Quand l’ultra-trail rencontre les psychédéliques : l’expérience hors-norme de Dante Liberato
Imaginez courir 800 kilomètres. Une distance qui sépare Paris de Marseille. Maintenant, imaginez le faire en seulement onze jours, à travers les montagnes et les déserts de l’Ouest américain. C’est déjà le défi d’une vie. Mais pour Dante Liberato, un athlète américain de 26 ans, ce n’était pas encore assez. Il a ajouté un paramètre qui défie toutes les conventions : le microdosage de LSD et de psilocybine, la substance active des champignons hallucinogènes.
Cette aventure radicale, à la croisée du sport de haut niveau, de l’introspection et de l’expérimentation, soulève une question fascinante et controversée : des substances psychédéliques peuvent-elles réellement améliorer la performance et repousser les limites mentales en ultra-trail ? Ou mènent-elles inévitablement l’athlète au point de rupture ?
Qui est Dante Liberato, l’athlète qui explore les frontières de la performance ?
Avant de se lancer dans cette épopée, Dante Liberato n’était pas un inconnu dans le monde du sport. Ancien combattant de MMA, il s’est reconverti avec succès dans l’ultra-running et le coaching. Son parcours témoigne d’une discipline de fer et d’une quête incessante pour comprendre et dépasser les capacités humaines.
Mais Liberato n’est pas un athlète comme les autres. Il s’intéresse de près aux méthodes non conventionnelles pour optimiser le corps et l’esprit. C’est cette curiosité qui l’a poussé à concevoir ce projet fou : relier son domicile de Colorado Springs à Moab, dans l’Utah, en testant sur lui-même l’impact du microdosage sur son endurance et sa résistance à la fatigue.
Le défi : 800 km sous l’influence du LSD et de la psilocybine
Qu’est-ce que le microdosage ?
Il est essentiel de comprendre que Liberato ne cherchait pas à halluciner en pleine course. Le microdosage consiste à consommer une dose très faible d’une substance psychédélique (environ un dixième de la dose récréative). L’objectif n’est pas de provoquer des effets psychotropes intenses, mais plutôt d’induire des changements subtils sur l’humeur, la concentration, la créativité ou, dans son cas, la perception de l’effort et de la douleur.
Un test d’endurance extrême
À l’automne 2025, il s’est donc élancé pour un périple de onze jours. Tout au long du parcours, il a ingéré de faibles doses de LSD et de psilocybine. Son aventure a été intégralement filmée par une équipe de tournage en vue d’un documentaire, intitulé sobrement « Dante ». Les premières images, partagées sur Instagram, montrent un homme seul face à l’immensité de la nature et à ses propres démons.
Le point de rupture : quand le corps et l’esprit disent stop
L’expérience a atteint un point critique près d’Olathe, dans le Colorado. Après avoir déjà parcouru environ 390 kilomètres, le corps et l’esprit de Dante Liberato ont commencé à flancher. Était-ce l’épuisement extrême d’une telle distance ou l’effet des substances qui prenait le dessus ? Probablement un mélange des deux.
Il a décrit ce moment avec une honnêteté brutale, une scène qui illustre parfaitement la fragilité derrière l’exploit. Contraint de s’arrêter sur le bas-côté d’une route déserte, il a confié plus tard : « À ce moment-là, je me sentais absolument misérable ». La prise de conscience de la distance immense qu’il lui restait à parcourir a agi comme un coup de massue.
Cet épisode est central. Il montre que si les psychédéliques peuvent potentiellement altérer la perception, ils n’effacent pas la réalité implacable de la fatigue et de la douleur physique. Ils pourraient même, dans un état de vulnérabilité extrême, amplifier le désarroi mental.
Psychédéliques et sport : une tendance à haut risque
L’initiative de Dante Liberato s’inscrit dans un intérêt croissant, mais encore tabou, pour l’usage des psychédéliques dans le sport de haut niveau. Certains athlètes, souvent en dehors des circuits officiels, explorent ces substances pour tenter d’améliorer leur concentration ou leur connexion corps-esprit. Cependant, il est crucial de mettre les choses en perspective.
Avertissement : une expérience à ne surtout pas reproduire
L’aventure de Dante Liberato est une expérience personnelle, isolée et non contrôlée scientifiquement. Comme le souligne l’article original de Outside.fr qui a suivi son périple, c’est une « expérience radicale […] qu’on ne conseille à personne ».
- Absence de cadre scientifique : Les résultats sont purement anecdotiques et ne prouvent en rien l’efficacité ou l’innocuité de ces pratiques.
- Risques pour la santé : La consommation de substances psychotropes, même à faible dose, comporte des risques psychologiques (anxiété, paranoïa) et physiques, notamment cardiovasculaires, qui sont décuplés par un effort aussi intense que l’ultra-trail.
- Illégalité : Il est important de rappeler que le LSD et la psilocybine sont des substances illégales dans de nombreux pays, dont la France.
Conclusion : repousser les limites, mais à quel prix ?
Dante Liberato est finalement allé au bout de son défi. Son histoire n’est ni une apologie de l’usage de drogues dans le sport, ni une étude scientifique. C’est le récit d’une quête personnelle et extrême pour explorer les frontières de la performance humaine.
Son expérience met en lumière la complexité de la relation entre le mental et le physique dans les sports d’endurance. Elle nous interroge sur ce que nous sommes prêts à faire pour repousser nos limites. Mais elle nous rappelle surtout que la recherche de performance ne doit jamais se faire au détriment de la santé et de la sécurité. Le véritable exploit réside peut-être moins dans la prise de risques insensés que dans la connaissance profonde et respectueuse de son propre corps.
