Il y a des athlètes qui marquent leur sport par leurs victoires. D’autres, par leur personnalité. David Poisson, lui, a laissé une empreinte indélébile par sa manière unique d’aborder la montagne : avec un courage et une passion qui forçaient l’admiration. Le nouveau documentaire de L’Équipe, « Il était une flamme », revient sur le parcours de ce skieur hors-norme, tragiquement disparu en 2017.
Surnommé affectueusement « Kaïo », David Poisson n’était pas un skieur comme les autres. Pour lui, la beauté du ski de vitesse ne résidait pas dans la perfection du geste, mais dans le défi brut lancé à la pente. Une philosophie résumée par ceux qui l’ont côtoyé : « Plus c’était dur, meilleur il était ».
Un talent forgé dans l’adversité
Originaire de Peisey-Nancroix, en Savoie, David Poisson a grandi au cœur des montagnes qui deviendront son terrain de jeu et d’expression. Membre du club de ski local, il intègre le circuit de la Coupe du monde le 14 février 2004, prêt à se mesurer aux pistes les plus mythiques du monde [3].
Ce qui le distinguait, c’était son appétit pour les conditions extrêmes. Là où beaucoup de skieurs redoutaient les pistes glacées, les bosses et les mouvements de terrain, lui y voyait une occasion de briller. Son style, tout en engagement, était un spectacle à lui seul. Il ne cherchait pas la glisse parfaite, mais la ligne la plus directe, la plus audacieuse.
Cette prise de risque constante lui a valu une carrière marquée par des hauts et des bas, avec son lot de chutes et de blessures. Mais c’était le prix à payer pour un homme qui vivait sa passion sans compromis.
La consécration de Schladming en 2013
Le sommet de sa carrière intervient le 9 février 2013, lors des Championnats du monde à Schladming, en Autriche. Sur la « Planai », une piste réputée pour sa difficulté, David Poisson réalise la course de sa vie. Dans des conditions exigeantes, il décroche une magnifique médaille de bronze en descente.
Ce jour-là, il met fin à 17 ans d’attente pour le ski de vitesse français masculin, devenant le premier médaillé en descente depuis le légendaire Luc Alphand en 1996. Un exploit retentissant qui le place sur le podium aux côtés de géants de la discipline, le Norvégien Aksel Lund Svindal et l’Italien Dominik Paris.
Cette médaille est bien plus qu’une simple performance sportive. Elle est la récompense de son abnégation et de son approche unique du ski.
Un palmarès solide et une détermination sans faille
Au-delà de cet exploit mondial, la carrière de David Poisson est jalonnée de performances remarquables. Il a fièrement représenté la France lors de deux éditions des Jeux Olympiques :
- Vancouver 2010 : il termine à une excellente 7ème place en descente.
- Sotchi 2014 : il se classe 16ème en descente et 17ème en super-G.
En Coupe du monde, il montera sur son unique podium en décembre 2015, en prenant la 3ème place de la descente de Santa Caterina, en Italie. Une nouvelle preuve de sa capacité à exceller sur les tracés les plus techniques.
Le drame de Nakiska, un choc pour le monde du ski
Le 13 novembre 2017, la nouvelle tombe comme un couperet. Lors d’un entraînement de pré-saison dans la station canadienne de Nakiska, David Poisson est victime d’une chute mortelle. À 35 ans, il perd un ski à pleine vitesse, traverse les filets de sécurité et heurte un arbre [1].
La disparition de ce père de famille laisse un vide immense au sein de l’équipe de France de ski et de toute la communauté des sports d’hiver. Les hommages affluent du monde entier, saluant un athlète apprécié pour sa gentillesse, sa simplicité et sa joie de vivre.
« Il était une flamme » : un héritage qui perdure
Le documentaire de L’Équipe, « Il était une flamme », diffusé ce 3 février 2026, rend un hommage poignant à l’homme et au skieur. À travers les témoignages de ses proches, de ses anciens coéquipiers et entraîneurs, le film retrace le parcours d’un passionné qui a vécu pour la montagne.
Il nous rappelle pourquoi David Poisson était un athlète si spécial. Pas seulement pour sa médaille ou ses résultats, mais pour l’intensité qu’il mettait dans chaque virage, pour son courage face aux pentes les plus vertigineuses.
En conclusion, David Poisson laisse l’image d’un guerrier des neiges, un homme qui a prouvé que la valeur d’un champion se mesure aussi à sa capacité à affronter ses peurs et à rester fidèle à soi-même. Sa flamme, elle, continue de briller dans le cœur de tous les amoureux de la montagne.
