« Dans l’euphorie, ils se disent, allez, on y va, on se fait un marathon » : le 42,195 km, nouvelle obsession des Français
Cette petite phrase, probablement entendue au détour d’un sentier ou sur une ligne d’arrivée, résume parfaitement une tendance de fond. Le marathon, cette distance mythique de 42,195 km, n’est plus seulement l’apanage des coureurs sur asphalte. Une nouvelle vague de sportifs, animée par un désir d’aventure et de performance outdoor, se l’approprie pour la transposer au cœur des montagnes.
Loin des boulevards urbains, c’est sur les sentiers escarpés, les crêtes enneigées et les vallées alpines que le défi se réinvente. Cet engouement pour le marathon en montagne n’est pas un hasard. Il répond à un besoin profond de reconnexion à la nature et de dépassement de soi, dans un cadre aussi exigeant que grandiose.
Du bitume aux sommets : la nouvelle ère du marathon
Le marathon a longtemps été synonyme de grandes villes : Paris, New York, Berlin. Des parcours plats, rapides, où chaque seconde compte. Mais aujourd’hui, une part croissante de coureurs tourne le dos au chronomètre pour chercher une autre forme de satisfaction.
L’appel de la nature et du défi
Le trail running a ouvert la voie. Cette pratique de la course à pied en milieu naturel a explosé, notamment après la crise sanitaire qui a renforcé notre besoin d’évasion et de grands espaces. Le coureur des montagnes ne cherche pas seulement à courir ; il cherche à vivre une expérience complète.
Il affronte des éléments bien plus variés que le simple bitume :
– Le dénivelé positif, qui met les cuisses et le cœur à rude épreuve.
– La technicité des sentiers, jonchés de racines et de pierres.
– Les conditions météorologiques changeantes, qui exigent une grande capacité d’adaptation.
C’est dans cette confrontation avec la nature que la performance prend une autre dimension. Il ne s’agit plus de battre un record, mais de finir, de vaincre la montagne et, surtout, de se vaincre soi-même.
La montagne : un terrain de jeu sans limites
Les massifs français sont devenus le théâtre de cette nouvelle passion. Les stations, autrefois réservées aux sports d’hiver, se transforment en stades à ciel ouvert pour les coureurs. Cette tendance est confirmée par des acteurs comme France Montagnes, qui souligne l’explosion des événements “tout-terrain” reliant la course à pied longue distance et la montagne.
Des événements emblématiques qui attirent les foules
L’agenda des courses s’est considérablement enrichi, proposant des formats toujours plus audacieux. Le marathon en montagne, ou “maratrail”, devient un incontournable.
Un exemple frappant est “Les Lumières de la Muzelle” aux 2 Alpes. Prévu pour le 17 janvier 2026, cet événement propose un maratrail de 42 km sur neige, de nuit. Une véritable aventure qui combine l’endurance du marathon à la magie d’une course sous les étoiles, en plein cœur de l’Oisans.
Dans le même esprit, le “Trail Étoilé d’Orcières” (10 janvier 2026) offre une immersion nocturne dans le massif des Écrins. Ces événements ne sont pas de simples courses ; ce sont des expériences collectives, où l’euphorie du défi partagé prend le pas sur la compétition pure.
Se lancer dans l’aventure : conseils pour les futurs marathoniens des cimes
L’idée de courir 42,195 km en montagne vous séduit ? Attention, ce défi sportif exige une préparation rigoureuse et spécifique. Oubliez tout ce que vous savez sur le marathon sur route.
1. Une préparation adaptée est cruciale
L’entraînement pour un maratrail est différent. Il doit inclure :
– Du dénivelé : Travaillez les montées pour la puissance et les descentes pour la technique et la casse musculaire.
– Du renforcement musculaire : Des jambes solides et une sangle abdominale gainée sont indispensables pour la stabilité.
– Des sorties longues en nature : Habituez votre corps à évoluer sur des terrains variés et pendant de longues heures.
2. L’équipement, votre meilleur allié
En montagne, l’équipement n’est pas une option. Il est votre sécurité.
– Chaussures de trail : Elles doivent offrir une excellente accroche et un bon maintien.
– Sac d’hydratation : Emportez de l’eau et de la nutrition en quantité suffisante.
– Lampe frontale : Indispensable pour les courses nocturnes ou les départs à l’aube.
– Vêtements techniques : Prévoyez plusieurs couches pour vous adapter à la météo.
3. L’humilité face à la montagne
Le plus grand conseil est peut-être celui-ci : restez humble. La montagne est imprévisible. Apprenez à gérer votre effort, à vous alimenter correctement et, surtout, à écouter votre corps. L’objectif principal est de franchir la ligne d’arrivée en bonne santé et avec le sourire.
En conclusion, cette “obsession” pour le marathon en montagne est bien plus qu’une simple mode. Elle témoigne d’une quête de sens, d’authenticité et d’expériences fortes. En déplaçant le curseur de la performance chronométrique vers l’aventure personnelle et collective, le trail de 42,195 km a trouvé dans les paysages français un écrin à sa mesure, promettant des émotions pures à tous ceux qui osent s’y frotter.
