage était une manière de prendre soin de ses propres fissures, qu’elles soient physiques ou mentales, laissées par une saison au plus haut niveau. C’est une exploration de ce qui se passe en coulisses, loin des caméras et des classements.
« Ce qui se passe entre les compétitions, entre les titres et les entraînements, fait aussi partie du parcours », explique-t-elle.
Ce film documentaire met en lumière l’importance de la santé mentale chez les athlètes et la nécessité de ces périodes de reconstruction pour pouvoir durer dans un sport aussi exigeant que l’escalade de performance.
Un retour aux sources de la grimpe
Pendant un mois, le trio a donc laissé de côté les plans d’entraînement et la quête de la performance. Leur quotidien était rythmé par des plaisirs simples :
* Des trajets en train à travers les montagnes,
* La visite de temples ancestraux,
* Des pauses dans des cafés locaux,
* Des balades dans l’effervescence des rues de Tokyo,
* Et bien sûr, de l’escalade, mais une escalade libérée de toute pression.
Ils ont grimpé pour le simple plaisir du mouvement, pour la beauté du geste, renouant avec l’essence même de ce sport. Une expérience qui rappelle pourquoi tant de passionnés commencent l’escalade : pour l’aventure, l’exploration et le contact avec la nature.
« Il y a eu beaucoup d’émotions partagées, des éclats de rire, une fatigue douce, des silences qui en disent plus que les mots, et ce rare sentiment d’être exactement là où l’on est censé être », raconte Oriane.
Un film pour raconter l’invisible
De cette aventure humaine est né le projet « Kintsugi ». Plus qu’un simple film de grimpe, il s’agit d’une tentative de capturer ces moments impalpables, ces émotions qui ne se mesurent pas en médailles. Le documentaire promet de nous plonger dans les silences, les paysages et les réflexions d’une athlète en quête de sens.
« Ce voyage m’a appris à rêver sans rien poursuivre, à ressentir sans mesurer, à simplement être, juste pour un instant. Nous avons essayé de capturer un peu de cette magie à l’écran, de raconter une histoire là où les mots ne suffisent pas », conclut la grimpeuse.
Une approche authentique et touchante, qui offre un regard nouveau sur le parcours d’une championne.
Ne manquez pas l’avant-première !
Pour découvrir ce récit intime et inspirant, rendez-vous le 7 février chez Arkose Issy-les-Moulineaux pour une projection en avant-première. Oriane Bertone, Adrien Lemaire et Yulen Calleja seront présents pour partager leur expérience et échanger avec le public.
Ce film est une bouffée d’air frais, un rappel que derrière chaque performance se cache un être humain. Après cette parenthèse régénératrice, Oriane Bertone prévoit de faire son retour sur le circuit international au printemps 2026, sans doute avec une énergie et une perspective nouvelles.
