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152 km dans l’enfer vert : le défi fou de Nico Mathieux et Clem Qui Court en Guyane

152 km dans l’enfer vert : le défi fou de Nico Mathieux et Clem Qui Court en Guyane

Imaginez. Vous êtes au cœur de la jungle amazonienne, sur une piste abandonnée depuis plus de 60 ans. Il n’y a pas de sentier balisé, pas de ravitaillement, et aucun secours possible. C’est dans ce décor hostile que l’explorateur Nico Mathieux et le traileur Clem Qui Court se sont lancés dans une aventure hors du commun : parcourir 152 kilomètres avec 6000 mètres de dénivelé positif. Un défi qui repousse les limites de la performance et de l’endurance humaine.

La Piste de Belizon : un mythe au cœur de la Guyane

La piste de Belizon n’est pas une simple trace. C’est une cicatrice laissée par les chercheurs d’or dans les années 1960, une ligne de 160 km reliant le littoral guyanais au village de Saül, la commune la plus isolée de France, accessible uniquement par les airs. Aujourd’hui, la nature y a repris ses droits. La végétation dense, la boue omniprésente et les dangers de la faune sauvage en font un terrain de jeu redoutable.

Le seul temps de référence connu sur ce parcours est celui de Christophe Le Saux. En 2016, ce coureur aguerri, surnommé “Le Jaguar” pour sa connaissance du terrain, avait bouclé la traversée en 49 heures et 32 minutes. Un chrono qui témoigne de l’extrême difficulté de l’épreuve et qui a servi de repère, aussi intimidant soit-il, pour notre duo.

Un duo improbable pour une aventure extrême

L’originalité de ce projet réside dans l’association de deux profils radicalement différents.

Nico Mathieux, l’explorateur novice en course

D’un côté, Nico Mathieux. Spécialiste des longues expéditions en solitaire dans la jungle amazonienne, il connaît l’environnement comme sa poche. Il sait lire la forêt, anticiper ses dangers et y survivre. Mais il y a un détail de taille : Nico a commencé la course à pied seulement deux mois avant de se lancer dans ce défi monumental. Son corps n’était absolument pas préparé à un effort d’ultra-trail.

Clem Qui Court, le traileur expert en terre inconnue

De l’autre, Clem Qui Court. Phénomène de l’ultra-trail, il a l’habitude des longues distances et des dénivelés importants. La gestion de l’effort, la nutrition, la résistance à la douleur, c’est son domaine. En revanche, il n’avait jamais mis les pieds dans la jungle. Pour lui, chaque bruit, chaque plante, chaque rencontre avec la faune était une découverte et une source potentielle de stress.

C’est cette opposition qui a fait la force du binôme : l’expert de la jungle guidant le coureur, et le coureur gérant le rythme et l’endurance de l’explorateur.

Face à l’enfer vert : entre dangers et résilience

Leur progression sur la piste de Belizon a été un combat de tous les instants. Sans trace GPX fiable, ils ont dû naviguer à l’instinct, se frayant un chemin à travers une végétation parfois si dense qu’elle formait de véritables murs. Ils ont dû faire face à de multiples épreuves :
* Des attaques de guêpes
* Des morsures de tiques
* Des alertes constantes dues à la présence de serpents
* Des pieds macérés par l’humidité et la boue

Mais l’incident le plus marquant de leur aventure reste sans conteste la blessure de Nico. En traversant une rivière, il se déboîte un orteil. La douleur est intense, et dans un lieu aussi isolé, une telle blessure aurait pu signifier la fin de l’expédition. Pourtant, avec un sang-froid incroyable, Nico a remis lui-même son orteil en place, comme le rapporte U-Trail dans son article. Il a ensuite continué à avancer, serrant les dents, soutenu par son coéquipier.

“C’est un peu Esprit Trail ce qu’on fait”

Au cœur de l’effort et de la souffrance, Clem a eu cette phrase, devenue culte : « C’est un peu Esprit Trail ce qu’on fait. ». Cette réflexion résume parfaitement leur aventure. Loin des courses organisées, des dossards et des points de ravitaillement, ils ont vécu l’essence même du trail : l’exploration, le dépassement de soi et la connexion brute avec la nature.

Épuisés, meurtris, mais incroyablement fiers, ils sont finalement arrivés au village de Saül, debout. Cette expérience a forgé entre eux un respect mutuel et une amitié indéfectible, prouvant que l’union des compétences peut venir à bout des défis les plus extrêmes.

L’aventure bientôt sur grand écran

Pour ceux qui souhaitent revivre cette incroyable épopée, une bonne nouvelle vous attend. L’aventure de Nico et Clem a été documentée et fera l’objet d’un film de 60 minutes. Comme l’a confirmé Esprit Trail, la sortie de ce documentaire en français est prévue pour 2025. Une occasion unique de plonger au cœur de la jungle guyanaise et de mesurer toute l’intensité de leur défi. Vous pouvez également avoir un aperçu de leur périple sur la chaîne YouTube de Nico Mathieux.

En conclusion, l’expédition de Nico Mathieux et Clem Qui Court sur la piste de Belizon est bien plus qu’une simple performance sportive. C’est une ode à la résilience, à l’entraide et à l’esprit d’aventure. Elle nous rappelle que les plus grands défis sont souvent ceux que l’on s’impose à soi-même, loin des sentiers battus.

Camille
Camillehttps://www.vo2-digital.com/
Auteur et passionné de verticalité, Camille vit la montagne autant qu'il la raconte. Pratiquant de trail running, ilmet ses chaussures de course et ses crampons à l'épreuve du terrain pour en tirer des récits authentiques. Sa mission : partager l'adrénaline des cimes et la culture outdoor avec précision et passion.
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