Suspense et déception à Crans-Montana : la descente dames annulée après une série de chutes
La montagne a dicté sa loi ce vendredi sur la piste du Mont Lachaux. Ce qui devait être une grande fête du ski alpin s’est transformé en un scénario à suspense, avant de se conclure par une annulation pure et simple. La descente dames de Crans-Montana, étape très attendue de la Coupe du monde, a été stoppée net après seulement six départs, en raison de conditions jugées trop dangereuses par les organisateurs.
Entre des chutes spectaculaires et une météo capricieuse, la sécurité des athlètes n’était plus garantie. Une décision radicale qui a laissé un goût amer aux skieuses et aux spectateurs, mais qui rappelle que les sports outdoor en montagne restent soumis aux caprices de la nature.
Un début de course chaotique
Le coup d’envoi de l’épreuve a rapidement tourné au cauchemar. Sur les six premières concurrentes à s’élancer du portillon de départ, trois ont lourdement chuté, semant l’inquiétude dans l’aire d’arrivée et parmi les équipes. La piste, réputée exigeante, semblait poser des problèmes insolubles à plusieurs endroits clés.
Des figures du circuit touchées
Parmi les victimes de ce début de course mouvementé, on retrouve des noms bien connus du circuit. La légende américaine Lindsey Vonn a été l’une des premières à être piégée, terminant sa course dans les filets de sécurité. Les images ont montré la championne visiblement touchée au genou, ravivant de mauvais souvenirs et suscitant une vive inquiétude quant à la suite de sa saison.
Peu de temps après, c’est la Norvégienne Marte Monsen qui a provoqué des frissons dans le public avec une chute très lourde juste avant la ligne d’arrivée. Ces incidents, survenant si tôt dans la compétition, ont immédiatement mis en lumière la dangerosité des conditions du jour.
La météo et la piste en accusation
Deux facteurs principaux expliquent cette décision d’annulation : l’état de la piste et la dégradation rapide des conditions météorologiques. Une combinaison redoutable en ski alpin de haute performance.
Une piste jugée trop dangereuse
Selon plusieurs observateurs et équipes, la préparation de la piste était en cause. Des sections, notamment le saut final, semblaient particulièrement difficiles à négocier, projetant les skieuses avec une vitesse et une hauteur excessives. La zone d’arrivée, où Marte Monsen a chuté, a été particulièrement pointée du doigt. Malgré les efforts des organisateurs, la sécurité des athlètes ne pouvait plus être assurée.
Seules trois skieuses ont réussi à franchir la ligne d’arrivée sans encombre. Au moment de l’interruption, l’Américaine Jacqueline Wiles menait la danse, devant la Française Romane Miradoli, qui avait réalisé une performance solide en se classant troisième provisoire à 65 centièmes.
Des conditions météo qui se dégradent
Comme souvent en montagne, la météo a joué un rôle crucial. Alors que les premières skieuses s’élançaient, le ciel s’est rapidement couvert. D’abondantes chutes de neige se sont abattues sur la station valaisanne, réduisant considérablement la visibilité. Ce « jour blanc » est l’ennemi juré des descendeurs, qui peinent à lire le relief et à anticiper les mouvements de terrain, augmentant de façon exponentielle le risque de chute.
Une décision radicale et des athlètes perplexes
Face à cette hécatombe et aux conditions devenant impraticables, la Fédération Internationale de Ski (FIS) a pris ses responsabilités. Après une longue interruption, la décision est tombée : la course est définitivement annulée. Aucun point ne sera distribué pour la Coupe du monde, et aucun podium ne sera célébré ce vendredi.
Cette annonce a provoqué des réactions mitigées dans le clan des athlètes. Si la sécurité reste la priorité absolue, certaines skieuses ont exprimé leur incompréhension face à une décision jugée trop rapide, regrettant qu’une option de report n’ait pas été envisagée. Comme le rapporte Le Dauphiné Libéré, l’annulation a été actée « après de nombreuses chutes et une météo dégradée », confirmant le scénario d’un événement devenu incontrôlable.
Le programme du week-end réaménagé
Cette annulation a bien sûr des conséquences sur le reste du programme du week-end à Crans-Montana. Les organisateurs ont dû faire preuve de réactivité pour proposer un nouveau calendrier.
- L’entraînement de la descente hommes, également prévu ce vendredi, a été annulé.
- Samedi 31 janvier : La journée sera dense avec l’entraînement de la descente hommes le matin (9h), suivi du Super-G dames à 11h, qui devient l’épreuve phare pour les femmes ce week-end.
- Dimanche 1er février : Place à la vitesse pour les hommes avec la descente programmée à 11h.
La station valaisanne, qui se remet à peine d’un tragique incendie survenu il y a un mois, espère que la suite du week-end se déroulera sous de meilleurs auspices. Les passionnés de sports de montagne et de performance peuvent donc encore s’attendre à du grand spectacle, si la météo décide de coopérer.
