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Adam Sahar et le 9A Contesté : Le Bloc « Return of the Sleepwalker » Fait Débat

Adam Sahar et le 9A Contesté : Le Bloc “Return of the Sleepwalker” Fait Débat

Un simple point d’interrogation. C’est tout ce qu’il a fallu pour secouer le monde de l’escalade de haut niveau. En ajoutant un “?” à côté de la cotation 9A de “Return of the Sleepwalker”, le jeune grimpeur américain Adam Sahar ne s’est pas contenté de partager son exploit ; il a relancé une conversation passionnante sur la nature même de la difficulté en escalade.

L’Ascension d’un Prodige

À seulement 20 ans, Adam Sahar n’est pas un inconnu dans le milieu de l’escalade. Mais c’est en décembre dernier qu’il a marqué les esprits en venant à bout de l’un des blocs les plus difficiles et emblématiques de la planète : “Return of the Sleepwalker”, situé dans le désert de Red Rocks, aux États-Unis.

Cette réussite est l’aboutissement d’un long processus. Un véritable projet personnel qui a occupé l’esprit du jeune homme pendant quatre ans. Il était d’ailleurs présent pour assister à la toute première ascension de ce monstre de grès par la légende américaine Daniel Woods en 2021. Un an avant son propre succès, Adam Sahar avait déjà franchi une étape cruciale en réalisant “Sleepwalker”, la première partie du bloc, déjà cotée 8C. Une performance qui laissait présager son potentiel pour s’attaquer à la version complète.

Le Point d’Interrogation qui Change Tout

Après un tel investissement, la joie de l’ascension est immense. Pourtant, au lieu de simplement confirmer la cotation établie, Adam Sahar a choisi une approche différente. Dans la vidéo de son ascension, publiée sur YouTube, un détail a immédiatement attiré l’œil des passionnés. À côté du nom du bloc, la cotation affichée n’est pas “9A”, mais “9A ?”.

Ce geste, discret en apparence, est lourd de sens. Sans faire de déclaration officielle fracassante, le grimpeur a choisi de rendre public son questionnement. Il invite ainsi la communauté à réfléchir. Cette ligne, que tous les répétiteurs précédents avaient unanimement validée à 9A, est-elle vraiment aussi difficile qu’on le pense ? Comme le rapporte le média spécialisé PlanetGrimpe, cette interrogation subtile a suffi à rouvrir le débat.

Qu’est-ce qu’une Cotation en Escalade ?

Pour comprendre l’impact de ce point d’interrogation, il faut saisir ce que représente une cotation.
Un indicateur de difficulté : La cotation est une note (par exemple, 8C, 9A) qui vise à évaluer la difficulté physique et technique d’une voie ou d’un bloc.
Un consensus : Elle n’est pas une science exacte. La personne qui réalise la première ascension propose une cotation. Ensuite, les grimpeurs qui répètent la ligne donnent leur avis. C’est la convergence de ces avis qui établit un consensus.
Une grande subjectivité : La difficulté ressentie peut varier énormément d’un grimpeur à l’autre en fonction de sa taille, de sa force, de son style de grimpe ou même des conditions météo le jour de l’ascension.

Dans le cas de “Return of the Sleepwalker”, un consensus solide semblait s’être formé autour du 9A, le plus haut niveau de difficulté actuellement atteint en bloc.

Un Club Très Fermé de Répétiteurs

Avant Adam Sahar, sept autres grimpeurs d’élite avaient réussi à dompter ce bloc. La liste est un véritable panthéon de l’escalade moderne :
1. Daniel Woods (première ascension)
2. Will Bosi
3. Noah Wheeler
4. Simon Lorenzi
5. Ryuichi Murai
6. Zach Galla
7. Nathan Williams

Chacun d’entre eux a confirmé la cotation de 9A, renforçant le statut mythique de cette ligne. L’histoire de Nathan Williams est particulièrement parlante. Comme le détaille le magazine Desnivel, il lui a fallu plus de 100 sessions de travail, réparties sur quatre ans, pour enfin réussir l’enchaînement. Un investissement colossal qui témoigne de l’extrême difficulté du challenge.

Le fait qu’Adam Sahar, le huitième grimpeur à réussir, soit le premier à émettre un doute public, rend sa prise de position d’autant plus intéressante.

Pourquoi Remettre en Question une Cotation ?

Loin d’être un acte de défiance, le questionnement d’Adam Sahar est le reflet d’une culture de l’honnêteté et de la transparence au sein de l’escalade. Plusieurs raisons peuvent expliquer sa démarche :

  • L’évolution des méthodes : Parfois, un grimpeur découvre une nouvelle manière de réaliser un mouvement (une “méthode”) qui rend le passage plus facile que prévu.
  • Une morphologie adaptée : Il est possible que les mouvements de “Return of the Sleepwalker” correspondent parfaitement au style et à la morphologie d’Adam Sahar, lui donnant une sensation de difficulté moindre.
  • L’humilité intellectuelle : En ajoutant un point d’interrogation, il ne déclasse pas le bloc. Il exprime simplement un doute personnel et ouvre la porte à une discussion plus large, une démarche souvent saluée dans le milieu.

Ce débat n’est pas nouveau et il est sain pour le sport. Il montre que l’escalade, même à son plus haut niveau, n’est pas figée. Les certitudes d’aujourd’hui peuvent être les questions de demain, et c’est ce qui permet au sport de progresser.

Pour l’instant, comme le souligne la vidéo publiée par Desnivel, Adam Sahar n’a pas donné d’explication détaillée. Il laisse la communauté débattre, analyser et, peut-être, regarder ce bloc iconique sous un nouvel angle. Le monde de la grimpe attend avec impatience la suite de cette fascinante conversation.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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